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Covenant : "Skyshaper" Science et conscience samedi 11 mars 2006, par |
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Sixième album des trois Suédois emmenés par Eskil Simonsson, quatre ans après un Northern light qui leur avait ouvert les portes des radios consensuelles (notamment avec le single Bullet), Skyshaper se présente comme le fruit d’un long travail de composition et de production. Pratiquement seul aux commandes en studio, Simonsson a fait de ce nouvel opus un hybride magnifique entre les racines très industrielles du groupe (voir Front 242) et des nappes plus froides et aériennes (voir Kraftwerk et John Foxx). Le résultat se présente comme une maturation à la fois spectaculaire et déroutante.
L’objet que représente ce Skyshaper est déjà tout à fait appréciable. Se retrouver avec un petit coffret noir, sobre et travaillé, que l’on prend plaisir à ouvrir pour en découvrir toutes les facettes, en s’attardant sur les photos du trio scandinave en studio, voilà un plaisir qui ne m’était plus arrivé depuis longtemps. En véritables artisans de l’électronique, Montelius, Nachmanson et Simonsson nous présentent une sorte de point d’orgue de leur carrière. Résultat ? Une véritable Sibérie musicale. Des landes sonores désolées aux aurores boréales distantes et glaciales, Covenant fait tout pour nous faire bouger et voyager. L’album s’ouvre sur la mécanique brutale de Ritual noise, premier single extrait de cet album, qui a caracolé en tête des charts alternatifs dès son lancement, et s’est écoulé en quelques semaines, au grand dam des collectionneurs retardataires. Des bombes électroniques, froides et guerrières, il y en aura encore d’autres au cours de cet album, notamment avec un Sweet & Salty ficelé comme un hymne de violence et d’instinct primaire. Dans un autre genre, Brave new world et The men abordent un visage plus positif et plus new wave du groupe, et ce malgré la ténébreuse voix résignée d’Eskil Simonsson. Comme de froids ciels d’hiver, ces deux titres se distinguent par l’apport de mélodies simples et répétitives qui semblent désirer se délivrer de l’emprise des machines. Peine perdue. Avachis en travers de la route de singles en puissance comme l’électroclash minimaliste et très hype de Pulse (qui aurait peut-être gagné à se draper d’un duo avec Goldfrapp, par exemple), se dressent de véritables monuments d’expérimentations minimalistes et glauques. Ainsi, la naïveté de Happy man pourrait presque mettre mal à l’aise, tant elle relève d’une innocence feinte, incrustée par autant de synthétiseurs maladroits et primitifs, comme une musique indolente de jeu vidéo pour jours pluvieux. Dans une autre veine, mais tout aussi avant-gardiste, Greater than the sun se réfugie dans un autisme répétitif que l’on sait apprécier dans les musiques électroniques et qui parvient à introduire un ingrédient plus dramatique dans une musique de Covenant qui, à l’ordinaire, se caractérisait surtout par sa linéarité et son absence affichée d’humanité.
Avant de terminer par un The world is growing loud qui fait figure d’âge de glace, comme une sorte de lente et inexorable hibernation apocalyptique qui feindrait la sérénité devant l’inévitable, nos trois scientifiques du son n’hésitent pas à faire vrombir les basses synthétiques sur 20 Hz en nous embarquant dans une réflexion quasi-métaphysique sur les lois physiques, comme ils savent si bien le faire ; mais juste après, cela ne les empêche absolument pas d’embarquer sur un Spindrift mystique et tribal, sorte d’arche de Noé de la dernière chance martelée par un beat répétitif et déterminé. Bien avant la sortie de cette galette, on parlait déjà du trône qu’ils venaient d’acquérir et de leur tout récent statut de groupe culte - à raison. Car avec Skyshaper, Covenant vient de réussir là où beaucoup de groupes électroniques échouent. En arborant des thèmes qui leur sont chers (métaphysique, allégorie de lois physiques et chimiques, relations humaines mécaniques), les trois Suédois viennent sans doute de livrer leur meilleur album à ce jour, en récupérant les inspirations plus violentes de leurs premiers opus, tout en gardant à portée de main les volets plus cosmiques et mélodiques de leurs titres ambivalents et interrogateurs. Avec une sorte d’obstination effrénée et paisible, Covenant parvient à faire parler les machines au sujet de l’existence humaine. Une impressionnante toundra musicale pour un printemps qui se fait décidément trop attendre...
La version limitée de l’album comprend l’étrange symphonie minimaliste Subterfugue for 3 absynths, ainsi que le lancinant Relief et un remix réussi de Ritual noise. |
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Il y a 4 contribution(s) au forum. Covenant : "Skyshaper"
(1/3) 14 mars 2009, par Slowdevil Covenant : "Skyshaper"
(2/3) 31 mars 2006 Covenant : "Skyshaper"
(3/3) 13 mars 2006, par ALEVIN |
Covenant : "Skyshaper" 13 mars 2006, par Albin Wagener [retour au début des forums] quand je parle de réflexion quasi-métaphysique sur les lois physiques, je parle des paroles que Covenant ont toujours particulièrement affectionné.
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