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Cosmic Rough Riders : "The stars look different from down here"
Un de perdu... un de perdu

mercredi 13 décembre 2006, par Clarisse de Saint-Ange

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Et voici un troisième album d’un groupe assez méconnu par chez nous, un groupe qui a subi un départ assez marquant. Avant, les Cosmic Rough Riders comptaient en effet un autre membre, le songwriter et chanteur Daniel Wylie, qui s’en est allé pour faire de la musique sous son propre nom. Alors, que se passe-t-il quand un groupe perd son compositeur et son chanteur principal ? Peut-il y survivre ? Quelles peuvent en être les séquelles psychologiques ? Les Cosmic Rough Riders sont nos invités ce soir.

Bonne note au tout premier morceau It is I, qui parvient à faire la jonction entre du David Bowie classique et du Kula Shaker en grande forme. Mais est-ce à la fois suffisant et surtout prometteur ? La réponse ne se fait pas attendre, puisque dès When you come around, on nous sert une pop britannique à guitares tout ce qu’il y a de plus classique, de plus charmant et de plus inintéressant aussi. Qu’est-ce que cela veut dire, concrètement ? Cela veut dire que Starsailor, Coldplay ou Snow Patrol pourraient nous présenter le même genre de morceau qu’on ne serait pas étonné, ni déçu d’ailleurs, puisqu’on sait à quoi s’attendre avec les trois infâmes formations précitées.

En fait, les fans du groupe avaient raison d’avoir peur, puisque hormis quelques beaux vernis convaincants, notamment Emptiness et le folklorique Lost in America, on sent bien que nos Riders ont fort à faire avant de pouvoir se remettre du départ de Daniel Wylie. Ceci dit, on apprécie grandement leurs efforts, puisque cet album est bien plus enjoué et optimiste que ceux des trois formations citées plus haut. On a donc un petit quelque chose qui rappelle les regrettés meilleurs moments de R.E.M., ce petit quelque chose de désuet, d’intimiste et de séduisant qu’on aimerait parfois retrouver un peu, mais pas trop non plus. Mais mis à part ça, The stars look different from down here semble s’embourber au fil des morceaux et des écoutes, et a bien du mal à soutenir l’apport de morceaux aussi disgracieux que ce pataud In time ou encore cet embarrassant People are people aux paroles dont la candeur provoque plus de gêne que d’admiration béate.

On hérite donc d’un album hésitant et un peu trop facile, qui peine à retrouver les standards hissés par leur premier opus Enjoy the melodic sunshine. Evidemment, on est en droit d’arguer que ce n’est pas facile pour un groupe de devoir faire face au départ de son personnage principal, si j’ose dire. Mais dans ce cas, autant changer de nom et redéfinir clairement ses orientations musicales, plutôt que d’agiter fièrement le fantôme d’une gloire passée et de tenter de la singer avec une frénésie à la fois naïve, touchante et malheureusement totalement inefficace. Just a satellite, Love won’t free me ou This is your release : tous ces morceaux sentent bon le réchauffé et le déjà entendu. Malheureusement, les Cosmic Rough Riders tombent donc dans l’écueil déjà bien rempli des groupes copieurs, pas originaux pour deux sous et qui essaient à grand peine de suivre un train déjà en marche depuis un bon nombre d’années.



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Clarisse de Saint-Ange