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Citadel : "Pluies acides"
Pas une douche froide...

mardi 13 mars 2007, par Geoffroy Bodart

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S’il y a bien quelque chose d’assez triste, c’est de constater qu’un groupe a un énorme potentiel, mais ne parvient pas, parfois pour une question de détails, à convaincre réellement. Citadel fait partie de ceux-là, ces groupes dont on ne réécoutera pas souvent l’album, mais que l’on suivra néanmoins de loin en loin, car on sent qu’ils ont les capacités de pondre un grand disque.

Qu’est-ce qui nous fait dire qu’ils ont du potentiel ? Tout d’abord, le fait que pour un power trio, se lancer dans le progressif n’est pas chose aisée. Citadel l’a pourtant fait et parvient à allier l’énergie, la spontanéité et la vivacité d’un groupe post-punk avec l’emphase et les constructions décalées du progressif. Loin d’en faire des eunuques, ce grand écart presque contre nature leur permet de proposer une musique parfois jubilatoire. Il faut dire que la section rythmique est de tout premier ordre et que le bassiste est émerveillant, alternant sans vergogne ambiances lourdes et funky. A raison, le mixage lui offre une place de choix et l’on n’aura de cesse de tressauter à son rythme (DNA). Même durant les soli, la guitare reste curieusement en retrait (Ether). C’est rare mais très appréciable en l’espèce. La virtuosité et la vitesse sont aussi au rendez-vous (Les errants, ouvrant le disque, met directement les choses au point), mais on ne tombe jamais dans les prouesses démonstratives. Bref, le mélange est ambitieux, et parfois assez réussi, comme sur DNA, épique. Il l’est parfois moins, avec Watching you, par exemple, qui s’avère être une assez classique ballade qui accélère brusquement dans sa deuxième partie. On notera pour terminer un artwork superbe, et des textes en français très bien écrits (à l’inverse des textes en anglais, désespérément creux), transcrivant un onirisme que l’on ne retrouve pas forcément dans la musique.

Et donc, quels sont ces détails qui font qu’on n’a pu accrocher ? Tout d’abord, la ressemblance parfois frappante avec Muse. Citadel est loin d’être le seul groupe à en subir l’influence, on ne va pas les en blâmer plus que nécessaire, mais ils ont ce qu’il faut pour passer au-dessus. Un titre comme Ancient smiles, aussi réussi qu’il soit dans sa rythmique et dans son refrain, sonne terriblement impersonnel. Le chant, ensuite, n’est pas souvent à la hauteur. Le chanteur en fait parfois des tonnes, force sa voix, mais celle-ci se montre finalement assez quelconque. Ses imitations de Matthew Bellamy (Doorway) ne convainquent pareillement pas. Espérons que les deux verres de whisky qu’il réclame chaque fois avant de monter sur scène contribueront à lui forger un timbre plus accentué et personnel. La chanteuse qui se joint à eux sur deux titres manque quant à elle son objectif d’alléger la sauce. Il faut dire à sa décharge qu’elle a été appelée pour agrémenter deux des titres les plus répétitifs du disque (Drop-dead gorgeous et Watching you) et que les textes qu’elle a à défendre ne doivent pas l’aider à insuffler beaucoup d’émotion dans sa partition. Enfin, les compositions en elles-mêmes font souffler le chaud (DNA, Ether) et le froid (le punk quelconque de Invaders). La physique veut donc que l’impression globale qui se dégage soit celle d’un album tiède...

On n’a qu’une envie, après avoir écouté le disque. Malheureusement pas celle de l’écouter à nouveau, mais plutôt celle d’encourager le groupe. Ils sont sur la bonne voie, on les sent capables de provoquer un grand souffle épique, combiné à un torrent d’énergie. Il faudra juste qu’ils soient capables de se remettre en question, de mettre leur égo de côté pour prendre certaines décisions, et de se mouiller un peu la chemise au niveau des textes s’ils veulent parvenir à maintenir sur la longueur ce lyrisme qui leur pend au nez.



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Geoffroy Bodart





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Une belle evoution ! geoffroy avait vu juste !
(1/2) 20 mars 2007, par black mesa
Citadel : "Pluies acides"
(2/2) 13 mars 2007, par fan de Geoffroy




Une belle evoution ! geoffroy avait vu juste !

20 mars 2007, par black mesa [retour au début des forums]
www.myspace.com/sitecitadel

Pluies acides est plutot inégal et le chanteur cherche sa voix (ceci dit il a l’air de faire tellement de trucs dans ce groupe guitare,son,chant,piano, et vu que c’st autoproduit je subodore qu’il a aussi réalisé la pochette (très jolie
soit dit en passant...) effectivement basse batterie ca deboite !!! mais la guitare a une grosse place aussi et je trouve qu’on entend bien les soli de gratte qui sont sympas et plutot construits.
cependant il semblerait que le groupe ai trouvé sa voix depuis !----->www.myspace.com/sitecitadel
Les demos en ecoute du prochain album sont très prometteurs ! les textes sont en anglais mais ils ont l’air plus sympas déja. et la voix nettement plus assurée, personnelle et assumée... attendons de voir les autres morceaux !

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Citadel : "Pluies acides"

13 mars 2007, par fan de Geoffroy [retour au début des forums]

Entièrement d’accord avec vous Geoffroy. Ce groupe dont je n’ai pas même pas écouté le disque me fait penser au plus au point à une copie de Muse, le groupe pour jeunes adolescentes qui passe tout le temps à la radio. D’ailleurs j’ai tous leurs albums, je les écoute en boucle et comptez-sur moi pour cracher en permanence sur eux. Et Muse me fait penser à Placebo. Pourtant Citadel ne me fait pas penser à Placebo, je suis un peu dérouté.

J’aimerai que vous m’expliquiez pourquoi je n’arrive pas à faire de ponts entre les deux groupes. Ah attendez, j’ai une ébauche dans ma tête du lien qu’il pourrait y avoir. Placebo me fait penser au Cure qui eux me rappellement Depeche Mode, donc je vous demande est-ce que le lien entre Citadel et Depeche Mode serait viable ? Cette préocupation centrale me taraude l’esprit désormais.

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