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Camouflage : "Relocated"
La porte des étoiles

lundi 2 octobre 2006, par Albin Wagener

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Ca y est. Enfin. Le voilà, ce fameux septième album de Camouflage. Il aura fallu attendre trois ans depuis le sombre Sensor pour pouvoir découvrir les nouvelles évolutions d’un trio qui n’en finit plus de se réinventer, album après album, pour la plus grande joie de ses fans. Une fois de plus, on ne sera pas déçu, car l’album n’est pas une redite de Sensor. Chronique d’un groupe électro qui, une fois n’est pas coutume, ne singe ni ne parodie qui que ce soit.

Evidemment, quand je dis qui que ce soit, je pense d’abord à Depeche Mode. Oui, je sais, encore eux. Encore eux, car dans nos contrées francophones, quand un groupe se met à faire de la musique électronique, on le compare d’abord, encore et toujours aux garçons de Basildon. M’enfin ici, il s’agit d’un groupe allemand. Et la différence est de taille, car si certains lecteurs avaient pu cerner mon verbe dubitatif quant à la pertinence de Playing the angel sur une scène passablement renouvelée, d’aucuns pourront percevoir dans mes mots l’originalité réelle de Camouflage.

Tout n’est pas une question d’âge, mais il force le respect : vingt-trois ans que Marcus Meyn, Heiko Maile et Oliver Kreyssig s’efforcent de sculpter des albums uniques en leur genre, sans jamais vouloir se récupérer ou fouiller dans les fonds de tiroir pour faire vivre une légende déjà éteinte. Et j’en veux pour preuve ce Relocated, à la fois lumineux et cosmique, qui s’inscrit dans une continuité pour le trio, entre Sensor et Bodega Bohemia.

Je pourrais m’étendre sur leur discographie, pointer les moments d’expérimentation qui les distançaient déjà à l’époque nettement de Depeche Mode ou Front 242, sur leurs escapades lounge ou au contraire carrément pop, mais à lui seul peut-être, ce septième opus servira à convaincre les néophytes les plus réticents. Premier morceau, première claque : toutes alarmes électroniques dehors, guitares en bottleneck, beat appuyé et refrain entêtant, les ingrédients sont là pour montrer qu’il ne s’agira pas d’une redite de Sensor, justement, car We are lovers est probablement l’un des meilleurs morceaux jamais écrits cette année (oui, je mesure le poids de mes mots). Et en plus, il reste gravé dans votre mémoire. C’est limite dangereux de laisser un morceau comme ça entre de bien serviles oreilles.

Bien plus stellaire, le premier single Motif sky laisse présager du reste de la tonalité de l’album : onirique, voire carrément cosmique - et ce n’est pas le cosmonaute sur la pochette qui viendra me contrarier dans mon appréciation. Car des morceaux épidermiques et scintillants, il va y en avoir une bonne poignée : le mélancolique Perfect key et ses ambiances expérimentales saccadées et sourdes ; la valse vénéneuse et nostalgique de Bitter taste, qui déverse toute sa langueur et son poison au fur et à mesure des écoutes. Ou encore ce Real thing mystérieux et décalé, enivrant comme un parfum trop prononcé.

Pourtant, toujours dans cet univers bien particulier, il y a également des morceaux bien plus pop : le ténébreux Confusion et sa rythmique blues qui s’inscrit dans une atmosphère de cabaret grotesque, ou le plus classique The pleasure remains, qui s’autorise quelques échauffements dans les canons de l’electro-pop. Mais il y a d’autres perles bien plus originales et bien plus entraînantes encore : l’étonnante introduction en poupe de Passing by laisse présager d’un titre rêveur à l’énergie presque rock (plutôt déroutant pour un morceau dominé par les synthétiseurs), et les guitares nerveuses de Something wrong ouvrent un refrain à la colère contenue mais néanmoins bien présente, tandis que, plus solaire que ses comparses, Dreaming semble livrer pieds et poings liés le testament de cet album si séduisant.

En d’autres termes, s’il ne fallait que deux titres pour vous convaincre de vous procurer ce disque, ce serait We are lovers, mais aussi le grand final de How do you feel ? qui entreprend de clore l’album sur des chœurs frissonnants, et qui donne l’impression à l’auditeur de flotter dans l’espace, comme prisonnier du néant, tel un cosmonaute qui s’éloignerait doucement de sa navette... Une expérience réellement surprenante. Pour tout vous dire, trop rares sont les albums qui procurent autant de sensations, simplement par la musique. Et celui-ci en fait partie, sans aucun doute. Un grand album fait par de très respectables messieurs, qui méritent sans doute autant de considération et d’intérêt que leurs tontons corrompus.



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Albin Wagener





Il y a 13 contribution(s) au forum.

Remerciements
(1/7) 17 octobre 2014, par anais2596
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(2/7) 17 octobre 2014, par amelie4326
Foxspan
(3/7) 24 avril 2014
Camouflage : "Relocated"
(4/7) 19 décembre 2006, par i am lover
Camouflage : "Relocated"
(5/7) 6 octobre 2006
Camouflage : "Relocated"
(6/7) 3 octobre 2006, par curtis
Camouflage : "Relocated"
(7/7) 3 octobre 2006, par lolo




Remerciements

17 octobre 2014, par anais2596 [retour au début des forums]

Juste un petit merci pour cette info ,cela tombe bien pour moi


En d’autres termes, c’est une cellule humaine parce qu’elle possède, comme chacune de ses congénères les 30 000 gènes de l’espèce humaine. Mais, avant d’aller plus loin, qu’entend-on par obésité ? L’obésité est devenue la pathologie de la nutrition la plus fréquente. Des gènes qui régulent et contrôlent le phénomène de division et donc de vie et de mort de la cellule. Site de l ?association : arrêter de fumer. Ces.

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17 octobre 2014, par amelie4326 [retour au début des forums]

Je vous remercie pour cet information, cela tombe à pic pour moi !


Attention cependant aux personnes ayant un côlon irritable. Les femmes japonaises ont beaucoup moins de faire un comparatif mutuelle seniors du sein que les femmes américaines. D’autre part, encore une fois, nous l’avons vu, une cellule est ce que ses gènes lui disent d’être. Même si vous n’y connaissez rien, avouez que ces noms n’ont rien pour vous rassurer. Il nous reste donc 40 % des cancers à expliquer. PS : miction. Pas de famille d’aliments pour ce dernier chapitre qui a pourtant toutes les raisons de prendre cette place dans ce livre. Plusieurs hypothèses ont été proposées mais, de loin, la plus intéressante est celle qui incrimine l’hémoglobine contenue dans le sang de la viande rouge. Le premier groupe recevait du sélénium plus de la vitamine e, le second de la vitamine e seule, le troisième du sélénium seul et le quatrième, un pur placebo.

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Foxspan

24 avril 2014 [retour au début des forums]

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Camouflage : "Relocated"

19 décembre 2006, par i am lover [retour au début des forums]

un hommage aussi élodieux ne peut provenir que d’un mélomane averti et délicieux !
que dire de plus : rien

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Camouflage : "Relocated"

6 octobre 2006 [retour au début des forums]

Il faut être sourd pour ne pas entendre la filiation avec DM et même si démarquage il y a, on ne peut s’empêcher de penser à Dave Gahan and co. Mais bon y a pire comme référence. Pour une réelle originalité au rayon électro, se diriger vers le dernier opus de De/Vision qui se libère de toute citation à DM. Encore des Teutons !

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Camouflage : "Relocated"

3 octobre 2006, par curtis [retour au début des forums]

Merci Albin pour ces articles sortant un peu des sentiers battus du rock.

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Camouflage : "Relocated"

3 octobre 2006, par lolo [retour au début des forums]

Bien résumé, Camouflage est toujours là et sera bien présent dans nos esprits pour longtemps !
Même si lorsqu’on fait écouter leur vieux tube "The Great commandment" tout le monde croit que c’est David Gahan et sa bande...
Pour moi, et là c’est un avis personnel, ce nouvel album est bon mais le précédent était encore mieux dixit "Sensor" 2003.
Vivement dans 3 ans pour un nouvel opus encore et encore..., et merci pour ce "Relocated"...tout a fait original et bien fait....

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    Camouflage : "Relocated"

    19 décembre 2006, par i am lover [retour au début des forums]


    je me permet de te répondre ! car je pense que même si sensor est un exellent album, relocated me rend u n peu triste...............car il est me semble t il impossible de faire mieux ! :-)) camouflage a atteind une maturité que meme DM ou De/vision n’ont pas effleuré. et avec considérablement moins de moyen.

    au fait si on pouvait se contacter les fans de camouflage, ca pourrait etre interessant de faire des echanges .....

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