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Bosques De Mi Mente : "Inocencia"
Jeux d’enfants

jeudi 25 novembre 2010, par Vincent Ouslati

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Des berceuses, des comptines, du piano, quelques mécanismes fins qui alimentent les rêves des bambins en mal d’amour maternel, et puis... Et puis un peu de nostalgie, un peu de romantisme délicat aux atours sensibles, et puis de petits sursauts, nerveux non, jamais nerveux. C’est veineux plutôt, comme des centaines de petits cours de sang chaud qui vous montent au cerveau et l’irriguent de bienfaisance. Et qui font du bien...

Nacho, compositeur discret de la brûlante Espagne, privilégie toujours pour ses ouvrages l’intime, la simplicité dans un bel écrin, et les épanchements innocents. Pour ce faire, il use de tout ce qui lui passe sous la main, les boucles électroniques, les instruments d’enfants, quelques sons éparpillés et surtout le piano. De ce piano, il extrait de délicates comptines souvent dépourvues de mots, mais incroyablement imagées. Inocencia est une somme d’images mélancoliques, touchantes, qui jaillissent de sa mémoire et se mêlent à nos propres souvenirs. Des souvenirs guillerets, anecdotiques, ou plus sombres, il les fait revivre par de délicats mouvements de clochette et de xylophone miniature.
Ses mélodies sont pour la plupart courtes, n’excédant pas le temps nécessaire au rêveur pour qu’il puisse s’extraire de ses songes.

Inocencia est une symphonie du souvenir, de l’enfance perdue, des joies simples, un coffre aux jouets désuets sur lesquels tombent quelques larmes de tendresse. Plus qu’un simple agrégat de partitions de piano mélancoliques, Bosques De Mi Mente offre une musique de chambrette, de celles qui s’ornaient de peluches et d’un papier-peint naïf sur ses murs, de ces chambrettes de bambins que l’on interdisait aux adultes, de peur qu’ils ne souillent de leurs vies compliquées l’innocence présente.
Le compositeur n’est pas totalement seul dans cette ode au temps qui a passé, son camarade du groupe Nöno, Sergio Trujillo, se chargeant du violon sur de nombreux titres. Mais Nacho se garde une grande part du paquet de bonbons, y insufflant cette superbe remontée dans le temps et dans les culottes courtes.
On pourrait voir en Inocencia la parfaite bande-son accompagnant l’effeuillage d’un vieux recueil de photographies familiale, avec ses évènements joyeux, tristes, ses souvenirs qui pincent le coeur.

Ce disque a plus d’un an, et j’y reviens souvent, bien plus que sur un déjà fort bon LO-FI qui l’avait précédé en 2008. En cause cette tendresse énorme qui s’échappe de ses petites symphonies d’intérieur, chacune renfermant ses petits moments de notre existence, des plus émouvants aux plus tristes, toute une vie en somme.



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Vincent Ouslati