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Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"
"Hey, if you don’t like it, then fuck you !"

mardi 29 juin 2004, par Laurent Bianchi

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Que ceux qui adulent The new style, Hey Ladies, Pass the mic, Sure shot et Three MC’s and one DJ, à savoir cinq titres issus de leurs cinq albums précédents se réjouissent : c’est de la même veine. Tantôt engagé anti-Bush Jr, tantôt humoristique et surtout nostalgique, cet album est une déclaration d’amour à NYC.

Six ans pour ce sixième album ! Il succède à Hello Nasty, qui continuait ce que les deux précédents avaient expérimenté : un méli mélo de musiques diverses témoignant de la très grande ouverture d’esprit de nos trois légionnaires du rap alternatif, y ajoutant même la dub avec pour invité de marque le grand Lee Scratch Perry.

To the 5 Burroughs traduit le fait qu’ils ne sont plus tout jeunes, frisant la quarantaine, et qu’il est de bon aloi -alors- de se tourner sur son passé. Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! Les Beastie Boys ont voulu, à leur manière, rendre un hommage à The Big Apple, leur ville, New York, meurtrie par 9/11, le 11 septembre. Ils ont quitté l’autre rive des Etats-Unis, où ils s’étaient installé et où ils avaient fondé leur maison de disques, Grand Royal, à Los Angeles, la ville des stars. Le label a fait faillite en 2001, et leur ville a souffert. To the 5 Burroughs ce sont les retrouvailles avec leurs racines, un retour aux sources, un come back dans leur bonne vieille ville, à l’instar de leur album Paul’s Boutique et de sa pochette Brooklynesque...

La pochette met en exergue un superbe dessin de Matteo Pericoli qui nous donne à voir New York et ses buildings… avant les attentats que l’on connaît : les twin towers y trônent plus qu’ostensiblement : une façon aussi de dire que l’esprit de NY n’a pas bougé, lui.

Avec des titres comme Right Right Now Now et Time to build, le disque contient leur vision des choses : l’Amérique va mal depuis qu’un certain George W.Bush y a été -mal- élu. "(We have a president we didn’t elect…)".

Des titres comme Rhyme the Rhyme well semblent sortir de leur premier album, celui où ils revendiquaient le droit de faire la fête (The right to party), avec une différence : le son est amputé du rock, il est stricto sensu hip hop.

L’hommage ne s’arrête pas là : l’utilisation de Rapper’s delight des Sugarhill Gang sur Triple trouble ou Run DMC sur 3 the hard way en atteste. C’est clair et net : le hip hop avant et contre tout. C’est peut-être aussi du au fait, ne perdons pas ce point de vue, que le rap est la musique engagée par excellence outre-Atlantique. Et qu’elle fait partie de leur culture et de leur passion. Cachez le naturel, il revient au galop, comme on dit. On raconte, surtout à New York, que depuis le traumatisme du 11 septembre les gens reviennent à l’essentiel. On peut dire qu’Ad Rock, MCA et Mike D sont revenus à l’essentiel, dans tous les sens du terme.

Si l’on gratte cependant, on retrouve un peu du modus operandi qui a qualifié les Beastie Boys des années 90. Hey Fuck You par exemple exploite des sonorités qui semblent tout droit sorties d’Amazonie, et ce titre peut être comparable à la récupération des sonorités tibétaines dans Ill Communication. Le rock, ou plus précisément le punk-rock, semble par contre bel et bien absent sur cette galette, tout comme les bonnes vieilles jam sessions lorgnant vers un acid ou un latin jazz de très bonne augure qui truffaient ici et là leurs morceaux sur les galettes des nineties. Non, c’est clair que l’on est proche de Paul’s Boutique et de son exploration funk hip hop et de Licence to ill sans cependant tomber dans cet humour potache et immature qui les caractérisait alors, mais sans totalement l’oublier non plus, les Beastie gardent le sens de l’humour. Hello Nasty et son Intergalactic sound n’ont pas été oubliés pour autant.

En résumé : on se trouve devant des titres rap imparables, avec une basse grosse comme ça (excellent Shazam !), des samples bien trouvés (Thanx to MixMaster Mike), et, enfin, et surtout, un débit parlé chanté qui fait toujours autant mouche (y inclus quelques tirades irrésistibles en français et italien). Un très bon album. Et comme un des samples utilisés dans An Open letter to NYC : « Hey, if you don’t like it, then fuck you ! »



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Laurent Bianchi





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"
(1/5) 27 mai 2016
Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"
(2/5) 12 janvier 2006, par bacalao
> Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"
(3/5) 17 juin 2005, par PEPLUM
> Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"
(4/5) 31 mai 2005, par lkj
> Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"
(5/5) 29 juin 2004




Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"

27 mai 2016 [retour au début des forums]

Nice album review. They have a fine set of rap songs. I couldn’t agree more of this review. - Bobby Price

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Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"

12 janvier 2006, par bacalao [retour au début des forums]
Beastie Boys - Triple trouble [Bacalao remix]

un ’tit remix rigolo, si ca vous tente...

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> Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"

17 juin 2005, par PEPLUM [retour au début des forums]

Bien dit, jsui dacord respect pour leur carriére, ils changent pa dan leur tête....De toute façon, ils resteron toujours les Beastie Boys !Trés bon article !

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> Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"

31 mai 2005, par lkj [retour au début des forums]

Respect pour les Beastie Boys.

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> Beastie Boys : "To the 5 Boroughs"

29 juin 2004 [retour au début des forums]

Très jolie critique...
J’aurais cru que POP ROCK allait se passer de la critique du dernier album purement HIP HOP des Beastie...
Et bien non... Etonné aussi que la critique soit si positive malgré l’absence totale de punk, rock, funk, etc.
La première écoute de l’album a été très heuuuu commment heuuuuu incertaine.
Mais après quelques tours de "platine" les beats de "3 the hard way", les schraaaaaatchs et samples de MixMaster Mike explosent et plus de doute :
c’est peut-être du old school mais c’est du motha faker bon beastie boys :-)
Un petit manque quand-même, notre ami Money Mark et son clavier magique qui aurait pu glisser quelques sons dont il a le secret.
En attendant mes tympans move au rythme des beastie depuis quelques jours.
Et ça risque pas de s’arrêter.
« Hey, if you don’t like it, then fuck you ! »

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