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L’album du mois
Bauhaus : "Go away white"
Viens prendre ta leçon, jeune goth

dimanche 9 mars 2008, par Jérôme Delvaux

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Groupe culte anglais de la vague post-punk, Bauhaus s’est séparé avec fracas, en 1983, après quatre albums magistraux auxquels on attribue, aujourd’hui encore, la paternité du rock gothique. Après une brève reformation en 1998, le temps d’une tournée mondiale prétexte à la sortie d’un live, puis une seconde en 2006, le très influent quatuor originaire de Northampton nous revient enfin avec un nouvel album studio. Vingt-cinq ans exactement après leur dernière livraison, le majestueux Burning from the inside, l’annonce de cette sortie avait de quoi laisser perplexe...

Et de fait, car la carrière post-Bauhaus des membres du groupe n’a pas toujours été à la hauteur de leur illustre passé. Le chanteur, Peter Murphy, a soufflé le chaud et le froid en solo, alternant des albums franchement dispensables (à l’image du dernier, Unshattered), mais aussi l’un ou l’autre chef-d’œuvre véritable (le ténébreux et envoûtant Dust, paru en 2002, reste l’un des plus beaux albums de cette décennie). Daniel Ash, David J. et Kevin Haskins, respectivement guitariste, bassiste et batteur, ont sorti sous le nom de Love And Rockets une poignée de bons disques dans les années 80 et 90, sans toutefois jamais parvenir à faire oublier le groupe qui les a fait connaître.
Les conflits d’ego aplanis, Bauhaus prend en marche le train du revival new wave et se reforme une première fois en 1998, soit juste quinze ans après son split. Sur scène, le quatuor retrouve l’alchimie de ses débuts et la rumeur de la sortie d’un nouvel album se met à circuler (rumeur renforcée par l’enregistrement de Severence, une reprise de Dead Can Dance, dont la version studio sera livrée en bonus sur le double live Gotham). Il n’en sera toutefois rien, les tensions referont rapidement surface - particulièrement entre Murphy et l’exubérant Ash, les deux fortes personnalités du combo - et il faudra attendre huit longues années avant de les revoir donner des concerts sous la bannière Bauhaus. Et puis vint ce Go away white inattendu. Inespéré. Et redouté, en un sens, car le passé nous a appris qu’un nouvel album d’un groupe culte après une aussi longue absence n’est que rarement une entreprise couronnée de succès (pensez à The weirdness des Stooges, par exemple). C’est donc fébrile qu’on introduit pour la première fois le CD dans son lecteur ; et ce même si des voyous qui l’ont téléchargé illégalement bien avant sa sortie en ont déjà parlé sur leur blog comme de la meilleure reformation de l’histoire du rock.

La première écoute du disque a de quoi laisser sur le cul, passez-moi l’expression. On découvre ces dix titres en se disant que le temps n’a décidément aucune prise sur Bauhaus et qu’ils sont revenus plus forts que jamais. On les maudit d’avoir d’ores et déjà annoncé que Go away white serait leur tout dernier album ensemble (même si, au vu de leur parcours, ça ne veut pas dire grand-chose) et qu’ils ne tourneront pas pour le promouvoir. On savoure la voix grave, puissante et tout simplement belle de Peter Murphy, qui n’a probablement jamais aussi bien chanté - n’en déplaise à ceux qui l’accusent de singer David Bowie. On vibre au son de cette basse absolument énorme et de cette guitare toujours aussi tranchante. On se délecte de ce qui nous apparaît en une seule écoute comme un grand cru de rock extravagant et méchamment burné. Les titres défilent comme un train à grande vitesse : Undone nous rappelle le meilleur de leurs années d’or ; International bulletproof talent nous estomaque avec ses riffs acérés, ses chœurs sombres, son refrain dévastateur et son piano à la John Cale ; Endless summer of the damned nous met littéralement KO avec sa tornade de guitares ; le cotonneux The dog’s a vapour nous achève ensuite pour de bon avec son équilibre entre passages atmosphériques et envolées rageuses - ce disque est tout simplement magique.

Un critique du magazine Filter a écrit que le Bauhaus de 2008 ferait presque passer Interpol pour un quatuor de musique de chambre. Je souscris pleinement à cette analyse : avec Go away white, les pionniers anglais du rock lugubre et torturé donnent tout simplement une leçon de réalisme à leurs jeunes imitateurs. Aaah, si seulement Cure avait pu se séparer après Pornography, nous épargner les minauderies qui ont suivi et nous revenir aujourd’hui avec un album de cette qualité...



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Jérôme Delvaux





Il y a 21 contribution(s) au forum.

Bauhaus : "Go away white"
(1/9) 22 juillet 2008, par Pixel2hot
Bauhaus : "Go away white"
(2/9) 24 mars 2008
Bauhaus : "Go away white"
(3/9) 17 mars 2008, par Bela
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(4/9) 17 mars 2008
Bauhaus : "Go away white"
(5/9) 16 mars 2008, par Yû
Bauhaus : "Go away white"
(6/9) 10 mars 2008, par Mary
Bauhaus : "Go away white"
(7/9) 10 mars 2008
Bauhaus : "Go away white"
(8/9) 9 mars 2008, par Cartman
Bauhaus : "Go away white"
(9/9) 9 mars 2008




Bauhaus : "Go away white"

22 juillet 2008, par Pixel2hot [retour au début des forums]

Cultissime. Rien à ajouter... C’est du velours du début à la fin. Evidemment, il y aura toujours des personnes qui n’aimeront pas et c’est tant mieux....Bauhaus nous a livré son meilleur album après Burning from the inside... Respects. Alea jacta est....

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Bauhaus : "Go away white"

24 mars 2008 [retour au début des forums]

casse pas 3 pattes à un canard ce skeud ! j’irais même plus loin en disant que Go Away White est chiant du début à la fin

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Bauhaus : "Go away white"

17 mars 2008, par Bela [retour au début des forums]

franchement pas de quoi se relever la nuit ! pour un album du grand retour, c’est plutôt faiblard et vraiment en deça de leurs albums classiques des années 80 ! pourquoi être à ce point dithyrambique pour si peu ?

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Bauhaus : "Go away white"

17 mars 2008 [retour au début des forums]

Ouais, c’est ça...Cure n’aurait pas dû sortir Disintegration alors...pffff...Même si j’aime aussi Bauhaus, Robert , lui, est toujours là et bien là comme l’a confirmé la prestation 5 étoiles de vendredi au Sportpaleis...

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Bauhaus : "Go away white"

16 mars 2008, par  [retour au début des forums]

En même temps, l’album ayant été enregistré en 2006 - si je ne m’abuse - on peut comprendre qu’ils n’avaient plus envie de le promouvoir.

Et sinon, la différence entre Bauhaus et Cure est que dans Bauhaus, Murphy a quelqu’un qui lui répond. Smith n’a malheureusement pas eu cette chance.

"Les tensions, il n’y a que cela de vrai pour produire une musique sur le fil du rasoir."

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Bauhaus : "Go away white"

10 mars 2008, par Mary [retour au début des forums]

C’est Tom Morello dans Mirror Remains ?

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Bauhaus : "Go away white"

10 mars 2008 [retour au début des forums]

je pense ne pas me tromper : la chanson de dead can dance est intitulée ’severance’, pas ’severence’.

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Bauhaus : "Go away white"

9 mars 2008, par Cartman [retour au début des forums]

Vous oubliez les magnifiques Tones on tail, chainon manquant entre Bauhaus et love and rockets. Une magnifique prolongation de Burning from the inside, avec un Daniel Ash sous perfusion Marc Bolan au chant, indispensable pour les fans.

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    Bauhaus : "Go away white"

    9 mars 2008 [retour au début des forums]


    Oui bien et tant qu’on y est Dalis Car avec Mick Karn, le bassiste de Japan..........la culture c’est comme.... :)

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    Bauhaus : "Go away white"

    10 mars 2008, par Gother than you [retour au début des forums]


    Ca doit être une ellipse narrative car j’imagine mal monsieur Delvaux ne connaissant pas Tones On Tail (indispensable, effectivement). Après tout, ils n’ont sorti qu’un seul album qui, sauf erreur, n’a même jamais été édité en CD. Outre Tones On Tail, on peut aussi parler de Dali’s Car et des très bons albums solo de David J. (je ne dirai rien sur ceux de Daniel Ash, par contre, pour rester poli).

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      Bauhaus : "Go away white"

      10 mars 2008 [retour au début des forums]


      Tones On Tail existe en CD, c’est une compile reprenant l’album, les maxis, les faces B, etc...
      Par contre, voir ça comme le prolongement de Bauhaus, c’est du délire de sourd.

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        Bauhaus : "Go away white"

        10 mars 2008, par Cartman 242 [retour au début des forums]


        Pour qui connais les titres de Bauhaus chantés par daniel Ash, ça n’a rien d’extraordinaire ! Pour qui a l’album "pop" en vinyle, pour qui a déjà entendu le magnifique "burning skies" et sa basse bauhausienne... ben oui, réécoutez "who killed mister moonlight" par exemple, ça saute aux oreilles. Alors bien sur, on a pas la voix de Murphy, mais niveau ambiance et sonorités, on se raproche vachement de Burning from the inside, et on peut se permettre d’imaginer ce que Bauhaus aurait pu proposer s’ils ne s’étaient pas séparés. Fin de la leçon, bonne soirée.

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Bauhaus : "Go away white"

9 mars 2008 [retour au début des forums]

Album moyen....sans plus !!!!
T’en fais pas un peu de trop là.....

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