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Bad Religion : "The Empire strikes first"
L’Empire contre-attaque ?

samedi 17 juillet 2004, par Marc Lenglet

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L’actualité mondiale étant ce qu’elle est, on ne pouvait qu’attendre avec impatience le point de vue de Bad Religion, ultime rempart de la conscience punk militante aux Etats-Unis. Si l’album n’a guère de raisons de surprendre qui que ce soit, il reste fidèle au credo que le groupe engagé s’est donné depuis deux décennies.

Malgré quelques morceaux au tempo ralenti, à la construction changeante (Boot stamping on a human face forever) ou aux accents très mélodiques (Los Angeles is burning, de grande qualité), la majorité des morceaux de ce récent The Empire strikes first sont trépidants, pas foncièrement originaux, mais énervés et sans fioritures. C’est finalement tout ce qu’on attend musicalement de Bad Religion.

Ce qui a toujours différencié Bad Religion des autres groupes américains du même acabit, c’est d’une part la richesse des termes utilisés dans les textes (à faire pâlir d’envie le plus abscons des groupes de rock intello-underground) ; et d’autre part, leur connaissance précise et sans illusions de la société américaine. En véritables sociologues de terrain, les membres du groupe observent attentivement les soubresauts de politique intérieure ou extérieure du pays et les réactions des citoyens ordinaires face à ces événements. En l’occurrence, tout le monde aura compris à quoi faisait référence l’Empire sur ce nouvel album.

Pourtant, en dépit de ce titre évocateur, le chanteur Greg Graffin évite de trop s’attaquer au sujet du conflit en Irak, voie royale pour quiconque désire avoir l’air engagé de nos jours. Il est vrai que le sujet est difficile à aborder sans tomber dans un extrême ou l’autre (l’Amérique phare de la civilisation, ou l’Irak paradis sur terre avant l’arrivée des cow-boys…). Bad Religion se place plutôt, dans un contexte national, du côté de ceux qui en ont plus qu’assez des considérations patriotiques calculées et de la religiosité puritaine et imbécile de l’administration Bush (voir le contenu cynique de God’s love ou Atheist peace). Par le feu de ses critiques, il tente également de secouer l’inertie du prolétariat américain, qui persiste à soutenir un gouvernement qui sait le gaver de belles paroles quand ses enfants servent de chair à canon, mais lui manifeste un mépris souverain dès qu’il s’agit de lois sociales ou fiscales.

Court et ramassé sur lui même, The Empire strikes first s’écoute d’une traite, son énergie furieuse et ses quelques chansons plus complexes maintenant l’attention en éveil tout au long de ses 39 minutes. Sans être le meilleur album que le groupe ait jamais réalisé, il se place dans la continuité du très bon The process of belief, après plusieurs albums bâclés dans la tourmente de leur passage sur une major. Bien entendu, Bad Religion ne vendra jamais autant que Good Charlotte ou Sum 41. Si c’est le prix à payer pour qu’ils conservent une conscience politique et sociale aiguisée, le jeu en vaut largement la peine.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

> Bad Religion : "The Empire strikes first"
(1/1) 22 décembre 2004, par flo




> Bad Religion : "The Empire strikes first"

22 décembre 2004, par flo [retour au début des forums]

Merci a greg graffin et a brett grut(la suite du nom est impossible a écrire de mémoire) pour ces bons morceaux de punk speed et mélodiques.Bad Religion et 1 grand groupe et The Empire Strikes First reste dans leur logique de progression.
Mais il ne faut pas oublier que Epitaph existe justement grace à ces 2 lascars et que ça c’est un vrai don du ciel !

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