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B.B. Brunes : "Nico teen love"
Dis-moi, dis-moi combien tu prends pour l’arrière et puis pour l’avant...

lundi 11 janvier 2010, par Yû Voskoboinikov

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Le gros désaccord de ce début d’année se joue entre mon chat, qui dit qu’ils sont des Marc Langlet de Pete Doherty, alors que je dis qu’ils vont racheter l’ex-Libertines avec leur troisième album. L’enjeu est de taille : j’ai droit à une écoute de l’album, durant laquelle je dois rédiger ma chronique, avant d’avoir le dos lacéré. Non pas que je n’aime pas, mais il manque l’élément brillant qui fait la différence entre le pervers authentique et le furry.

La position du chat se tient : les Triple B sont des fans absolus des Libertines en général, et de Pete Doherty en particulier. D’ailleurs, il suffit de regarder les carrières solos des deux ex : Pete Doherty était le compositeur tandis que Carl Barât était le policeur. Et lorsque l’on s’appelle Kevin 1 (chant et guitare, né le 2 juillet 1989), Kevin 2 (guitare, né le 17 novembre 1989), Papy Kevin (basse, né le 5 mai 1987), et Abdul Kevin (batterie, né le 14 décembre 1987), que l’on a quatorze ans, et que l’on vit dans un pays qui glorifie la délinquance, quel meilleur exemple que Pete Doherty ? Sauf que Doherty, quand il chante l’hymne allemand, ce n’est qu’il est (néo-)nazi, c’est juste qu’il ne sait pas de quoi il braille.

(Coup de griffe du chat parce que j’augmente le volume durant Lalalove You.)

Ceci étant, ma position se tient aussi : si l’on excepte un premier album atrocement épouvantable, le second essai des bleu-bites tient plutôt la route, voire même inverse les rôles : en réponse à un Pete Doherty finalement très franchouillard dans sa brouillardise, les bébés offrent une pop raffinée (dans les limites de l’adolescence) très anglo-saxonne. Clairement, le niveau s’est relevé, et les élèves se permettent maintenant de tutoyer le maître. Avant de le dépasser ?

Vous connaissez sans doute Mashed Paper Klub, ces deux Belges qui cherchent l’entrée des artistes et ne connaissent pas Kraftwerk alors qu’ils font de l’électro (voir ici). Au-delà de tout jugement qualitatif de leur œuvre, je les trouve symboliques du nivellement par le bas des générations émergentes : ignares et fiers de l’être. Cela me donne la gerbe, et tant pis s’ils menacent de me griller partout dans le bruxellois (population : 69 âmes plus un idiot du village, l’enjeu est de taille) et de me casser la gueule. Plus que la bipédie et la raison, ce qui différencie l’Homme des autres animaux est sa capacité à construire l’édifice historique, et c’est en cela que j’attache plus d’importance aux B.B. Brunes qu’aux MPK, Plasticines, Naast, et toutes les merdes soutenues par les vétustes Manoeuvre et l’autre là, qui a écrit ce livre ridicule intitulé Goth, le fait que non seulement ils connaissent leur presque aîné Doherty, en plus d’avoir, pour ce deuxième album, écouté les Pixies. Et rien que pour cela, ma position l’emporte.

Quoi ? Comment ? C’est totalement subjectif et scandaleux ? Oui ! Parce que la musique, c’est aussi une certaine dose de mauvaise foi, et qu’un album, au-delà de ses éventuelles qualités techniques, c’est avant tout une relation émotionnelle entre l’œuvre que l’on s’approprie et l’auditeur. Et il se trouve que j’adore ces copier-copier anthologiques d’un certain rock intemporel. Vous rendez-vous compte ? Grâce aux B.B. Brunes, nous allons pouvoir entendre des fulgurances déjà mythiques comme « Les Pixies ont pompé les Brunes. » Ma précommande est lancée ! Et puis, un chanteur dont les couilles ne sont pas descendues, mais qui déjà est obsédé par les dames vénales, je ne peux qu’éprouver de la sympathie pour lui. Je revis mes six ans, grâce aux Triple B.

Ceci étant, et parce qu’il faut expliquer les choses simplement pour la majorité visible de Pop-Rock, voici l’heure de l’ouverture des portes. Dans le désordre : il expire un Shakespeare très Français au milieu du vacarme sonore, je suis fan de Lester Bangs et des Pixies, les B.B. Brunes font de la merde que j’aime bien (au moins ce second album), j’étais fan de Bangs et des Pixies alors que vous vous branliez tous secrètement sur Anita Doth (moi aussi, mais je coupais le son), j’ai effacé les fichiers FLAC, je n’ai pas acheté l’album, le florilège d’Helloween contient miraculeusement un bon titre, je ne compte pas le faire, Trent Reznor est un dark waveux honteux, les B.B. Brunes finiront requins de studio ou banquiers, remarquez, entre Kim Deal et Anita Doth...

Conclusion : je suis publié sur Pop-Rock et pas vous, ce qui emporte le morceau.

P.S. Lalalove You s’écrit La La Love You, petits cons.



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Yû Voskoboinikov





Il y a 7 contribution(s) au forum.

B.B. Brunes : "Nico teen love"
(1/4) 3 mai 2016
B.B. Brunes : "Nico teen love"
(2/4) 11 janvier 2010, par Kics
B.B. Brunes : "Nico teen love"
(3/4) 11 janvier 2010, par cédric
B.B. Brunes : "Nico teen love"
(4/4) 11 janvier 2010, par Bruno




B.B. Brunes : "Nico teen love"

3 mai 2016 [retour au début des forums]

It is interesting to talk about your favorite band and how their music brings joy to you by just listening to it. - Bath Planet

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B.B. Brunes : "Nico teen love"

11 janvier 2010, par Kics [retour au début des forums]

Hahaha très bonne critique. Bravo Yû.

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B.B. Brunes : "Nico teen love"

11 janvier 2010, par cédric [retour au début des forums]

C’est drôle, Pop-rock est critiqué dans 80% des post, mais moi j’aime bien, et surtout j’aime bien la façon dont le site est repris en main depuis la nouvelle (sic...) redaction. Beaucoup de chroniques, hétéroclites -, des édito, des news et un ton oscillant entre amateurisme à bouton et curiosité à tout crin...
J’aime bien aussi la cuisine italienne, mais par contre, je ne supporte pas les câpres
Tiens, ça me fait pensé dans le même ordre d’idée que je ne supporte quand même pas , dans Pop-rock, les chroniques gonflées de suffisance de Yû... ca se voudrait spirituel mais c’est torché à la truelle. Ca se voudrait reférencé, mais les références mal digérées finissent en gastro. Ca se voudrait de bon goût, mais avec une gastro, tout fini dans le même tuyau. Ca se voudrait arty-rive-gauche, mais une fois je suis allé dans des chiottes publics près du Châtelet et ça puait quand même la pisse...

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B.B. Brunes : "Nico teen love"

11 janvier 2010, par Bruno [retour au début des forums]

Et "Langlet" s’écrit Lenglet gros con :D J’ai trouvé la chronique agréable.

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