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Apse : "Spirit"
La langue française semble d’un coup bien pauvre en superlatifs

jeudi 29 mars 2007, par Geoffroy Bodart

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Il est des labels dont la seule évocation provoque la sympathie. Acuarela Discos est incontestablement de ceux-là. Même si on peut ne pas aimer certains groupes signés chez eux (P:Ano ou Refree ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable), on dispose néanmoins pratiquement d’une garantie de ne pas avoir de disques intrinsèquement mauvais, bâclés ou produits par des groupes inintéressants. Après nous avoir fait découvrir Viva Las Vegas, Matt Elliott ou encore The Zephyrs, ce label nous envoie aujourd’hui dans les gencives Spirit : un classique instantané.

On aura tôt fait d’assimiler Apse et Sigur Ros : longues plages atmosphériques, morceaux construits dans l’irrespect le plus total des conventions et voix androgyne. La comparaison est facile mais totalement inopportune. En effet, là où les Islandais chantent la beauté sauvage de leur pays, nous invitent à un voyage au cours duquel l’imagination et le vécu de l’auditeur contribueront pour beaucoup au plaisir ressenti, Apse recèle quelque chose de fondamentalement plus malsain (’z’avez vu cette pochette ? Et le livret, avec ses arbres fantomatiques et ses paysages brumeux n’est guère plus enjoué). Qu’il s’agisse de cette pluie battante en fond sonore, de ces nappes de claviers menaçantes, de ces imprécations pré-apocalyptiques, de ces étranges lignes mélodiques à la torpeur fausse et angoissante, tout concoure à injecter à cette pureté musicale quelques gouttes d’un venin difficile à identifier mais aux effets certains.

Album centré sur la rythmique et les percussions, Spirit dégage quelque chose de tribal, de sauvage. Qu’il s’agisse de cette batterie folle sur l’ouverture de The crowned, ou des halètements éperdus sur fond de rythme cardiaque hors de contrôle sur Legions, Apse réveille quelque chose en nous et met en musique certaines angoisses profondément enfouies. La production, précise mais pas limpide, participe à faire de ce magma sonore une entité propre qui nous agresse et, sous couvert parfois de nous cajoler au moyen de quelques titres minimalistes, retourne la lame dans la plaie que nous avons nous-mêmes choisis d’ouvrir en nous abandonnant à cet étrange univers.

Et cette voix ! Androgyne, on l’a dit, mais aux origines célestes de la voix de Jón Þór Birgisson (lui, c’est l’Islandais...), Robert Toher (... et lui c’est l’Américain) oppose une voix torse, maligne, à même de provoquer l’effroi le plus glacial, qui retranscrit toute la morbidité des ambiances des différents morceaux. Une superbe voix, donc, totalement au service de la musique, mixée en tant qu’instrument à part entière (elle est d’ailleurs souvent bidouillée), noyée dans le flot sonore qui se dévoile avec parcimonie, uniquement quand elle est nécessaire à la chanson. Les mots chantés sont absolument incompréhensibles sans le livret sous les yeux. Une fois encore, c’est l’émotion brute, expurgée, qui compte davantage que celle exprimée, passée au filtre de la raison. Les textes sont pourtant joliment tournés et révèlent, sous leurs dehors écolo-pacifico-zen, une profonde noirceur. Par diverses astuces qu’on croirait empruntées au mouvement progressif (titre de chanson constitué de la dernière tirade de la chanson précédente, paroles qui se répètent tout au long de l’album), le groupe construit son album comme un labyrinthe, plein et structuré en apparence, mais regorgeant de pièges, de chausse-trappes et propices à d’éternelles errances une fois que l’on décide de s’y aventurer.

Comme par enchantement, et malgré une filiation évidente, Apse évite tous les pièges tendus tant par le rock progressif que par le post-rock. Point de nombrilisme dans le chef des musiciens, pas plus que de rallonges inutiles ou d’emphase exagérée. Avec des compositions qui savent autant prendre leur temps (Spirit et Blackwood gates) qu’aller à l’essentiel en moins de quatre minutes (The crowned et Wind through the walls), et qui, tout comme les paroles, se parlent et se répondent l’une à l’autre de manière à faire de l’album un bloc de granit inébranlable et indivisible, le groupe semble avoir trouvé le point d’équilibre d’une invraisemblable architecture. Et pourtant les chansons ne se ressemblent pas. Entre la pop invraisemblable de From the north, l’électro-matisant Earth covers us (et son introduction titanesque), le léthargique Blackwood gates et le long crescendo final de Spirit, on voit du pays. Leur seul dénominateur commun semble dès lors être cette noirceur, qui parlera tant à celui qui écoute de la musique avec son cerveau qu’à celui qui ne cherche que la déflagration viscérale et instantanée.



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Geoffroy Bodart





Il y a 6 contribution(s) au forum.

dropshippingwatch
(1/3) 5 avril 2010, par Administrator
Apse : "Spirit"
(2/3) 30 mars 2007, par Alevin
Apse : "Spirit"
(3/3) 30 mars 2007, par Yû




dropshippingwatch

5 avril 2010, par Administrator [retour au début des forums]

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Apse : "Spirit"

30 mars 2007, par Alevin [retour au début des forums]
Apse - The Crowned

Enfin dirais-je....enfin vous l’avez découvert cet album qui date quand même de 2006.... !Il en aura fallu du temps pour vous décidez à chroniquer ce petit chef d’oeuvre qui je parie est encore bien inconnu de la plupart des lecteurs de Pop Rock :) Foncez foncez, vous ne regretterez pas cette découverte qui sera, si vous vous donnez la peine de vous attardez dessus, LE CD de ces 6 derniers mois....et sans doute un des plus beaux de l’année (2006 ou 2007 c’est selon...). La chronique est juste et bien construite, pour découvrir le titre phare de l’album et avoir envie de découvrir ce groupe, visiter donc

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Apse : "Spirit"

30 mars 2007, par  [retour au début des forums]

Sigur Ros est un groupe aussi chiant que les Godspeed, mais si ton article est réellement pesé dans ses propos, alors Spirit est peut-être le disque que ces deux formations pour bobos ont toujours été incapables de produire.

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    Apse : "Spirit"

    30 mars 2007, par  [retour au début des forums]


    Disque écouté, je reconnais la qualité de l’ensemble, effectivement hors de portée de Sigur Ros et consors.
    Une écoute ne suffit pas, à mon avis, mais voilà un album qui a un bon bout de chemin prévu sur ma platine.

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