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Apoptygma Berzerk : "You and me against the world"
New wave days

dimanche 2 octobre 2005, par Albin Wagener

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Grande claque. Grosse surprise. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’attendait pas Stephan Groth et consort dans ce registre-là, et les fans purs et durs risquent même d’esquisser une moue d’incompréhension face à cet album absolument splendide, mais qui tranche radicalement avec la discographie de la formation norvégienne. Alors qu’à la fin des années 90, les amateurs de l’EBM des Scandinaves avaient détourné leur attention de ce groupe devenu trop technoïde, c’est ici les admirateurs de la future-pop de Harmonizer, dernier album en date d’Apoptygma Berzerk, qui risquent de faire la fine bouche.

Stephan Groth est un de ces artistes qui ne fait plus attention ni aux critiques, ni à ses fans incompréhensifs. Véritable caméléon des musiques sombres, il mène son navire au gré de ses envies, électroniques ou pas. Si les synthétiseurs vintage de You keep me from breaking apart rappellent Visage ou Human League, les guitares ont pris un avantage indéniable sur cette nouvelle galette d’un projet qui parvient à s’imposer comme une référence dans les scènes dites dark, et ce depuis maintenant plus de dix ans. Mais, bien plus qu’un simple album d’Apoptygma Berzerk, cet opus est un véritable chef-d’œuvre taillé sur mesure pour et par Stephan Groth, qui laisse enfin exploser son génie créatif dans un disque extrêmement ambitieux.

Deux valeureuses reprises, pour commencer : le Cambodia de Kim Wilde se voit allouer un traitement plutôt musclé, prompt à provoquer une furibonde crise de headbanging chez les auditeurs les plus réticents. Sur la version limitée de l’album se cache même une insolente version du Shine on des House Of Love, maltraitée en bonne et dûe forme par des guitares métalliques. Mais ne parler que de ces deux exercices de style serait occulter injustement les autres perles qui jalonnent cet album. Groth s’amuse à mélanger ses guitares métalliques à des sons synthétiques bien trempés, presque acides. Si le single phare In this together parvient à renvoyer dos à dos Zeromancer et Placebo (oui, rien que ça), le vaporeux Lost in translation emporte l’auditeur sur un nuage noir, entre nappes sirupeuses et sonorités inquiétantes. En marge des onze brûlots qui parsèment cet éminent tour de force, Back on track se lance dans une pop/rock énergique, avec des chœurs oniriques qui iraient à merveille sur une bande originale de manga japonais. Un peu plus loin, la pop humide et new wave de Mercy kill est un clin d’œil aux productions de Robert Smith. En général, même si les paroles de l’ami Stephan s’enfoncent dans un réalisme ténébreux, les mélodies lumineuses semblent sublimer les histoires tragiques racontées dans les chansons : une sorte de célébration des pensées les plus sombres.

Cela paraît bizarre à formuler, mais je ne vois qu’une description pour cet album atypique : des mélodies beaucoup plus indie et riches que celles des Killers, et un rock lourd et racé que ne renierait pas Paradise Lost. Ecoutez Maze si vous ne me croyez pas. Pour tous les amateurs de rock sombre, pour tous ceux qui en ont marre de devoir constamment osciller entre HIM et le Paradize d’Indochine, cette perle rare est une solution hors du commun, une sorte de rock noir et électronique pour fins gourmets, comme en témoigne le délicat et rageur Tuning in to the frequency of your soul. C’est tellement rare qu’il faut le signaler : absolument aucun morceau de cet album n’est à jeter, et à vrai dire, on pourrait se déchirer sur le choix d’un second single. Encore une excellente surprise de plus en cette rentrée 2005, surprise d’autant plus réussie qu’on assiste à la transformation d’une formation radicalement électro en un groupe de rock haché et efficace, qui arrive à se frayer un chemin parmi les plus grands, de par la sincérité et l’originalité de ses joyaux musicaux. Une éclatante preuve de la superbe d’un sacré Norvégien qui n’a finalement plus rien à prouver. Ah si : nous surprendre encore et toujours au fil de ses albums.



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Albin Wagener





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Apoptygma Berzerk : "You and me against the world"
(1/3) 13 juillet 2006
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Apoptygma Berzerk : "You and me against the world"

13 juillet 2006 [retour au début des forums]

Il y a eu un autre groupe électro qui s’est mis au rock dans les année 90. C’était Prodigy.

L’album the fat of the land était une bombe.

Et depuis... plus rien.

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Apoptygma Berzerk : "You and me against the world"

13 décembre 2005, par bigmat [retour au début des forums]

Très fameux : mon album préféré de l’année, mais pourquoi c’est encore depeche mode qui a remporté la mise ?

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Apoptygma Berzerk : "You and me against the world"

18 novembre 2005 [retour au début des forums]

Merci de me dire où on peut trouver cet album à Paris.
J’ai l’impression qu’il n’est pas distribué.
Merci d’avance
Alexis

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