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Antony & The Johnsons : "The crying light" Un univers lumineux et glacial jeudi 26 février 2009, par |
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Bien que littéralement détruit sur ce site (à mon grand désespoir), l’album précédent d’Antony & The Johnsons fut, pour moi, une énorme claque. La découverte de cette voix d’ange accompagnée d’un univers particulièrement envoûtant, loin des modes et des tendances, m’avait complètement convaincu. En 2005, Antony imposa donc, tant à moi qu’au reste du monde, la beauté d’I’m a bird now. Suite à ce succès critique et commercial (Mercury Prize du meilleur album), on a pu croiser Antony chantant avec Björk, Bryan Ferry ou encore Mariane Faithfull ; Antony reprenant Knockin’on Heaven’s doors pour le film I’m not there ou encore Antony s’acoquinant à la disco de DFA, avec le groupe Hercules & Love Affair. Ce fut seulement fin 2008, qu’il rejoignit ses Johnsons pour un très bel EP, nommé Another world, hors d’oeuvre annonçant l’immense The crying light, sorti en ce début 2009.
La carrière d’Antony ne commence pas par l’album I’m a bird now et sa pluie de critiques élogieuses. Le groupe est d’abord découvert par David Tibet (fondateur du groupe expérimental Current 93), qui le signe sur son label Durto. Le premier album du groupe sort donc sur une petit structure, dans l’indifférence la plus complète. Mais chance, leur deuxième sortie sur Durto records, l’EP I fell in love with a dead boy, dans lequel Antony reprend notamment Mysteries of love, chanson composée par David Lynch pour la B.O de Blue Velvet, est remarquée par le producteur Hal Wilner. Hal Wilner, alchimiste des « tributes albums », est surtout le producteur de Lou Reed, auquel il s’empresse de faire écouter l’EP. Lou Reed, saisi par le talent d’Antony Hegarty, lui propose de participer à l’élaboration de son concept album The raven. Cette collaboration permet au groupe de signer sur le label américain Secretly Canadian (label notamment de Jason Molina), qui sort dans la foulée The lake, EP auquel Monsieur Lou Reed « himself » participe et réédite ensuite le premier album, cette fois avec une bien meilleure diffusion aux Etats-Unis. Petit à petit, le buzz enfle autour du transgenre à la voix angélique, et tout le milieu musical new-yorkais s’emballe à l’écoute de cette voix magique. Vous connaissez la suite, la sortie de I’m a bird now fait entrer définitivement Antony & The Johnsons au panthéon des artistes indépendants qui comptent, faisant de ses successeurs des albums à chaque fois très attendus. Le début de cette année voit donc, enfin, arriver le troisième opus d’Antony & The Johnsons, The crying light. L’album est majestueux, décharné, simple et magistral. Plus épuré, moins soul, mais plus délicat (exit les montés vocales de I’m a bird now qui pouvaient parfois être irritantes), le troisième chapitre de la trilogie d’Antony fait penser à ces hivers lumineux et glaciaux, quand la végétation s’est endormie pour laisser place à la blancheur du gel et à la lumière basse d’un soleil rayonnant. Habillées d’un arrangement discret et classieux, les ballades de The crying light se révèlent plus puissantes à chaque écoute, plus minimales, plus fragiles, plus mélancoliques. Sans doute moins accessible et plus exigeant que le précédent, The crying light n’en demeure pas moins d’une beauté terrifiante. Antony n’a donc absolument pas perdu de son pouvoir de séduction. Il s’avère même encore plus efficace, comme sur la superbe ballade d’entrée, Her eyes are underneath the ground, ou encore sur le très fantastique Aeon, où la voix plaintive d’Antony s’allie au son d’une guitare électrique douce. Bien que chaque titre de l’album soit une petite perle, ma préférence va à Kiss my trance, ballade plus sautillante, relevée d’une batterie et d’arrangements de cordes assez somptueux, contrées dans lesquelles Antony et ses Johnsons ne s’étaient encore jamais aventurés. L’ensemble de l’album reste pourtant sur le même ton, celui de la voix d’Antony accompagnée de piano, ce qui permet d’obtenir une très belle cohérence, donnant envie d’écouter et de le réécouter le disque de bout en bout, comme un bloc indissociable. La pochette black and white, purement dans le style musical épuré d’Antony & The Johnsons, y montre le danseur de butô, Kazuo Ohno, aujourd’hui âgé de 102 ans. Grande influence pour Antony, le danseur de butô inspira les thèmes de l’album (qui lui est même dédié !). Oscillant entre nature et spiritualité, Antony nous parle d’un monde plus juste, d’une société idéale en contact avec la nature... C’est alors que l’on comprend mieux l’univers d’Antony, à la fois fantastique et extrêmement sensible. Sa musique est le reflet de cette personnalité unique ; une musique à part, froide mais accrocheuse, bien loin des standards actuels ou des pseudos groupes indie. Avec ce troisième album d’Antony & The Johnsons, l’effet de surprise a disparu, mais le groupe n’en demeure pas moins fabuleusement talentueux. Monsieur Hergaty vous avez mes respects. |
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Il y a 19 contribution(s) au forum. Antony & The Johnsons : "The Crying Light"
(1/4) 25 avril 2009, par ClubdesGrosCons Antony & The Johnsons : "The Crying Light"
(2/4) 1er mars 2009, par Humphrites Antony & The Johnsons : "The Crying Light"
(3/4) 26 février 2009, par Piet Antony & The Johnsons : "The Crying Light"
(4/4) 26 février 2009, par mathieu |
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Antony & The Johnsons : "The Crying Light" 26 février 2009, par SC [retour au début des forums] Tu n’es pas tout seul : perso, y me gave grave l’Antony, à part sur Blind de Hercules & Love Affair. C’est du Nina Simone en carton, quoi ;-D Antony & The Johnsons : "The Crying Light" 26 février 2009, par Piet [retour au début des forums] Mais Nina Simone, c’est bien.
J’ajoute aussi qu’en interview Antony est vraiment poussif et chiant. Autant qu’il n’en fasse pas. Antony & The Johnsons : "The Crying Light" 26 février 2009, par SC [retour au début des forums] "J’ajoute aussi qu’en interview Antony est vraiment poussif et chiant. Autant qu’il n’en fasse pas." C’est pas toujours l’artiste qui décide, tu sais... Antony & The Johnsons : "The Crying Light" 26 février 2009, par julien gas [retour au début des forums] C’est sûrement pour les raisons très bien évoquées dans ton dernier article qu’Antony te "gave" tellement... "beaucoup de musique indépendante actuelle était foncièrement de la merde parée des atouts d’une certaine qualité principalement parce qu’elle semblait s’opposer à quelque chose d’encore bien davantage merdique (Björk ou Fleet Foxes versus Star Ac et tout cela versus le bon esprit des Black Lips et de Beyoncé, en gros !)" "Long Lost est un disque qui va, je pense, faire rêver et fanatiser. Vous aimerez ce groupe si vous aimiez le versant folk des Disques du Crépuscule, vous l’aimerez si vous aimiez Coco Rosie et Joanna Newsom. Si vous vous reconnaissez dans les coups de cœur et les prescriptions de médias tels que Pitchfork, RifRaf, les Inrocks, Volume... Vous l’aimerez parce qu’il vous semblera débarqué d’une soucoupe volante dans ce monde de brutes, qu’il est doux et joue sur un romantisme très anachronique" Je crois que l’on peu rapprocher Antony & The Johnsons des artistes bobos défendu par la crittique Inrock/Pitchfork comme Alela Diane, Bon Iver ou encore Coco Rosie et Joana Newson... Dans ce cas l’argumentation que tu appliques à Long Lost peu donc très bien s’appliquer aussi à Antony.
Antony & The Johnsons : "The Crying Light" 26 février 2009, par SC [retour au début des forums] Ne fais pas l’erreur grossière et courante de m’attribuer des arguments et des pensées que je n’ai pas, Julien. Si Antony me gave souvent, c’est principalement une affaire de goût personnel : cette musique n’est pas la mienne, cette façon de chanter non plus. Rien de plus. Je n’attaque ni le personnage, ni le cirque qui l’entoure. D’ailleurs, comme je n’ai pas regardé le contexte de près, au départ déjà pas très intéressé, je n’ai pas grand-chose à en dire. J’aime bien Blind parce que ça me fait penser à des classiques de house homo que j’adore, genre Promised Land de Joe Smooth. Je n’aime pas les trucs avec les Johnsons parce que c’est un univers qui non seulement m’exaspère mais me semble aussi être une version kitsch et camp de celui d’une Nina Simone ou d’un Little Jimmy Scott. Qu’il m’arrive d’écouter à petites doses mais avec plaisir. Et donc, pour moi, Antony & The Johnsons, c’est un peu comme SAS par rapport à James Bond ou San Ku Kaï face au premier Matrix :-) Antony & The Johnsons : "The Crying Light" 26 février 2009 [retour au début des forums] Bon Iver, Doux Jésus ! En voilà encore un qui mériterait d’être pendu aux cordes de son instrument.
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