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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
Sale temps pour les mouettes

samedi 5 novembre 2005, par Albin Wagener

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Il y a des choses que je ne comprendrai jamais. Ca ne vous est jamais arrivé, à vous ? Vous savez, cette impression absolument abominable et déroutante d’être stupide, de ne pas comprendre quelque chose. C’est pour ça que je détestais les cours de math, quand j’étais petit : tous ces théorèmes et ces prolégomènes abstraits me semblaient à cent lieues de mes préoccupations adolescentes. Le pire avec les choses qu’on ne comprend pas, c’est qu’on se sent obligé de les accepter comme état de fait, en raison du fort consensus social qui les cimentent parfois. Ce disque et les réactions qu’il a suscitées cette année font partie intégrante des choses qui resteront pour moi un mystère éternel, au même titre que l’invention des rideaux marron à fleurs ou de la célébrité de Gérard Miller.

Première remarque : je ne vois pas quel serait l’intérêt d’écouter un disque qui semble dater de quarante ans, alors qu’on a déjà toute une flopée de très bons albums datant des années 60. Si ce fameux Antony et son look de clone de Klaus Nomi semble nous arranger des ritournelles façon Platters ou Righteous Brothers, ce qui en soi n’est pas foncièrement désagréable, il n’y a pas de quoi en faire la huitième merveille du monde, tel que l’a fait la presse musicale au début de l’année 2005. Personnellement, si j’ai envie d’écouter de la musique de crooner, de la vraie, pas celle d’un simili-Pierrot mélancolique, je préfère me tourner directement vers Bryan Ferry. D’ailleurs, en parlant du chanteur de Roxy Music, les comparaisons sont nombreuses, et surtout sur Man is the baby, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Chance meeting. En fait, la voix évoque une espèce d’imitation exagérée et honteuse des frasques du Lord de la pop anglaise. Et cela ne me convainc pas.

Pourtant, ce I am a bird now ne manque pas de collaborations qui mériteraient qu’on s’y attarde : Devendra Banhart, grand ami d’Antony, l’accompagne sur Spiralling, et même Rufus Wainwright s’occupe des parties vocales sur le très court What can I do ?. Mais on ne s’arrête pas en si bon chemin : Lou Reed (il a dû se perdre dans le studio, c’est pas possible autrement) accompagne la petite troupe et récite un poème sur Fistful of love, et Boy George himself vient prêter sa voix réjouissante et mature sur le poignant You are my sister. Mais bon voilà, autant d’illustres collaborations, ça paraît cacher quelque chose, et ce quelque chose oscille timidement entre des ballades blues de l’Amérique new-yorkaise feutrée et un pâle poncif d’Edith Piaf, avec dix fois trop de tremolo.

Je ne ferai pas de commentaire sur le fait d’enchaîner quatre collaborations à la suite sur un album, mis à part le fait que l’exercice me semble hautement risqué et sujet aux critiques acerbes les plus justifiées. Mais malgré ce qu’on veut nous faire croire, et même si les mélodies au piano sont effectivement émouvantes, la voix, pour moi, ne tient pas. Hope there’s someone entonne une mélopée morbide et presque maladive, et le chétif For today I am a boy tente de mollement s’encanailler du folk gospel de la Nouvelle-Orléans. L’album n’est pas mauvais, mais il est loin, très loin d’être transcendant, et malgré l’émotivité presque surjouée qui se dégage de ce disque, je ne vois pas pourquoi il pourrait être intronisé comme un des socles musicaux de cette année 2005 riche en concurrence. Laissons donc Antony se lamenter en compagnie de sa pochette d’hôpital destinée probablement aux plus souffreteux d’entre nous : personnellement, je ne suis pas un grand fan des auto-apitoiements et des flagellations forcées.



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Albin Wagener





Il y a 12 contribution(s) au forum.

Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(1/7) 9 juin 2006, par Druggy
Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(2/7) 27 décembre 2005, par lkj
Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(3/7) 12 novembre 2005, par the
Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(4/7) 9 novembre 2005, par joanny
Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(5/7) 7 novembre 2005, par Monsieur Jéj
Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(6/7) 5 novembre 2005
Antony & The Johnsons : "I am a bird now"
(7/7) 5 novembre 2005, par Nickos




Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

9 juin 2006, par Druggy [retour au début des forums]

Plus je lis les critiques de ce site et plus je me demande si les auteurs écoutent les albums avant d’écrire... ça expliquerait beaucoup de choses... je crois donc qu’au lieu de m’attarder sur ce tissu d’inepties et tenter de mettre à jour le potentiel incroyable de cet artiste, je vais me contenter de vous conseiller de bien vous nettoyer les oreilles (on n’y pense pas assez mais c’est important) et de pour une fois faire votre boulot, en d’autres termes écouter le disque, avant de vomir votre trop-plein de rancoeur sûrement personelle sur votre page web.
Cordialement.

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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

27 décembre 2005, par lkj [retour au début des forums]

Surestimé.J’aime beaucoup mais je comprends les gens qui détestent (à cause de la voix d’Antony).Hélas j’ai l’impression qu’il faut y voir un truc pour bobo branché ou homo déprimé.

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    Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

    27 décembre 2005, par R.T. [retour au début des forums]


    Ben moi j’adore ! Et je ne rentre dans aucune des deux catégories Mais je comprends effectivement que l’on puisse abhorer la voix de ce type, elle est très particulière. Moi elle me fait vibrer et sa musique est quand même classieuse ! Enfin, c’est probablement mon fond romantique qui ressort, je dois être une cause perdue, j’avais aussi adoré Want One et Want Two de Rufus Wainwright.

    C’est de la musique tire-larmes facile mais j’acroche quand même !

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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

12 novembre 2005, par the [retour au début des forums]

Beaucoup bétise chez ce Albin.Oh non pas parce qu’il n’aime pas Antony mais parce qu’il semble ignorant de certaines choses ou en tout cas n’a pas pris la peine de récolter 2 ou 3 info.Et non Lou Reed n’était pas là par hasard car c’est bien lui qui a découvert ce dit "phénomène".Le titre en question est du pur Lou Reed.
Quand à la photo ambiance clinique ...c’est logique vu LE sujet de l’album.Enfin je veux dire que le thème est le mal d’être dans un corp qui reste une erreur d’où sexualité troublée ......et .......et bien cela se termine par une opération.C’est d’ailleur sur l’album et c’est autobiographique.Ben oui ya la musique mais il y a aussi les paroles.

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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

9 novembre 2005, par joanny [retour au début des forums]

"Première remarque : je ne vois pas quel serait l’intérêt d’écouter un disque qui semble dater de quarante ans, alors qu’on a déjà toute une flopée de très bons albums datant des années 60."
La remarque est aussi valable pour les autres décennies, non ? Exit donc Franz Ferdinand, Interpol, Killers et autres groupes revivals. Exit Elliott Smith, Earlimart, Wondermints et autres amateurs d’harmonies brianwilsonniennes. Exit les Jam, les Prisoners et autres mods retardataires. Exit les Specials et Madness...

L’intérêt est d’écouter de la musique intéressante, point. Si on veut absolument un disque qui sonne actuel et à la mode, on se rabat sur Madonna ou l’électro et on laisse tomber le rock qui se nourrit de sa propre histoire depuis belle lurette.

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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

7 novembre 2005, par Monsieur Jéj [retour au début des forums]

Je consulte très régulièrement ce site (pour le ton original, en me marrant comme un tordu quand vous détruisez un album mauvais ou pas hype, etc ), et suis en général de votre avis ; donc là , je m’ étrangle ! Merde, un disque que j’adore totalement, auquel j’ai adhéré sans attendre une quelconque critique positive, est rejeté par Pop-rock.com (en même temps c’est pas la fin du monde)...

Je vais pas essayer de vous convaincre, juste dire que je trouve dommage que l’on ne soit pas touché par ce type et son univers (très particulier certes).
Par hasard, j’avais été à un concert de Cocorosie (artistes que je supporte aussi peu en studio que Devendra Banhardt) à Dijon en décembre, dans une petite salle. Miracle, en live leurs voies n’ étaient plus crispantes mais touchantes. une heure de magie plus tard et démarque un type encore inconnu , un certain Antony. Fringues pas possible (vieux pull de mémé ... le même ?! ), look très étrange pas accrocheur du tout. Puis sa voix s’élève. Silence dans la salle. Choc. Quelques pensées confuses : la voie cristalline d’un castrat ? l’ angélisme de Brian Wilson ? d’où sort cet E.T. ?
2 chansons plus tard et le type repart mystérieusement en coulisses.
Je découvre l’album quelques mois plus tard, sortant sur l’excellent label de Secretly Canadian, et son premier LP sorti en 99-2000 dans l’indifférence... albums parfaits à mon goût : pleine d’ émotions, envolées lyriques , orchestrations subtiles et romantiques, dignes de Rufus Wainwright ou Richard hawley par exemple.

je reste définitivment sous le charme de sa voix, de son univers (cabaret, androgynie , sexualité vénéneuse et morbide, sentimentalisme, etc), malgré ses excès : trémolos, apitoiements, OK avec Albin... mais je suis toujours surpris à chaque fois que des personnes ne l’ apprécie pas autant : je classe facilement Antony au niveau de tim buckley. Et il est quand même à mille lieu au-dessus de Brian Ferry ! Ses émotions, sa voix, son desespoir me paraissent plus sincères, tout en restant dans un registre "outré" (mais c’ est le genre qui veut ça : Nick Cave en rajoute jamais peut-être ?).
et à côté de cette mise au pilori, encenser andrew bird , tssss :/

en tout cas, pop-rock.com cultive bien son identité : toujours indépendant , quitte à passer à côté de quelques perles , non ? toute votre rédaction l’a detestée ou quoi ?

(article un peu long et décousu, mais mon désarroi , mon incompréhension total face à l’indifference de Albin, m’ y a poussé... m’empechant ainsi de m’endormir la bave aux lèvres en maudissant albin &Co de leur manque de coeur !)

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    Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

    8 novembre 2005, par Marc Durant [retour au début des forums]


    Non rassure toi l’album ne m’a pas laissé indifférent et je l’ai trouvé pour le moins intéressant, sans pourtant y rentrer totalement comme tu sembles le faire. Maintenant chacun est libre de penser ce qu’il veut dans la musique et c’est plutôt une bonne chose, puis pop-rock n’est pas une entité monobloc comme certaines aiment le penser, nous avons tous nos goûts, parfois bien différents et il arrive quelques fois de se "disputer" (enfin amicalement) sur les qualités d’un album. Pour exemple je n’aime pas le dernier Depeche Mode, Albin l’aime à moitié et Jérome l’adore, donc on ne casse pas un album pour le plaisir de casser, on dit ce qu’on en pense, avec sincérité, et si ça plaît pas c’est pas si grave, mais au moins on aura été honnêtes.

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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

5 novembre 2005 [retour au début des forums]

Non non Lou Reed ne s’est vraiment pas perdu ! C’est même lui qui a sorti ce "monsieur" de l’ombre pour le bonheur de nos oreilles. Où du moins qui lui a donné un sacré coup de pouce... Réecoute la version de Perfect Day sur "The Raven".

Question voix, je trouve qu’elle colle parfaitement à la musique qu’il produit. limite maladive comme tu dis, mais çà n’enlève rien pour moi aux compositions qu’il nous livre.

J’ai eu un peu de mal au début à rentrer dans le personnage et sa musique. A force de tourner le disque encore et encore il a fini par me conquérir et je ne regrette pas le petit effort. Grandiose...

Quant à son concert d’hier à Lille. La version festival ne rend pas grand chose avec le brouhaha irrespectueux qui regnait dans la salle. Un peu court aussi. Je regrette beaucoup de ne pas avoir de précieux césames pour ses deux dates dans le plat pays.

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Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

5 novembre 2005, par Nickos [retour au début des forums]

Alors on peut dire que cet article tombe à point nommé : j’ai en effet assisté hier au concert d’Antony et de ses potes branchés (...). Bon honnêtement, je savais que l’album avait été bien accueuilli en Angleterre,mais je ne connaissais pas le sieur.Je m’attendais donc à une pop planante, accoustique peut-être mais quelle ne fut pas la surprise quand je vis l’affreux jojo débarquer sur scène. Vous allez me dire que le look ne fait pas la musique, et je suis d’accord mais j’ai quand meme ressenti un choc. Un homme arrive, mais est-ce un homme ? bon bref, apres 5 minutes, jme suis rendu compte que c’était bien lui, une masse infâme affublée d’un tricot de grand mere sur la tete, avec ses mèches grasses retombant sur les yeux. Le concert fut d’un ennui à couper le souffle. Imaginez-vous que je vais voir Actic Monkeys ( 32 minutes à tt casser !), et je me retrouve face a un piano, 2 violons , un violoncelle et une guitare folk. Je pense que l’album devrait plaire à ma grand-mère, le soir au coin du feu. Toutes les chansons se ressemblent ( ou alors c’est moi qui commencait à m’endormir sur la barrière, en rêvant des gamins de Sheffield). Antony ne chante pas, il laisse sortir des sons de sa bouche, ca ne ressemble à rien et personne n’y croit. Après 3 chansons, on entendait plus les guindailleurs anglais au bar que le gros tas scotché sur son beau piano. Bon, je ne suis sans doute pas tres objectif, mais voilà mes imrpessions.
Ps : Apres Antony, Devendra Banhart à réussi à réchauffer la salle, mais c’était pas l’extase..loin de là.

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    Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

    23 novembre 2005, par Vince [retour au début des forums]


    Si tu cherche du bon rock qui bouge genre Arctic Monkeys (que j’ai vu aussi et que je respecte) et que tu cherche que ca, évidemment ca va te gaver Antony car il est vrai que c’est mou. Ca me fait penser à ce que j’ai entendu dire sur le soir des inrocks ou les fan de stupeflip n’ont pas respecté Sufjan Stevens...
    Mais si tu es un peu plus ouvert et pas renfermé à un seul style de musique, tu peux aussi savoir apprécier ce genre de musique qui est souvent beaucoup plus difficile à composer pour qu’elle soit bonne, et qui est aussi souvent beaucoup plus recherché.
    Moi j’aime pratiquement tous les types de rocks et j’apprecie beaucoup Antony car les mélodies sont belles et la voix est magnifique, et ca ressemble pas à grand chose que je connaissais jusqu’à présent.

    Alors je trouve ca complètement con de critiquer un groupe en disant c’est mou ! Sache que c’est fait exprès ! C’est leur volonté de pas envoyer de la guitare électrique pendant 1h.

    Et à propos de l’article, je suis tout à fait d’accord avec Joanny. Si on a pas le droit de faire de la musique comme dans les années 60 et qu’on a toujours besoin d’innover complètement, alors plus ca va, et plus ce sera super dur... Ca fait même pas 100 ans que la musique accessible à tous existe alors que direz vous dans 500 ans ! Là c’est sur on aura deja tout vu, tout entendu !

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      Antony & The Johnsons : "I am a bird now"

      4 janvier 2006, par elise [retour au début des forums]


      je viens juste de tomber sur votre site.
      Antony est pour moi la grande revelation de l’annee. Ayant à peu près tout écouté de lui, lu et vu des tonnes d’interviews, et avoir assisté à 3 de ses concerts cette année, je me dois de réagir face à certaines de vos remarques :

      « Première remarque : je ne vois pas quel serait l’intérêt d’écouter un disque qui semble dater de quarante ans, alors qu’on a déjà toute une flopée de très bons albums datant des années 60 »
      Joanny a contré avec beaucoup de bon sens ce faux argument, pas la peine d’y revenir

      «  look de clone de Klaus Nomi »
      « Fringues pas possible (vieux pull de mémé ... le même ?! )
      look très étrange pas accrocheur du tout »
      « l’affreux jojo - Vous allez me dire que le look ne fait pas la musique, et je suis d’accord mais j’ai quand même ressenti un choc.
      une masse infâme affublée d’un tricot de grand mere sur la tete, avec ses mèches grasses retombant sur les yeux »

      à force de considerations plus ou moins affligeantes sur le physique et le look vestimentaire , il me semble que l’on oublie de se concentrer sur l’essentiel à savoir la subtilité de la musique et la beauté hors-norme de la voix.

      « ritournelles façon Platters ou Righteous Brothers »
      alors là le mot est on ne peut plus mal choisi ! Comment peut-on parler de ritournelles avec des phrases aussi crève-cœur que « mon histoire de dame est celle d’une poitrine amputée » ou « mon ventre est un océan de chagrin et de rage ». Quant à l’accompagnement des johnsons, il est d’une rare subtilité, non seulement ce sont tous des virtuoses (allez jeter un œil sur le CV de Rob Moose ou Maxim moston par exemple !) mais en plus ils ont tout compris à l’univers d’antony.

      « Personnellement, si j’ai envie d’écouter de la musique de crooner, de la vraie, pas celle d’un simili-Pierrot mélancolique, je préfère me tourner directement vers Bryan Ferry. D’ailleurs, en parlant du chanteur de Roxy Music, les comparaisons sont nombreuses, et surtout sur Man is the baby, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Chance meeting. »
      Man is the baby est le seul titre de l’album sur lequel on peut rapprocher la voix d’antony de certaines intonations de Brian Ferry (et encore sur les premières notes seulement)
      Quant à de la musique de crooner, cela le ferait surement sourire d’entendre ça : c’est tout le contraire chez lui : aucune technique, juste une fragilité, une sensibilité à fleur de peau, une ambiguité courageusement assumée, un abandon total, une intensité foudroyante.

      « l’émotivité presque surjouée »
      il n’y a pas le moindre calcul chez antony : il suffit de le voir en concert (et d’être attentif au lieu de s’asseoir au bar) pour avoir honte d’avoir pu penser ça

      « Lou Reed (il a dû se perdre dans le studio, c’est pas possible autrement) « 
      Lou Reed est quelqu’un de plus ouvert et plus sensible qu’il en a l’air. Il a été l’un des premiers à être touché par la voix d’antony (par l’intermediaire de son producteur hal winner) et ne s’est pas trompé en embarquant antony comme choriste lors d’une tournée en 2003. Antony chante d’ailleurs divinement « candy says » sur l’excellent live « animal serenade » devant un public médusé.

      « Un pâle poncif d’Edith Piaf, avec dix fois trop de tremolo. »
      Là encore il serait mort de rire : absolument rien à voir

      « Hope there’s someone entonne une mélopée morbide et presque maladive. Laissons donc Antony se lamenter en compagnie de sa pochette d’hôpital destinée probablement aux plus souffreteux d’entre nous : personnellement, je ne suis pas un grand fan des auto-apitoiements et des flagellations forcées. »
      Il faut attendre la fin de la chronique pour trouver enfin un vrai argument : en effet la musique d’antony est mélancolique, il y est beaucoup question de douleur, de frustration mais aussi de beauté, de poésie, de douceur, et d’une certaine forme de pureté. On peut en effet considèrer cela comme de l’auto-apitoiement et je comprends tout à fait que ses textes et sa voix si particulière puissent susciter un rejet. Il n’y a finalement pas de mystère ni de consensus social dans tout cela : juste des sensibilités différentes dans la manière d’appréhender la musique et de vibrer avec elle (l’énergie brute et le vertige émotionnel pour aller vite, les deux n’étant d’ailleurs pas forcément incompatibles)

      « Je ne vois pas pourquoi il pourrait être intronisé comme un des socles musicaux de cette année 2005 riche en concurrence »
      qui a dit ça ? Cette voix-là a déjà bouleversé pas mal de vies et c’est déjà pas mal.

      « Ça ne ressemble rien « 
      justement !

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