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Andy Bell : "Electric blue"
Small Town Boy

mardi 25 octobre 2005, par Albin Wagener

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Maintes fois repoussée, la sortie d’un hypothétique album d’Andy Bell était surtout censée contenter les fans d’Erasure. Seulement, Bell a choisi le bon moment pour enfin sortir son premier en solo, sans Vince Clarke, après un Nightbird qui avait relancé l’intérêt pour le duo anglais. Et même si l’album est loin d’être à la hauteur des frasques synthétiques de l’ancien songwriter de Depeche Mode, il permet au moins à Andy Bell d’être considéré comme une des plus grandes divas des musiques électroniques, et ce ne sera probablement pas pour lui déplaire.

Par certains côtés, cet album est très britannique, en s’inscrivant directement dans une pop dansante presque mancunienne. I thought it was you, le duo disco avec Jake Shears des Scissor Sisters, permet notamment de déceler quelques idées de production qui figuraient volontiers sur les morceaux les plus dancefloor du dernier New Order, Waiting for the sirens’ call. La bonne surprise est aussi la réapparition, via cet album, de la célèbre Claudia Brucken de l’étrange formation Propaganda, qui donne le change à Andy Bell sur deux titres, le minimaliste Love oneself, et l’electroclash irrésistible de Delicious. Etonnant parallèle, ces deux duos entre Claudia et Andy rappellent les vocalises de Human League.

Bell a invité la grande famille de l’électro-pop sur son premier album, vous l’aurez vite compris ! Mais ça ne suffit pas à faire de ce disque un tout assez homogène. Certes, il y a de bons morceaux, notamment le titre éponyme aux sonorités analogiques proprement jouissives, dont la production dépouillée mettrait instantanément le feu à n’importe quel nightclubber. En revanche, le premier single, Crazy, qui semble pêcher par vouloir être trop radiophonique, se vautre dans des recettes musicales cent fois éculées, une sorte de fausse dance qui aurait pu être concoctée par n’importe qui. A vrai dire, le morceau est plutôt bon dans son ensemble, mais c’est le refrain qui fout tout par terre. On se croirait à un rassemblement tuning de Saint-Martin-du-Fouilloux (oui, ça existe, c’est quelque part dans l’Ouest de la France, et croyez-moi, vous ne voudriez pas y être) : c’est à peine si on ne sent pas l’odeur des saucisses grillées bon marché ou des sandwiches andouillette-moutarde, avec cette petite lycéenne de seize ans qui vous reluque depuis le début, mais pas de chance, son abruti de grand frère et ses potes fans de bière, de foot et de doomlikes serait prêt à n’importe quel stratagème pour vous casser la figure. Je suis sûr qu’Andy Bell ne pensait pas aller aussi loin dans l’imagerie putassière de ces fêtes campagnardes ringardes et bon enfant que nous connaissons tous.

Mais je suis là à vous parler de charcuterie (non, pas la fille, les saucisses), alors que je ferais mieux de vous présenter des titres comme Shaking my soul par exemple, avec ses trompettes, ses chœurs et sa pop londonienne aux recettes bien connues de tous. Pour tout vous dire, Shaking my soul aurait pu être réclamée par Geri Halliwell, ce qui ne veut pas dire que le morceau soit désagréable en soi. Heureusement, il y a le très lounge Runaway, par exemple, pour rattraper les espagnolades guitaristiques de l’estival Caught in a spin ou la techno bon marché de I’ll never fall in love again. Et puis, parce qu’il en faut, il y a des titres plus doux, plus lents, et c’est véritablement ceux-là qui, curieusement, font à la fois penser à la formation originelle d’Andy Bell, mais également au fait que Bell reste un chanteur à la voix vraiment originale et reconnaissable entre mille : l’innocent Fantasy notamment, mais aussi l’étrange et pas désagréable The rest of our lives.

Pour une personnalité telle que celle de ce chanteur, frappé par moult coups du sort (l’annonce récente de sa séropositivité notamment), et grâce à de très bonnes tirades électroniques comme la pop inattendue de Jealous ou l’entraînant See the lights go out, cet album reste une libération importante et un fait d’armes non négligeable. Mais on le préfère quand même encadré par Vince Clarke, et on espère juste que, pour le deuxième opus, les titres soient moins inégaux. Et, surtout, que Saint-Martin-du-Fouilloux ne reste qu’un mauvais souvenir.



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Albin Wagener





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Andy Bell : "Electric blue"
(1/2) 12 janvier 2015, par Aimee James
Andy Bell : "Electric Blue"
(2/2) 30 novembre 2005, par thevogues




Andy Bell : "Electric blue"

12 janvier 2015, par Aimee James [retour au début des forums]

I like this album. This is really a nice collection of wonderful songs. - Flemings Ultimate Garage

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Andy Bell : "Electric Blue"

30 novembre 2005, par thevogues [retour au début des forums]

Andy Bell... Quelle activité !Membre d’ Erasure,auteur pour DM, guitariste/chanteur de Ride, bassiste d’Oasis et maintenat en solo ! Chapeau bas Monseigneur...

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