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Amy Winehouse : "Back to black" Highway to Hell lundi 5 novembre 2007, par |
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Amy Winehouse n’est plus la petite fiancée de l’angleterre. Celle qui, en 2003, débutait sa carrière à tout juste 20 ans avec son premier album, Frank, et obtenait un Mojo Award, est descendue sur la pente raide. Petite copine de la grande Albion, fille d’un chauffeur de taxi du nord de Londres, on la connaît désormais sous le pseudo d’Amy Wino. C’est bien triste, car Back to black est du grand art.
Beaucoup de chanteuses se sont essayées à la soul, au jazz, au blues en Angleterre, notamment Joss Stone. Cela semblait trop fabriqué, trop préparé, et surtout, trop peu intéressant. Quand Amy Winehouse est arrivée, avec sa voix grave et rauque, ses déhanchements de boîte de strip-tease du fin fond de Manchester et ses tatouages de marin, on a enfin obtenu ce qu’on voulait : de la sincérité. Back to black va bien plus loin que le jazz/blues à la Norah Jones : au lieu d’être une bande-son de publicité pour bougie parfumée senteur relaxante, Amy Winehouse ressuscite le jazz des boîtes nord-américaines des années 20 et 30 : entraînant, savant, illégal mais tellement jouissif, arrosé au whiskey et au gin, avec l’odeur des cigarettes roulées main qui collent à votre costume bon marché. Amy Winehouse réinvente le jazz et nous transporte dans un monde qui est bien le sien. Sa voix abîmée nous raconte des histoires d’adultère, de déception, de dépression, et de co-dépendance. La jeune femme n’avait que 23 ans lors de la sortie de l’album, l’an passé, mais elle transportait avec elle un visible bagage émotionnel. Le côté cathartique de la musique opère : la chanson jazz/pop, Tears dry on their own, est devenu un hit outre-Atlantique. Amy parle de déception amoureuse mieux que Dr. Phil, et orchestre la descente aux enfers de Back to black avec une langueur mélodieuse que l’on ’avait connu que dans la bouche de Doris Day. Amy la mal-aimée, la je-m’en-foutiste, la briseuse de couple, est la chanteuse de bar typique, au maquillage outrancier et aux coiffures ostentatoires. C’est une diva. La ballade soul Some unholy war est à se damner. Le rythme est lent, lourd, pesant et intriguant, envoûtant et irrésistible, comme des vapeurs d’opium. Amy Winehouse a trouvé son style, son public, et transforme la scène en boudoir jazz lors de ses concerts. Ce qui faisait sourire au départ chez la jeune Londonienne, à savoir son rapport à la marijuana - sur le titre Addicted, et surtout sur le méga hit, produit par le nouveau hypeux Mark Ronson, Rehab - fait désormais rire jaune. A une certaine époque, il y a plusieurs décennies de cela, cette attitude était la norme. C’était le punk. Désormais, on a du mal à trouver une justification pour des concerts annulés ou bâclés, un comportement irrespectueux et inexcusable lors des cérémonies de récompenses. Peut-être sommes-nous devenus trop politiquement corrects ? Ou peut-être avons-nous décidé de faire passer la musique avant le show... |
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Il y a 5 contribution(s) au forum. Amy Winehouse : "Back to black"
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