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aMute : "The sea horse limbo"
Capitaine Nemo

dimanche 29 octobre 2006, par Albin Wagener

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Le Belge Jérôme Deuson n’est pas un vieux de la vieille, mais il a déjà une solide expérience derrière lui : un premier album intitulé A hundred dry trees sorti il y a deux ans, un label qui prouve son ecléctisme et son professionalisme année après année (ayant notamment sorti le fabuleux Sound inside des Lyonnais d’Immune) et des concerts remarquables. Mais Jérôme a tout de même trouvé le temps de nous concocter cette admirable suite.

Alors premier point, trop rare pour être signalé : la pochette est simplement sublime. Sans rire. On a l’impression de se retrouver en face d’un véritable trésor : du fil rouge cousu ça et là, un dessin qui semble avoir été inventé spécialement pour nous, un délicat écrin cartonné qui nous permet d’apprécier encore plus amplement ce disque bruitiste et minimaliste. Un disque décomplexé réservé aux oreilles désireuses de se laisser envahir par un univers sans compromis et ontologiquement onirique, pourtant.

A vrai dire, le parallèle avec nos amis d’Immune est impossible à réaliser : aMute est bien différent. The floating boat ressemble à une comptine pour Sigur Ros, triturée par des guitares perdues et une voix féminine angélique et séduisante. Pour ceux qui ont été conquis par Fennesz ou l’épidermique Blemish de David Sylvian, vous trouverez ici votre lot d’émotions fortes. Vous l’aurez compris, on est en présence d’un génie réel, bien loin des frasques du petit monde musical belge nombriliste et étriqué. Ici, c’est d’Art dont il s’agit, messieurs.

Why do I run seasons so fast est positivement enchanteur : y a-t-il meilleure inspiration que de commencer son album par une musique qui paraît avoir été composée pour un film ? Plus loin, c’est Disco flags are all around you qui semble réinventer la musique dans ce qu’elle a de plus biologique. A plusieurs reprises, et notamment au sein de l’automnal et libre Sea horse, on a l’impression de se retrouver au coeur d’une sorte de liquide amniotique musical, et on se surprend à avoir envie de se recroqueviller comme un foetus, plus proche de ce qui serait essentiel à notre survie, plus proche de nos origines et de notre raison d’être. Il y a quelque chose de profondément cellulaire dans cette musique, comme si le rythme qu’elle suivait était avant tout un rythme naturel, le rythme de la sève pompée par les plantes, le rythme des échanges entre organismes.

L’album se termine par le mélancolique (H)and in the sand, qui semble s’enfuir prestement par la petite porte, jalonné par des traitements électroniques en bonne et dûe forme, à la fois discret et présent, majestueux comme un oiseau rare et splendide comme une forêt qui s’éveille et laisse ses créatures s’étirer à travers les premiers rayons du soleil. Rarement une musique aura atteint un tel stade d’inspiration et de rayonnement. Alors bien sûr, dire qu’aMute constitue une musique très accessible, ce serait vous mentir. A vous de voir si vous préférez la finesse dénuée de tous préjugés au potage préformaté pour radios. Mais c’est sûr : on tient ici le Snow borne sorrow de 2006.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

aMute : "The sea horse limbo"
(1/1) 25 décembre 2014, par RubyJane




aMute : "The sea horse limbo"

25 décembre 2014, par RubyJane [retour au début des forums]

I agree with this review. His album were all hit back then. - Paramount Song

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