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Alice Cooper : "Dirty diamonds"
Les diamants sont éternels

lundi 12 septembre 2005, par Marc Lenglet

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Non, Alice ne reviendra pas au hard-FM des années 80, pas davantage qu’au metal brûlant de la fin des années 90. Depuis le récent - et sympathique - The eyes of Alice Cooper, le vieux shock-rocker semble se replonger avec délectation dans ses souvenirs de jeunesse.

L’album débute de facture classique, avec une poignée de titres qui fleurent bon le rock séminal qui sévissait vers la fin des années 60 : encore fortement inspiré du rythm&blues et des musiques noires, mais s’en démarquant déjà par un côté plus tranchant et incisif. Sur des titres comme Perfect ou You make me wanna, on pense directement à quelques unes des plus fameuses compositions des Rolling Stones, sans impression de plagiat mais truffé de clins d’œil des plus réjouissants. Cette impression perdurera tout au long de l’album, d’autant plus qu’au regard de sa longue carrière, Alice Cooper ne manque toujours pas d’imagination pour torcher en deux coups de cuillère à pot des chansons carrées et sans fioritures (Woman of mass destruction, Steal that car).

Alice Cooper prend aujourd’hui clairement son pied à retrouver les bottes de ses jeunes années : un rock caustique et acide, qui emprunte autant à la pop qu’au punk naissant, qui semble aussi opportun sur la scène d’un cabaret qu’au fond d’un garage. A ce titre, mention spéciale à l’excellente chanson-titre, qui pioche dans des registres variés et propose un refrain en béton armé plaqué sur des effets dignes d’un vieux James Bond des années 70. On regrettera néanmoins l’insignifiance des balades. Si Alice, pas vraiment expert en la matière, avait su par le passé rendre supportables certaines de ses compositions les plus alanguies, les trois spécimens présents sur ce nouvel album (Pretty ballerina, Zombie dance et Six hours) souffrent d’une désespérante absence d’intérêt. On n’atteint pas tout à fait la lamentable nullité d’It’s me mais ce n’est clairement pas pour ces scies insipides que l’on s’attardera sur Dirty diamonds.

Abordons maintenant la facette la plus étonnante de cet album, celle qui ne laissera personne indifférente et qu’on ne s’attendait pas à trouver sur un disque de ce style, encore moins signé par Alice Cooper. Passe encore qu’Alice décide de singer un pistolero texan sur l’étrange The saga of Jesse Jane, mais Stand voit le vieux croque-mitaine s’engager dans un duo inattendu avec le rappeur X-Zibit, tandis que Run down the devil, avec son côté surproduit et bourré d’effets spéciaux, fait songer aux profanations sonores que de sadiques requins de studio concoctent à l’usage des poupées siliconées élevées en batterie par les chaînes musicales, histoire de donner une raison d’exister « artistique » à ce grand déballage de chair fraîche. A la limite, Toxic était plus metal que ce dernier titre, et ce n’est pas peu dire. On aurait aimé pouvoir cracher du venin, soupçonner le grand père du rock de jeunisme sénile... Sauf que dans le premier cas, le duo fonctionne plutôt bien, à l’instar des meilleures expériences du genre. Et que pour le second titre, ben... c’est pas très brillant, autant pour la méthode que pour la chanson, mais que, pour peu qu’on soit d’humeur enjouée, on se laisse prendre au jeu. On finit même par lui trouver un petit côté vicieusement accrocheur, à cette saleté préformatée. A écouter donc, mais en cachette au fond de son grenier, histoire qu’il ne prenne pas la fantaisie aux gardiens du bon goût d’émettre une fatwa pour blasphème aux valeurs rock.

Dans la droite lignée de son album précédent, Alice Cooper signe ici un album correct, à la variété et à l’originalité très appréciable, mais que son relatif manque de morceaux réellement détonnants ne risque pas de rendre indispensable. A réserver en priorité aux fans du vieux sorcier.



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Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Alice Cooper : "Dirty diamonds"
(1/1) 20 août 2007, par Tony




Alice Cooper : "Dirty diamonds"

20 août 2007, par Tony [retour au début des forums]

Très bonne chronique. Alice a marqué à jamais le rock et encore aujourd’hui il continue d’enregistrer des albums très corrects et de tourner avec une énergie et un enthousiasme que lui envieraient presque beaucoup de ses congénères rescapés des 70’s. Actuellement il travaille sur son prochain album studio, un double album vraisemblablement (une première pour Alice). Vive le Coop !

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