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Aegis Integer : "Sandtimer"
A l’heure où s’égraine le sable...

mercredi 19 mars 2008, par Geoffroy Bodart

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Aegis Integer est un jeune trio californien qui a sorti en septembre 2007 son premier album, dans une veine progressive ô combien casse-gueule : plus rêche que le néo-prog classique, mais sans jamais virer vers un metal-prog qui semble vivre ses derniers soubresauts artistiques avant de virer au fonctionnariat musical. Il en ressort un album intéressant (c’est un compliment dans le milieu prog), prometteur, mais déforcé par une production très faible.

Parce que s’il y a bien un genre auquel une production punk ou une production de faible niveau ne sied point, c’est bien le progressif, qui a besoin que son emphase soit soulignée, que ses brusques écarts et changements de rythme soient rendus avec justesse, précision et clarté. Ecouter de bonnes chansons mal produites, c’est comme essayer de lire un livre écrit avec des caractères trop petits ou essayer de regarder un film enregistré sur son GSM : on passe tellement de temps à essayer de décrypter ce qu’on voit qu’on en oublie de profiter du contenu. Ce n’est évidemment pas si grave dans le cas présent, et on perçoit bien chaque instrument et chaque mélodie. Mais l’album souffre surtout d’un cruel manque d’ampleur. Ses passages plus heavy ne grondent pas comme ils le devraient, le chant n’est parfois pas assez mis en avant, etc. La faute en revient assurément plus à un manque de moyens qu’à une incompétence ou un désintérêt quelconque, ce qui fait qu’on est plus désolé qu’en colère.

Et on est d’autant plus désolé que la qualité des compositions est bien là. Affirmant d’emblée un style qui ne les rattache pas à une mouvance trop étriquée, le groupe enfile non-stop des passages incroyablement évocateurs, des riffs porteurs, des lignes de basses envoutantes, des mélodies enchanteresses, sans jamais, pour autant, perdre l’auditeur en chemin. Bien que très riches et peu avares en breaks et changements de phases, chaque chanson possède une identité forte et marquée.

Les musiciens sont également à la hauteur de leurs ambitions et, sans vouloir épater la galerie, usent de leur talent sans modération, et sans jamais oublier que le feeling est plus important que le nombre de notes alignées à la seconde. Seul le chanteur fait parfois montre de quelques limites.

On espère franchement que ce premier album permettra au groupe de se faire remarquer et d’enregistrer par la suite un disque qui lui permette de déployer toute son audace, tout son talent, et d’entraîner à sa suite une horde d’auditeurs désireux de se perdre dans un univers musical qui ne demande qu’à être exploré. Parce que ces trois-là en ont dans le ventre. Ca se sent...



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Geoffroy Bodart