|
|
Tim Finn : "Imaginary kingdom" Le village dans les nuages lundi 26 mars 2007, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Tim Finn, c’est le frère de Neil Finn. Mais si, vous connaissez. Vous avez sans doute eu l’occasion de jeter une oreille distraite à Everyone is here des Finn Brothers, ou tout simplement à l’ample et richissime discographie des Crowded House (Don’t dream it’s over ou Weather with you, ça doit probablement vous sonner une cloche). Et bien Tim, c’est le plus vieux, celui qui cache ses humeurs néo-zélandaises derrière de longs cheveux blancs et une belle barbe poivre et sel.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Tim Finn ne s’embarasse pas de détails et que sa pop/folk se délecte à tourner autour des traditionnelles trois minutes sans nécessairement chercher à en rajouter pour faire monter la sauce. Non, ici on se concentre sur l’essentiel, on reste sur les musiques sincères et les paroles nonchalantes, on campe sur les sensations humaines que Tim tente de faire passer à travers de magnifiques univers auditifs comme Winter lights (qui a dû se retrouver sur la bande originale du film Narnia, si je ne me trompe pas) ou encore Salt to the sea et son sublime piano nuageux. Tim Finn cherche à faire une pop douce et sans aucune prétention, et il le fait véritablement bien, sans avoir besoin de se vautrer dans des artifices synthétiques ou une production mal à propos. Plusieurs fois, on se retrouve avec cordes et guitares, drapant ainsi de somptueux bouts de vie, comme sur Midnight coma et ses accords extrêmement sixties (je mets quiconque au défi de ne pas penser aux Beatles) ou aussi l’enjoué So precious. Mais malheureusement, plus je parle de cet album, plus je me rends compte qu’il n’a rien d’extraordinaire à offrir, malgré une pop tout à fait honorable et des morceaux qui transpirent l’honnêteté et le plaisir. Est-ce que ça suffit pour faire un bon album ? I wish. Mais ce n’est pas toujours le cas : ça dépend du musicien, du talent, de l’originalité des compositions, de l’alchimie générale du bidule, et de tout un tas d’autres paramètres subjectifs qu’il m’est difficile de nommer ici-bas. En fait, si je compare à Everyone is here, la perle des Finn Brothers, je me rends tout simplement compte que les Finn s’en tirent mieux lorsqu’ils sont ensemble que lorsqu’ils tentent l’aventure en solitaire, loins l’un de l’autre, comme deux vieux marins usés par les vents et creusés par les années qui auraient bien du mal à dompter la mer musicale déchaînée. Je les préférais avec Crowded House ou même Split Enz, mais force est de constater que mis à part quelques bons morceaux (sur cet album, Unsinkable remporte très certainement la palme), Imaginary kingdom ne parvient pas à devenir autre chose qu’un humble et respectable album de pop-folk sans aucune autre envergure. Seuls les fans et les collectionneurs se jetteront dessus, les autres passeront leur chemin sans aucune autre forme de procès - et d’une certaine manière, ils auront sans doute raison. |
|||
|
|