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Graham Coxon : "Love travels at illegal speeds" La binocle éclectique lundi 19 février 2007, par |
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Musicien unanimement reconnu outre-Manche, Graham Coxon jouit toujours sur le continent du statut peu enviable de "guitariste binoclard de Blur", et ce malgré six albums en solo. Le dernier né, Love travels at illegal speeds, ne devrait malheureusement pas changer la donne, tant l’aura créative de Damon Albarn, le charismatique ex-leader de la formation, attire encore aujourd’hui les médias à coup de supergroupe gonflé aux mythes punk.
Ce dernier l’admet pourtant publiquement : sans la maîtrise technique de son prétendu sous-fifre, Blur n’est rien. Insensible à cette objective flatterie, Coxon, fort d’un succès individuel récent en Angleterre, a plusieurs fois refusé de réintégrer le quatuor novateur, même si des rumeurs persistantes l’annoncent partant pour un hypothétique nouvel opus. Cette brouille persistante entre le guitariste et le chanteur, source d’amers regrets pour Albarn, les a menés depuis leur séparation sur des chemins radicalement divergents. Loin des marionnettes de Gorillaz et de The Good, The Bad & The Queen, le plus discret des deux a brillamment perpétué l’âme même de son ancien groupe avec sa britpop entraînante et ses guitares impeccables, tout en prenant des risques bienvenus au fil de quelques incursions punks teigneuses parfois même proches des Sex Pistols. Un bonheur pour les fans des années 90, un peu laissés pour compte dans l’opposition actuelle entre le rock garage et la pop morose. Nonobstant une voix au bord du déraillement et un début franchement poussif durant les deux premiers titres, Love travels at illegal speeds embraye très vite sur des airs accrocheurs et dynamiques avec l’adultérin Don’t let your man know. Ce déchaînement se poursuit avec les martelés I don’t wanna go out et Gimme some love, qui dénonce une solitude insupportable dans la simplicité punk de trois accords. Toujours fidèle à ses vieilles amours, Graham Coxon nous offre également You & I, pur chef-d’œuvre britpop servi par un chant désinvolte et amusé. Cependant, la véritable force de cet opus réside dans ses magnifiques et mélancoliques ballades, proches du parfait This is a low de Blur. Le poétique Just a state of mind révèle une sérénité retrouvée après quelques années difficiles, alors que le final See a better day, romantique à souhait, narre gracieusement une passion dévorante. Visiblement mis en confiance par de telles réussites, l’homme aux lunettes se permet même une incursion dans la pop sucrée des 60’s durant What’s he got ?, plainte pétillante d’un homme délaissé pour plus beau que lui. Moins dépressif que ses grands frères, cet album ne se contente pas d’une jolie jaquette dessinée par son compositeur : il laisse éclater un éclectisme et une spontanéité mature. A biberonner attentivement pour tout jeune rockeur en devenir. |
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