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And One : "Aggressor" Le soulèvement des machines vendredi 4 février 2005, par |
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Héritiers autoproclamés de Depeche Mode et Nitzer Ebb, And One est le genre de formation qui ne met personne d’accord. Tour à tour considéré comme une farce grotesque ou un bastion imprenable des musiques électroniques, And One n’en reste pas moins extrêmement populaire du Rhin jusqu’à l’Oural. Si en France, seuls peu d’initiés avides de marcels tachés de sueur savent apprécier la musique de ce groupe allemand, il se trouve qu’en Russie, And One est le deuxième plus gros vendeur d’electro-pop derrière... Depeche Mode. Et tout ça en allemand.
Emmenée par le fringant Steve Naghavi, seul capitaine du navire, la formation n’a plus rien à apprendre de ses aînés D.A.F. ou Front 242. Cela fait maintenant 14 ans qu’ils ont entamé leur grand voyage dans la pop industrielle avec un Anguish qui soulevait déjà pas mal de questions à l’époque. Aggressor, leur dernier album en date, sorti en 2003, est l’équivalent du dernier Killing Joke (voir ici), toutes proportions gardées : un véritable cri de guerre. And One possède une conscience politique mondiale, et cela est probablement dû au fait que Naghavi lui-même soit d’origine iranienne, ses parents s’étant installés en Allemagne après la chute du Shah. Qu’à cela ne tienne : il reste beaucoup de choses à dire sur And One. Premièrement, tout comme Type O Negative dans le metal, And One utilise abondamment le second degré. Naghavi est quelqu’un de facétieux qui possède un certain esprit punk - leurs concerts restent mémorables, soit en bien, soit en mal : il est en effet fréquent que Steve entre en scène avec quelques grammes d’alcool dans le sang. Si la musique d’And One peut nous paraître trop alternative pour être écoutable - et quand je dis alternative, j’aurais dû dire "barrée" -, ils sont pourtant signés chez une major en Allemagne, sûrement parce que sur tout album d’And One, entre les différentes attaques de basses synthétiques et les beats sonnants et trébuchants, se cachent toujours deux ou trois petites perles plus sages qui méritent même de sortir en single. Toutefois, au niveau des sonorités, And One reste toujours quelque part entre les bruits industriels du Construction Time Again de Depeche Mode et les assauts analogiques d’un Nitzer Ebb. Steve Naghavi va même jusqu’à imiter la coiffure de Dave Gahan, façon clip de Master and servant, et ce depuis les débuts de And One. Ce qui peut nous apparaître comme une espèce de mascarade parodique ne choque pourtant personne dès que l’on passe une certaine limite géographique européenne. Mais alors, quid de ce dernier album ? Forts des événements mondiaux de 2003, Naghavi se lance tour à tour dans la description amère du conflit israélo-palestinien (Fehlschlag) ou dans une critique acérée de la politique américaine (Strafbomber, véritable bombe - sans jeu de mots - taillée sur mesure pour les dancefloors EBM). Si les thèmes restent donc en rapport avec la guerre et l’incertitude du monde géopolitique, les sonorités synthétiques se chargent également de faire ressortir cette atmosphère. Quoiqu’il arrive, And One a toujours quelque chose à dire. A la manière d’un KMFDM, mais sans guitares, Naghavi s’attaque à la dévotion idiote dans Für immer et à l’industrie du disque (tant qu’à faire) dans Sternradio. Le seul morceau radiophonique et d’ailleurs sorti en single est le désabusé mais touchant Krieger, qui tente de dépeindre un amour combatif, envers et contre tous. Comme le nom de l’album l’indique, l’heure est pour And One à la prise de conscience - on n’avait plus vu ça chez eux à ce point depuis leur chef-d’œuvre absolu de 1994, j’ai nommé I.S.T.. Chaque morceau de Aggressor semble avoir une mission particulière : Fernsehapparat vilipende notre addiction à la petite lucarne, Speicherbar met à terre notre passivité. Si tous ces titres sont encadrés par deux instrumentaux permettant de commencer et de finir l’album, la dernière chanson en tant que telle, Tote Tulpen, est la preuve que Naghavi sait encore écrire des textes drôles - les plus hilarants de sa carrière étant Pimmelmann et Klaus -, et que le rire reste également une bonne arme. Je ne peux également pas me permettre de passer sur Schwarz, première chanson de l’album, tubesque. And One est toujours là et continue encore et toujours à produire une musique et des ambiances que plus personne n’ose faire depuis 1989, tout en restant pourtant incroyablement intègre et fidèle à ses identités musicales. Si les sons sont clairement industriels, tout reste ici moderne et incroyablement motivant. L’album en vaut la chandelle, rien que pour Strafbomber. Si les Etats-Unis rentrent en guerre avec l’Iran, je suis curieux d’entendre le prochain And One - pour Aggressor déjà, Naghavi avait refusé d’écrire la moindre chanson en anglais, pour lui "langue de l’ennemi", alors que par le passé, And One l’utilisait abondamment. Le chanteur, pas en reste d’une provocation de plus, a d’ailleurs filmé pour son site une parodie de prise d’otage du groupe entier. Sur Aggressor, la formation remet les points sur les i à une époque ou Wolfsheim et De/Vision semblent se perdre en productions hasardeusement bien-pensantes et corrompues. C’est écrit dans la pochette : « vielleicht i.s.t. es so, daß wir die einzigen bleiben ! » - peut-être sont-ils les derniers ! |
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Il y a 7 contribution(s) au forum. And One : "Aggressor"
(1/4) 28 décembre 2006 > And One : "Aggressor"
(2/4) 8 juillet 2005, par preacher > And One : "Aggressor"
(3/4) 5 février 2005, par Kao Line > And One : "Aggressor"
(4/4) 4 février 2005, par bigmat |
> And One : "Aggressor" 27 avril 2009, par SKYPEPARASITE [retour au début des forums]
GLAUCHAU EST 1 MYTHE !!
> And One : "Aggressor" 10 février 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums]
De/Vision n’a pas fait que du mauvais, mais la production de leurs deux derniers albums n’égalera jamais un Fairyland ou un Monosex, malheureusement, à mon avis. Quant à Mesh, j’y reviendrai probablement un peu plus tard...
:)
> And One : "Aggressor" 14 mars 2009, par Slowdevil [retour au début des forums]
vous avez raison Kao Line, mais n’oubliez pas "your hands on my skin"...
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