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Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell" Knocking on Heaven’s door... mercredi 12 avril 2006, par , |
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Parce que deux avis valent mieux qu’un... Après un album sobrement intitulé Killing Joke sorti en 2003, on attendait la bande à Jaz au tournant. Autoproclamé meilleur groupe du monde, le combo britannique s’apprêtait soi-disant à réaliser l’album de sa carrière. Exit Dave Grohl, exit Andy Gill : on retrouve ici les ambiances résolument crades et brutales de tout ce qui fait la force et la puissance de Killing Joke. Après une première écoute plutôt déroutante, l’album se révèle être une véritable perle. Bon OK, pas une perle ; plutôt un brûlot brut fait de tourbe, de lave et d’autres substances encore moins ragoûtantes. Passée la surprise de la production plutôt rudimentaire et de la pochette éloquente, mais brouillonne, il se révèle effectivement que Killing Joke vient tout bonnement de réitérer l’exploit de Extremities, dirt and various repressed emotions. Il en résulte un album qui n’a plus rien d’un simple délire de rock industriel mécanique et ténébreux, mais qui se dérobe sous nos pas comme un sol en proie à des bouleversements telluriques pressants et apocalyptiques. Chaque titre est un champ de lave en fusion et de boue bouillante qui semble en proie à des forces dantesques et explosives. Si This tribal antidote possède la répétitivité de vaudou de leur vieil album Fire dances, le morceau éponyme (et single en puissance) de ce Hosannas from the basements of Hell franchit une limite au-delà de laquelle aucun morceau de l’album ne sera en mesure de revenir. Dans une rage délirante de guitares acérées, soutenues par l’incroyable jeu du nouveau batteur Benny Calvert, Implosion continue d’agir tel le marteau du forgeron Hadès dans un vacarme volcanique intense. Mais l’étoile noire de ce nouvel opus est sans doute le cosmique Walking with Gods, qui donne le ton d’entrée de jeu ("Fight by day, fuck by night / Prepare to die at any time"), alimenté par un Jaz Coleman en grande forme - d’après moi, il n’a jamais aussi bien chanté (bien que le verbe ne soit pas tout à fait approprié), d’une façon aussi gorgée et infernale. Walking with Gods s’apparente à une sorte de danse pour esprits infernaux, avec le petit clap qui vient soutenir dans cette cérémonie tribale toutes les forces vives et moins vives de ce monde. Plus cérémonieux, Invocation (et son orchestre absolument invraisemblable) et le lancinant et douloureux Majestic nous emportent dans les tréfonds des mines de noirceur que Killing Joke semble avoir découvert là, d’un seul coup. Avec cet album, on dirait que jusqu’ici, la bande à Jaz ne faisait qu’aborder du bout des doigts ses thématiques, se gardant d’ouvrir la boîte de Pandore en libérant aussi violemment tous les fantômes et les sombres présages de notre univers. En fait, en neuf titres qui ne semblent jamais devoir stopper leur course vers les abîmes les plus insondables des limites de l’humanité et du monde terrestre, Jaz, Raven, Geordie et le jeune Ben parviennent à embarquer l’auditeur jusque dans les dimensions les plus malsaines et les plus terrifiantes (Judas goat), tout en gardant une capacité incroyable à faire sauter de détresse (The lightbringer) ou à faire rêver de la fin du monde (Gratitude). Pour une fois, on peut croire Jaz : voici le meilleur album du meilleur groupe du monde. En quelque sorte. A.W. Poncif n°1 : ce dizième album studio de Killing Joke est une baffe qui fait très mal, genre Vin Diesel à qui vous venez faire part de soupçons concernant son éventuelle homosexualité. Poncif n°2 : tous les albums de Killing Joke sont des baffes qui font mal, de la baffounette qui laisse néanmoins une vilaine trace cuisante au tabassage en règle dont on met du temps à se relever. Après avoir exposé les pré-requis relatifs à toute considération touchant à Killing Joke, nous pouvons aborder plus pragmatiquement le contenu réel de ce nouvel album. Au niveau des thématiques, on se retrouve en terrain connu : Jaz Coleman, le génial détraqué qui préside aux destinées de la Blague qui Tue, continue à éructer ses théories alternatives et mystiques sur la religion ou l’humanité d’une voix (mais est-ce vraiment une voix ?) à la limite perpétuelle de la défibrilation cardiaque, même si on repère néanmoins quelques séquences en chant clair plus conformes à ce qu’il pratiquait par le passé. Bien entendu, toutes ces incantations blasphématoires font preuve d’une brutalité intensive, d’une soif de destruction dévorante, d’un chaos infernal d’ou émerge pourtant un humanisme sincère et une volonté de penser l’univers autrement que par ce canevas officiel que plus personne de sensé ne songerait à remettre en cause. Globalement donc, Hosannas renferme tout ce qui fait que l’écoute d’un album de Killing Joke est toujours une expérience, au choix, traumatisante ou revigorante. J’émettrais néanmoins quelques légères critiques à ce tableau enchanteur, critiques qui empêchent pour moi le nouvel album d’accéder au rang de fer-de-lance de la discographie du groupe. Tout d’abord, certaines plages à rallonge Walking with Gods, The lightbringer semblent s’essoufler passées les cinq premières minutes, comme si la volonté de Jaz Coleman de ne jamais réduire la cadence rencontrait là ses limites. Ce n’est pas un drame en soi mais Killing Joke n’est jamais aussi pertinent que quand il retrouve la concision et le rythme hypnotique qui lui a valu sa réputation amplement méritée (le fantastique This tribal antidote, par exemple). Il n’empêche : la sublime emphase symphonique d’un Invocation rappelle que Jaz Coleman n’est pas seulement un fou furieux capable d’amener la musique à la pleine réalisation de son potentiel de destruction, mais également un artiste accompli, féru de musique classique et de sonorités exotiques. La seule réelle insatisfaction qui nuit terriblement à la portée d’Hosannas réside dans ses choix de production. Par rapport à la rigueur froide de l’excellent album Killing Joke sorti voici trois ans, Jaz Coleman a préféré porter son choix vers une texture beaucoup plus rugueuse, à la frontière des conditions live. En pratique, cela se traduit par un son proprement cradingue qui n’apporte pas grand-chose à l’impact des chansons et peut même aller jusqu’à dégrader certaines d’entre elles. Malgré ces légères déceptions, Killing Joke livre ici une œuvre plus conquérante, plus majestueuse que jamais. Il ne s’agit sans doute pas du meilleur album jamais proposé par ces Anglais hors-norme (sur son terme, Hosannas pêche parfois par excès d’ambition) mais d’une démonstration totalement convaincante qui prouve que non, décidément, Killing Joke ne fréquente pas la même stratosphère que ses rivaux... M.L |
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Il y a 8 contribution(s) au forum. Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell"
(1/4) 15 février 2007, par Q1Q1 Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell"
(2/4) 12 avril 2006, par Gours Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell"
(3/4) 12 avril 2006 Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell"
(4/4) 12 avril 2006, par Fab |
Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell" 13 avril 2006, par Fab [retour au début des forums] Et demain 14 avril au club "Petrol" à Anvers !
Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell" 12 avril 2006, par Albin Wagener [retour au début des forums] Elle est tirée d’une oeuvre d’un artiste apparemment assez allumé, mais l’intérieur de la pochette est vraiment assez significatif des sensations apocalyptiques délivrées par la musique de l’album...
Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell" 20 avril 2006, par christophe [retour au début des forums] "une vrai tuerie"....quand meme pas...l’album de 2003 était plus convaincant...donc je suis un peu décus.....par contre en live ca reste A VOIR ABSOLUMENT ! Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell" 25 avril 2006, par gin [retour au début des forums] Pour de vrai, je les ais vus hier soir a LYON, 16 ans après la tournée de "dirt, extremities..." En live c’est le must du must. et que dire de la présence de JAZ. A conseiller à 300%
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