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I Am X : "The alternative" Même joueur joue encore. Sauf qu’il joue mal. jeudi 5 octobre 2006, par |
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Malgré un nom prometteur, le deuxième album de Chris Corner ne parvient pas à relever le défi lancé par Kiss + swallow. Il faut dire que lancer un deuxième album à peine un an après le succès malheureusement assez mitigé du premier laissait présager d’une prise de risque qui, même si elle était fort audacieuse, ne pouvait pas forcément annoncer quelque chose de bon, ni pour Corner lui-même, ni pour nous, public avide.
En fait, Kiss + swallow avait l’avantage de nous présenter une musique étonnamment rafraîchissante, bien différente de ce que la nouvelle vague électronique nous proposait depuis quelques années. Certes, on sentait bien les influences de Chris Corner, mais elles étaient savamment dosées et transformées dans des titres accrocheurs et inventifs. Alors, où est passée la créativité de Corner ? Et bien elle est passée certes par ici, mais pas par là. Résultat, on se retrouve devant une mauvaise version du Bloodsport des Sneaker Pimps. Et puis pour être tout à fait franc, on trouve tout de même fort putassier de la part de Chris Corner de nous refourguer sans aucune honte deux anciennes chansons. Car oui, The alternative se permet de resucer nonchalamment This will make you love again, qui est certes un honnête morceau, mais qui était originellement destiné à revêtir le rôle du bonus track ou de B-side pour le premier album. Ajoutez à cela After every party I die, qui est à la base une face B des Sneaker Pimps, et vous comprendrez pourquoi la sauce ne prend pas. Ou plutôt, elle ne prend plus, car je trouve ça relativement malhonnête, pour un type aussi créatif que Chris Corner (qui accessoirement demande 3.000 euros par remix, ne l’oublions pas) de se permettre de réutiliser de vieux morceaux (sans beaucoup de modifications, qui plus est) pour un album qui est censé présenter de nouveaux titres. Evidemment, ceux qui ne connaissent pas la discographie du bonhomme, avec ou sans les Pimps, n’auront rien remarqué. Alors oui, sinon, mis à part cela, il y a de bonnes choses. L’éloquent President ouvre l’album avec majesté et savoir-faire, et les élucubrations acides du dantesque Nightlife ont de quoi remuer les popotins de toute la Wallonie (et uniquement la Wallonie, puisque même l’Allemagne n’en veut plus). Et puis, il y a les morceaux mous et déjà entendus, comme ce The negative sex en panne d’inspiration qui nous replonge dans les obsessions sexuelles de Corner, ou la rythmique de simili r’n’b de Bring me back a dog. Et il y a les morceaux de trip-hop à synthés, du genre S.H.E. ou encore Lulled by numbers. Comprenez que je n’ai rien contre le bonhomme, mais n’aurait-il pas mieux valu d’attendre deux, voire trois ans, pour attendre un nouvel album d’I Am X, plutôt que de nous présenter cette galette mal inspirée et suffisamment fourbe pour nous fournir deux vieux morceaux, l’air de rien ? Quand on sait qu’en plus, l’album Kiss + Swallow est près à sortir sous une nouvelle version, avec morceaux bonus (gageons même que This will make you love again fera partie de la nouvelle mouture), on se demande à quoi peut bien servir The alternative et sa pochette pour ninja accro aux jeux de Sega Megadrive. C’est tout simplement ce qu’on appelle un plantage en bonne et due forme. |
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