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Vivid : "Sundown to sunrise"
Passable

dimanche 1er janvier 2006, par Albin Wagener

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Ah ! Avec cet album, on peut se remémorer le bon vieux temps où Vivid était encore un bon groupe de rock aérien, avant que leur chanteur Thomas Hanreich ne précipite la formation vers une lente et inexorable mort, préférant s’essayer à une carrière solo en demi-teinte. Sundown to sunrise est le lumineux deuxième album du groupe de Stuttgart, paru à la toute fin des années 90, et qui nous ramène au bon vieux temps du rock d’il y a quelques années, qui pouvait se permettre de flirter subrepticement avec la pop ou avec les expérimentations les plus inattendues.

Si le premier morceau Nice day reste une jolie comptine pop avec cordes et guitares acoustiques, histoire de nous faire rentrer tout doucement dans le petit monde de Vivid, Kingdom underground remet les pendules à l’heure et nous rebascule vers un rock motorisé et ambitieux. C’est d’ailleurs une des principales qualités musicales de ces quatre garçons : les mélodies s’envolent toujours sur une rythmique bien ficelée et diaboliquement entraînante. Et c’est par ce biais que Sundown to sunrise parvient à se développer au fur et à mesure comme un testament à la fois énergique et spacieux, dans lequel l’auditeur peut à la fois prendre le temps de se laisser aller à ses rêveries, tout en étant capable d’en écumer les dancefloors. Une sorte de Pulp à l’allemande, en quelque sorte, mais avec souvent quelques relents de punk, comme sur Is ist worth it ?.

Sans autre forme de procès, Vivid enchaîne ainsi onze titres efficaces, toutefois peut-être un peu plus faciles que ceux de leur premier album Go ! - mais on s’en remet assez vite. On s’en remet assez vite, c’est vrai, mais on en vient parfois à regretter que cet album s’écoute aussi bien, et ce malgré les différentes touches expérimentales ajoutées ici et là : sur Dancing girl ou Whatever, on se surprend à s’imaginer un peu plus d’audace. C’est sans doute là le seul point faible de cet album honorable et sincère : on a l’impression que Hanreich et sa bande n’ont pas vraiment mouillé leur chemise pour confirmer les attentes suscitées par leur premier essai. Et si les morceaux y gagnent parfois en clarté et en oxygène, avec force cordes et guitares progressives, on se dit que, décidément, la production de ces titres aurait pu prendre une toute autre orientation.

Cette nuance mise à part, la sincérité de Vivid supplante bien vite l’impression d’inachevé que nous venons d’aborder. L’album se clôt notamment sur Music (mind expanding) qui résume à lui seul tout le concept mis en scène dans Sundown to sunrise : celui d’une nuit où les rencontres seraient tour à tour intimes, heureuses ou douloureuses, entre différentes personnalités venues de différents horizons. Music (mind expanding) est la définition même de ce que la musique offre aux auditeurs passionnés que nous sommes : la rêverie, les pensées, les tranches existentielles que notre cerveau développe en images lorsque nous écoutons toute forme de mélodie sonore. Un titre ambitieux, donc, mais dont l’ambition n’a d’égale que la réussite de sa transposition.

Précédé par le très (trop ?) radiophonique Off we go, qui se laisse un peu trop aller à la corruption pop, sans toutefois être une mauvaise chanson en soi, Sundown to sunrise reste sans aucun doute l’étoile la plus brillante dans la carrière trop courte de ce quatuor regretté et parfois méconnu. Pas un pas en arrière, ni un pas en avant, mais une consolidation des bases qui permet d’avoir une vision juste et très agréable de l’univers musical de cette formation allemande. Un véritable phare dans la nuit qu’allait subir Vivid en sortant Auto all quelques années plus tard, un dernier album sombre et torturé, à l’image des tensions qui finissaient d’achever le groupe.



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Albin Wagener