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Tom Petty & The Heartbreakers : "Into the great wide open"
Quand la musique est bonne… (comme chantait l’autre)

lundi 5 avril 2010, par Nathalie Lecoq

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Quand son père l’emmène à la chasse ou à la pêche, le petit Tom, c’est pas trop son truc… Et quand il se retrouve coincé sur un bateau à guetter le poisson une journée entière ou à dépecer l’oiseau que son père lui a fait tuer à coups de fusil, il fait la grimace. Par contre, lorsque son oncle l’emmène en 1961 sur le plateau du Shérif de ces dames et qu’il rencontre Elvis, c’est une vraie révélation musicale. Trois ans plus tard, il regarde un quatuor se démener sur l’écran de télévision et là, il sait qu’il veut faire partie d’un groupe. Il vient de voir les Beatles au Ed Sullivan Show. Et veut vraiment faire de la musique. Et il l’a fait. Même que papa Petty a fini par se faire à l’idée que le gamin ne sera jamais un as de la pêche ou de la chasse. Il lui a acheté une guitare en lieu et place de canne à pêche et/ou fusil. Il a finalement bien fait.

Début des seventies, Gainesville en Floride, Tom Petty fait déjà partie du groupe The Epics depuis un petit temps lorsque Tom Leadon, frangin de Bernie Leadon des Eagles, les rejoint. Déçus par le peu d’implication des autres membres du groupe, ils recrutent d’autres gars pour monter leur propre groupe, Mudcrutch. Lors de leurs débuts, ils saisiront toutes les opportunités possibles pour se faire connaître. Ils partageront même la scène avec Lynyrd Skynyrd. Par la suite, Mudcrutch va se déplacer en Californie mais finira par se séparer. Toutefois, certains des membres gardent une belle complicité et continuent leur bout de chemin ensemble en prenant le nom qu’on leur connaît aujourd’hui…

Les débuts sont pourtant difficiles : le premier album de Tom Petty & The Heartbreakers ne se vend pas très bien aux States. Il faudra que les Anglais s’en mêlent : lorsque leur album fait un tabac chez les rosbifs, les américains finissent par s’y intéresser… Compliqué tout ça… Leur troisième album Damn the torpedoes (1979) se vend comme des petits pains et est à ce jour triple album de platine. Et comme les maisons de disques ne perdent jamais le nord, ils veulent vendre l’album suivant un dollar plus cher que la norme de l’époque (qui était de 8.98$). Tom Petty est hors de lui et n’encaisse pas qu’on traite les fans ainsi… Du coup, il ne se prive pas pour le faire savoir et la presse finit par relayer l’information. Le groupe pense un moment ne pas livrer l’album ou encore le baptiser Eight ninety eight… Ils finiront par avoir raison de la maison de disques qui vendra l’album au prix habituel.

L’album Into the great wide open sort en juillet 91 et est produit par Petty, Campbell et un certain… Jeff Lynne. Jeff, qui avait rencontré Tom dans le cadre de sa participation au projet Traveling Wilburys, avait déjà produit l’album solo Full moon fever de Petty et le tandem voulait retravailler ensemble dans un autre contexte. Si Bob Dylan est un poète musical reconnu, Tom Petty n’est pas en reste question conteur d’histoires : Two gunslingers raconte l’histoire de deux pistoleros qui arrêtent les duels pour le bon plaisir de la population de la ville et démarrent une autre vie. De la même façon, la chanson-titre raconte l’histoire d’un jeune homme qui cherche la gloire. Il rencontre une jeune femme dans un salon de tatouage qui lui apprendra les rudiments de la guitare et une logeuse qui deviendra finalement son agent. Malheureusement, les choses vont vite se gâter lorsque le succès lui monte à la tête…

Dans la vidéo, on retrouve Johnny Depp, grand ami de Petty, dans le rôle de la star et la gardienne/agent n’est autre que Faye Dunaway. Ils se retrouveront d’ailleurs deux ans plus tard sur le tournage du délirant Arizona Dream d’Emir Kusturica. Mais ce n’est pas tout question guest… à la toute fin de la vidéo, on voit un jeune homme en train de se faire faire un tatouage. On l’entrevoit à peine mais trois ans plus tard, il entrera dans la peau d’un sympathique idiot que ses amis Chandler, Monica, Rachel, Phoebe et Ross devront souvent guider dans la vie. Et oui, il s’agit bien de Matt LeBlanc de la série Friends… Ah oui, juste pour info aussi : si Tom Petty joue le narrateur, il a aussi deux autres rôles dans la vidéo. Celui de Bart le roadie mais également celui du journaliste qui interviewe ‘Johnny’… Une dernière anecdote… Jetez un coup d’œil sur les noms de groupes sur les charts qui apparaissent en transparence ? Tom Petty & The Heartbreakers et… Lynyrd Skynyrd.

Que dire de ce disque ? Tom Petty n’est pas connu pour être un chanteur à la voix extraordinaire. Par contre, elle reste facilement identifiable. Toujours un peu traînante, au point qu’on a parfois l’impression qu’il va se rater au démarrage du couplet suivant. Mais non… car le coco connaît sa machine. Sa musique, elle lui colle à la peau. Et elle aussi, elle reste identifiable. Car Petty est un sacrément bon virtuose. Et évidemment, s’il a à ses côtés une bande de musiciens qui sont loin d’être des manches, ça ne peut que bien se passer.

Un pote m’a un jour dit que cet album était vachement commercial. Pour le coup, je ne lui donne pas tort et je me demande si ce ne serait pas dû au « son » général du disque. En même temps, il faut toujours garder à l’esprit que l’acolyte de Petty sur cet opus s’appelle Jeff Lynne et que ce dernier est un des membres fondateurs d’Electric Light Orchestra, groupe (à moitié) responsable du kitchissime Xanadu avec Olivia Newton-John. Donc quelque part, ce n’est jamais qu’une demi-surprise de trouver un ton commercial sur Into the great wide open.

Si je réécoute régulièrement cet album, c’est parce qu’il m’a fait découvrir Tom Petty et ses Heartbreakers mais aussi parce que, même presque vingt ans après sa sortie, il n’a pas vraiment vieilli. Les chansons de Petty passent à travers le temps avec une aisance défiant toute concurrence sans réelle obligation d’adaptation comme celle dont Madonna a dû faire preuve au cours des trente dernières années.

Après huit ans d’absence, le groupe va sortir dans les prochaines semaines un nouvel album intitulé Mojo. Le morceau Good Enough est déjà disponible en écoute sur le site officiel du groupe : c’est un sacré morceau de blues qui met en appétit et donne envie de passer au plat principal. Si vous vous déplacez aux States l’été prochain, c’est peut-être également l’occasion de voir la bande jouer ses nouveaux morceaux puisqu’ils partent en ballade sur les routes américaines. Et pas seuls. Ils emmènent sur certaines dates Joe Cocker, Crosby, Stills & Nash ou encore Buddy Guy, guitariste blues pote d’Eric Clapton.

Bon allez là-dessus, je m’en vais voir si je ne pourrais pas me trouver le documentaire Runnin’ down a dream de Peter Bogdanovich. La version quatre disques, histoire d’en prendre plein les mirettes. Et les oreilles.



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Nathalie Lecoq





Il y a 57 contribution(s) au forum.

Tom Petty & The Heartbreakers : "Into the great wide open"
(1/1) 5 avril 2010, par Raph




Tom Petty & The Heartbreakers : "Into the great wide open"

5 avril 2010, par Raph [retour au début des forums]

100% d’accord. Je ne sais pas par quel miracle ce disque évite le coté lassant du blues et la guimauve américaine type Eagles, ne se démode pas comme la pop, n’est pas pénible comme la country, et pourtant en mélangeant tout ça... Miracle ca tient !

Quand je l’écoute je suis Américain :-)

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