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Tin Machine : "Tin Machine II"
You belong to Rock and Roll !

lundi 19 janvier 2009, par Mathieu, mélomane

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Tin Machine a ses détracteurs. En 2007, Nick Cave, énervé par la énième comparaison entre Grinderman et Tin Machine, a répliqué à un journaliste qu’il ne voyait pas en quoi son nouveau groupe pouvait être comparé à "une mare d’incompétence". Relisez sinon la chronique du premier Tin Machine sur Pop-Rock, c’est dur de faire plus négatif. Et pourtant...

Et pourtant, Tin Machine a ses fans. Bowie, lors de la promo d’Outside, a laissé entendre que ce n’était pas un hasard si Pearl Jam avait fait des pieds et des mains pour que Tim Palmer, co-producteur des deux albums studios de Tin Machine, travaille sur l’enregistrement de Ten, leur premier album. Reeves Gabrels, guitariste de Tin Machine et collaborateur de Bowie jusqu’à la fin des années 90, se rappelle avoir vu une liste des meilleures ventes de Bowie à l’époque où ils travaillaient sur Earthling : Let’s dance était en première position et le premier Tin Machine... en cinquième place !

En ce qui me concerne, le meilleur album de David Bowie est le premier Tin Machine. Son principal défaut est d’être sorti au moins deux ans trop tôt (en 1989). Je l’écoute depuis presque vingt ans et je ne m’en lasse toujours pas, bien que je le connaisse par cœur. Reeves Gabrels peut non seulement aisément supporter la comparaison avec Mick Ronson, Carlos Alomar, Ricky Gardiner ou Robert Fripp (collaborateur de Bowie sur Heroes en 1977), mais en plus, il pourrait remplacer Adrian Belew au pied levé chez King Crimson. Tony et Hunt Sales, les frères constituant la section rythmique, confirment tout le bien qu’on pensait d’eux depuis le survolté Lust for Life d’Iggy Pop.

Quant à Bowie, après Labyrinth, Never Let Me down et autres Absolute Beginners, il vient de redécouvrir qu’il est un chanteur de rock et habite littéralement tous les morceaux avec la hargne du jeune débutant qui a tout à prouver et malgré cela, l’expérience du routard qui n’a plus rien à démontrer.

Qu’en est-il de ce deuxième album ? Est-il mauvais, celui-là ? Après tout, lors de la grande opération de remastering du back-catalogue de Bowie en 1999, il a été élégamment oublié, non ? L’aliénant live Oy vey Baby sorti six mois plus tard a d’ailleurs partagé le même sort. Et bien non, il n’est pas mauvais.

Tin Machine, dont le souci n’est clairement pas le timing commercial, est passé à autre chose, et, cette fois-ci, ils ne sont pas en avance sur leur temps, ni en symbiose avec leur époque, d’ailleurs. Au moment où toute la vague grunge force la porte du mainstream avec un rock à l’esprit garage et sauvage, au moment où l’underground américain de la fin des années 80 se trouve, un peu surpris, à remplir les stades précédemment occupés exclusivement par les fans de Dire Straits, Eurythmics et autres superstars, Tin Machine sort un album de rock poli, un peu inhibé par rapport à leur premier opus.

Heureusement, les mélodies catchy sont au rendez-vous ! Reeves Gabrels est en pleine forme et Bowie nous fait même l’honneur de déposer personnellement par-ci par-là quelques nappes de saxophone ! Baby Universal, You can’t Talk et Shopping for Girls ont peine à quitter ma tête depuis que je réécoute le disque pour les besoins de cette chronique. Betty Wrong est un morceau midtempo bien foutu avec un Bowie en belle forme vocale. You Belong to Rock’N’Roll est un single atypique, percutant et hypnotique qui, d’après un témoin présent ce soir d’octobre 1991, à la fin d’un concert pas trop réussi à l’Ancienne Belgique, a eu l’effet d’un électrochoc sur l’audience.

Mais il a tout de même des défauts, ce disque. Stateside, par exemple, est un morceau certainement plaisant, bien exécuté, mais qui ne brille pas par son originalité, tout comme Sorry. Ces deux morceaux ont d’ailleurs été co-composés par Hunt Sales, qui prend également en charge le chant, pour un résultat honorable.

En conclusion, Tin Machine II est un album plus qu’intéressant, sorti à un moment où tout le monde avait autre chose à écouter et à faire. Ni le nom de David Bowie, ni la machine promotionnelle n’ont pu changer cette donne. Il faudra attendre 1995 et Outside pour que David Bowie soit à nouveau perçu comme un artiste contemporain et pertinent. Et si les frères Sales retournent dans l’anonymat à la fin de l’aventure Tin Machine, Reeves Gabrels, lui, restera un compagnon de route et de studio de David Bowie jusqu’en 1999.



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Mathieu, mélomane





Il y a 97 contribution(s) au forum.

windows-treatments
(1/3) 9 juillet 2013, par windows-treatments
Tin Machine : "Tin Machine II"
(2/3) 19 janvier 2009, par Youki Smayess
Tin Machine : "Tin Machine II"
(3/3) 19 janvier 2009, par Jérôme




windows-treatments

9 juillet 2013, par windows-treatments [retour au début des forums]

This post is really incredible, one of the most helpful I have ever read, inded.
http://www.swagsgalore.com/window-t...

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Tin Machine : "Tin Machine II"

19 janvier 2009, par Youki Smayess [retour au début des forums]

Sans atteindre des sommets, la période "Tin Machine" représente un progrès notable en regard du trou sans fond creusé par les 3 albums précédents, qui avaient réussi l’exploit d’être encore plus creux que "Young Americans"...

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Tin Machine : "Tin Machine II"

19 janvier 2009, par Jérôme [retour au début des forums]
http://jerome.delvaux.net

Quel mauvais goût, ce mélomane. Pour peu, on croirait à une blague.

 ;-p

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    Tin Machine : "Tin Machine II"

    20 janvier 2009, par Nicolas Ker [retour au début des forums]


    "Tin Machine II" n’est pas à rougir, certainement meilleur que le naze "Labyrinth" ; et "You belong in rock’n’roll" est une bonne chanson. Mais bon, c’est clair qu’il n’a rien à voir avec le chef d’oeuvre de Bowie, le LP suivant, "Black Tie/White Noise" qui même s’il est à moitié dispensable demeure pour moi ce que Bowie a fait de mieux dans sa vie. Ce putain de son jet-set cocaïné traversant le vide intersidéral.

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    Tin Machine : "Tin Machine II"

    21 janvier 2009 [retour au début des forums]


    et toi Delvaux tu te mets bien à aimer duran duran, c’est pas mieux

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