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Therapy ? : "Troublegum"
Thérapie à la manière forte

vendredi 3 janvier 2003, par Jérôme Delvaux

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Un punk-rock bruyant et vicieux. De la rage, de la haine et de du désespoir. Ca c’est de la musique contestataire, bande de branleurs !

C’est en substance ce que disaient les critiques musicaux, en 1994, lors de la sortie de Troublegum, le deuxième album studio du trio irlandais. Déjà le dernier disque vraiment authentique et intègre des ces anti-U2.

Il faut reconnaître qu’ils y font du bruit. Le batteur Fyfe Ewing a dû avoir un grand-père pilote de bombardier dans la RAF. Si tel est bien le cas, pas de doute, il perpétue la tradition familiale derrière ses caisses. Michael McKeegan, quant à lui, torture les cordes de sa basse à s’en cisailler les doigts. Et puis il y Andrew J. Cairns, chanteur, guitariste, songwriter. Une bête ! Un monstre sur scène. Une gueule de star. En plus de sa voix grave et de son jeu de guitare percutant, c’est un parolier doué, plutôt du genre candidat au suicide. Ses textes sont d’une noirceur, d’un pessimisme, d’un glauque, à en faire froid dans le dos. Ses thèmes de prédilection sont la folie, la dépression, la solitude et la drogue. Bref on devine une personnalité de rock-star dérangée. Elément indispensable pour sortir un bon album de ce style ? C’est un cliché tenace, mais de leur propre aveux, le disque a été écrit et enregistré entre deux lignes de cocaïne.

Il est aussi beaucoup question d’alcool, et ce dès le premier titre, Knives, avec des paroles comme "I’m gonna get drunk, come around and fuck you up" (je vais me bourrer la gueule, me ramener et te baiser - poétique !) . Le morceau suivant, Screamager, est assez représentatif de l’humeur générale de l’album. Extrait : "With a face like that I won’t break any heart, and thinking like that I won’t make any friend" (avec une gueule comme ça je ne vais pas briser beaucoup de coeur et en pensant comme ça, je ne me ferai pas beaucoup d’amis - optimiste !). L’enchaînement avec Hellbelly est imparable et la phrase "I’m not afraid to die, I’m just scared of going to hell" (je n’ai pas peur de mourir, je crains juste d’aller en enfer) d’anthologie. Et puis il y a Isolation, incontournable reprise de Joy Division. Son interprétation est fidèle à l’originale, elle est juste encore plus musclée et accélérée.

Le single Nowhere fut un gros succès et son clip fut diffusé en heavy rotation sur MTV. Elément annonciateur de ce qui allait suivre, l’album Infernal love et ses titres commerciaux, lourdement formatés, à l’image du single Diane. Le début de la fin. Avec en prime, un relooking par Anton Corbijn (qui a aussi sévit avec Metallica, à l’époque de Load et Reload). Puis le batteur s’en va, le trio devient un quatuor. Bref, rien ne va plus ! En clair, dans la musique punk-rock des années 90, comme dans la carrière de Therapy ?, il y a un avant et un après Troublegum.

Je vous laisse, je dois encore finir une bouteille de bourbon et me couper les veines.



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Jérôme Delvaux





Il y a 3 contribution(s) au forum.

> Therapy ? : "Troublegum"
(1/1) 12 novembre 2004




> Therapy ? : "Troublegum"

12 novembre 2004 [retour au début des forums]

tu te trompes jérôme, il y a un THERAPY ? avant Troublegum, pendant et après. C’est je crois l’évolution musicale. Le son change, les humeurs changent, la mâturité et les rencontrent peuvent te faire évoluer. Peut être que toi tu stagnes ?

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