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Spawn : "The album"
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jeudi 21 avril 2011, par Vincent Ouslati

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Les comics, les super-héros transformés en bonne conscience de l’Amérique triomphante pas si glorieuse que ça. Qui n’a jamais eu envie de se la jouer Batman dans la cour de récré, Spiderman grimpant sur les pétunias de la mamie, Superman à la rescousse de la gamine sexy qui vous électrise avec ses rails de chemin de fer en travers de la gueule. Ah, tendres années...

Alors que nous “subissons” depuis moult années un renouveau des apparitions au cinoche de ces stars de papier, j’en reviens ici à Spawn, personnage qui m’a souvent semblé un peu à part dans le monde de la bande-dessinée. D’une part, le créateur, Todd Mc Farlane est Canadien et non Américain comme nombre de ses collègues des grosses écuries Marvel, DC Comics, et autres machines à faire du héros encapuchonné. D’autre part, Spawn ne naît pas d’un accident nucléaire ou d’une piqure de mouche tsé-tsé. Après, ses péripéties ne seront pas reconnues comme des modèles du genre, on est bien d’accord...

Soldat parfait, soit con, obéissant et sans âme, il se verra pour cela recruté par l’Enfer dans le but de conquérir le royaume du Ciel. Là où l’auteur apporte une certaine originalité, c’est dans la vision nettement floue du Bien et du Mal. Car Al Simmons, le soldat converti en Spawn, le Commandant des troupes Infernales, se rend alors compte que Paradis et Enfer ne sont que les deux pôles d’un monde corrompu dont les intérêts sont similaires : soit se disputer l’âme des Hommes pour en faire des soldats en vue du Jugement Final.

Spawn choisira alors de se tirer du jeu et d’opter pour sa liberté. Le film de 1997 était plutôt respectueux de l’esprit du comic, mais c’est par le soundtrack que je souhaiterais revenir sur le personnage. Spawn est cette incarnation de deux mondes qui s’affrontent pour les mêmes objectifs, et le choix de la bande-son a intelligemment suivi cette épine dorsale. En allant créer des entités électro-metal parfois surprenantes, l’album qui en découlera est des plus intéressants. Entre les grosses pointures du métal tels que Metallica, Slayer, KoRn, Tom Morello, Incubus, Marilyn Manson, et les rois de la platine à la Prodigy, DJ Spooky, les Dust Brothers ou Moby, la guest-list est aguicheuse.

Dire que tout vaut le coup d’oreille serait exagéré, la greffe a parfois mal pris et les batârds neurasthéniques qui en résultent sont à enterrer illico au fond du jardin. Mais lorsque l’alchimie fonctionne, nous avons alors droit à de petites merveilles de métal/électro croustillantes. Et dans le rayon, on a droit d’entrée au puissant (Can’t you) Trip like I do de Filter associé à The Crystal Method, c’est détonnant, un peu sucré sur les bords, mais ô combien plaisant.

J’attendais beaucoup d’une association de Slayer avec Atari Teenage Riot, le résultat est mitigé, la puissance de feu de Slayer étant bien là, mais le tout sonne assez vaseux, et ne fait que dodeliner de la caboche alors que l’on s’attendrait à headbanguer comme un furieux. Plus sympathique est la fusion de la guitare de Tom Morello avec les samples de The Prodigy sur One man army, une parfaite cohésion entre le toucher de guitare si funky et jouissif de Morello, le chant rappé et ces beats simples et efficaces, une petite merveille qui ne jurerait aucunement sur un album de Rage Against The Machine. Même constat avec Incubus et DJ Gregboy qui offrent avec Familiar un titre étonnament calme aux consonances presque jazz fusion, un heureux décalage, confirmant de fait qu’Incubus a dépassé depuis longtemps le petit monde étriqué du neo-metal.

KoRn et les Dust Brothers ? Convaincant mais facile comme association, Orbital et Kirk Hammet à la gratte ? Nettement plus aventureux même si on a peine à y voir le bout d’une piste pour la suite de Metallica. Le vrai "tube" est encore à mettre au crédit de ce petit enfoiré de révérend. Manson, champion du single bidouillé qui tue, a réussi avec Long hard road out of Hell un sacré titre, efficace et malsain comme il sait les pondre avec la facilité qu’on lui connaît. Définitivement, ce morceau sort du lot tant il est imprégné du "style" Manson. L’accompagnement made in Sneaker Pimps se fait fort peu sentir, tant tout cela suinte la (bonne) chute de studio d’Holy wood ou d’Antichrist superstar.

Plus encore que le film qui, au bout du compte, s’est gentiment vautré au box-office, l’idée de départ de l’album annexe est autrement plus intéressante. Ces clonages entre le meilleur des deux mondes donne ainsi des résultats parfois très bons (The Prodigy/Tom Morello) ou pathétiques (la reprise de For whom the bell tolls par Metallica et DJ Spooky est à se crever les tympans). Mais les quelques petites surprises disséminées tout du long valent la peine d’une écoute même sommaire. Bien que très éloignés en définitive du monde bipolaire de Spawn, la démarche, même treize ans après, est à saluer.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Spawn : "The album"
(1/2) 24 octobre 2012, par redrain
Spawn : "The album"
(2/2) 21 avril 2011, par Kiki Underhill




Spawn : "The album"

24 octobre 2012, par redrain [retour au début des forums]

I love this album. I remember I first got it when the movie came out and I still listen to it.
jogos da barbie e da polly
jogos de menina on line

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Spawn : "The album"

21 avril 2011, par Kiki Underhill [retour au début des forums]

Super morceau pour Filter et crystal method ! Super clip également !

D’ailleurs, j’aimerai bien avoir vos avis sur les albums de Filter !

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