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Sarah McLachlan : "Solace"
Eveil en douceur

mardi 26 décembre 2006, par Clarisse de Saint-Ange

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La mythique fondatrice du Lilith Fair a connu une évolution qui lui a permis, lentement mais sûrement, de devenir l’une des songwritrices nord-américaines les plus respectées et les plus courtisées. Enfant adoptée au coeur des terres rudes de la Nouvelle-Ecosse, province canadienne coupée du reste du pays de par son statut insulaire, Sarah développe toutes les facettes de son talent dès l’apparition de ce deuxième album salutaire, en 1991.

Et pour cause, puisque cet album permet à la fois de mélanger des influences folkloriques très présentes (comme sur Drawn to the rhythm) et des exercices de style folk-pop des plus convaincants (voir notamment l’élégant Home). Ayant déménagé à Vancouver en Colombie britannique, la canadienne fournit un Solace qui lui permettra de sortir de l’anonymat respectable de Touch, qui lui avait pourtant permis de se faire remarquer dès 1988. Grâce à Solace, la chanteuse se fait entendre sur une scène canadienne de plus en plus florissante, notamment grâce à deux singles magnifiques : le très convaincant Into the fire, qui permet à Sarah McLachlan de rivaliser sans problème avec Tori Amos tout en adoptant un son très personnel, et aussi le classique The path of thorns (terms), jolie ballade typique de ce que la musique nord-américaine sait faire de plus raffiné et de plus sincère.

Pour autant, ce Solace ne se résume pas uniquement à un succès commercial salutaire : il est avant tout un album agréable et profondément humain, qui donne envie de se blottir dans les bras de l’être aimé, de fumer une cigarette en contemplant le paysage ou en buvant un thé, emmitouflé dans une couverture réchauffante. En d’autres termes, cet album parle avant tout aux plaisirs les plus élémentaires et les plus évidents de notre courte existence, et c’est bien avec cette grâce si caractéristique que la jolie Sarah nous présente des mélodies inspirées et poignantes. Le morceau le plus beau au sens littéral du terme est probablement Lost, qui permet d’ores et déjà d’annoncer la couleur de son quatrième album Surfacing, le plus vendu à ce jour.

Toujours soutenue par son compatriote Pierre Marchand, McLachlan n’hésite pas à utiliser les versants les plus ténébreux du folklore traditionnel canadien pour donner à ses compositions un cachet plus ethnique, qui pourrait parfois souffrir la comparaison avec Loreena McKennitt, voire (et je pèse mes mots) Dead Can Dance. Bien évidemment, l’univers de la songwritrice reste intact et dénué de toute corruption musicale. Pas d’effets vocaux superflus, pas de surproduction qui gâterait grandement la candeur des morceaux. Sarah McLachlan mise sur un équilibre fragile entre sincérité et sensibilité, comme sur l’épidermique Back door man.

La voix de Sarah fait frissonner et ses compositions constituent de magnifiques et touchants testaments d’une féminité assumée et défendue. Un véritable art de vivre que nous soumettent le troublant Mercy, nu et délivré de toute instrumentation superflue, ou encore le chuchotant I will not forget you, qui pourrait désarmer les coeurs les plus pétrifiés. Peut-être que ce Solace bénéficie de l’innocence et de l’intégrité des premiers albums, mais il se peut bien qu’il reste l’un des disques les plus révélateurs du courant Lilith Fair inaugré par la chanteuse, qui permet aux mâles, parfois lourdauds et gras, de découvrir avec pudeur la délicatesse de l’univers féminin.



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Clarisse de Saint-Ange





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Sarah McLachlan : "Solace"
(1/1) 27 janvier 2014, par Chris




Sarah McLachlan : "Solace"

27 janvier 2014, par Chris [retour au début des forums]

very intimate lines Grimaldi

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