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Roni Size/Reprazent : "New forms"
Du fluide organique

dimanche 2 mai 2004, par Laurent Bianchi

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Roni Size c’est la Drum & Bass, la vraie de vraie, l’unique. De la jungle aussi, tellement on se prend les pieds dans les lianes… Cet album, New Forms, est exceptionnel à plus d’un titre. On ne peut rester de marbre devant une telle dynamique archi bien produite et construite. Se servant de Reprazent, son collectif vocal, comme faire valoir, Roni Size a su populariser un type de musique réservé aux discothèques à d’autres fins, comme la simple écoute d’un disque de jazz.

Voilà, le mot est dit, et nombreux sont ceux qui hésitent à les classer dans cette catégorie jazz, car non seulement l’utilisation de certains instruments, comme la contrebasse ou le piano, est omniprésente, mais toute la construction sonore obéit aux règles du jazz. Brow Paper Bag illustre cette tendance on ne peut mieux.

Originaire de Bristol, comme pratiquement toute la mouvance Trip Hop (Massive Attack, Tricky, Portishead…), de parents jamaïcains, Roni Size se « familiarise » très vite avec les sound systems et le hip hop, tout en fréquentant assidûment les boîtes underground. Devenant très vite le pionnier du Drum & Bass avec DJ Krust (présent ici d’ailleurs) et créant son propre label (Full Cycle) pour la cause, il ne faudra plus très longtemps pour qu’il sorte son propre véritable album en 1997.

Ce disque est exceptionnel déjà, ne serait-ce que par son existence. Il est extrêmement rare de sortir un album en tant que tel dans ce milieu, et le pionnier du genre était le mieux placé pour le faire. Mais une des choses qui frappent le plus l’auditeur, c’est ce martèlement des percussions qui devient très vite addictif, sans parler de cette basse tonitruante, vibrante, ronde, que l’on sent jusque dans ses tripes (Let’s get it on en est un bel exemple). N’allez pas croire que tout est sous assistance, artificiel, il y a aussi un vrai batteur, Clive Deamer, qui sera aussi celui de Portishead. A partir du titre éponyme, on se trouve dans une dimension Drum & Bass proche de Massive Attack. J’entends par là l’utilisation qui est faite d’apports féminins (très soul jazzy d’un côté, avec Onalee, et, bien sûr, très rap de l’autre avec Bahamadia), qui enrobe la dureté des beats pour faire ressortir un tout organique et fluide. Heroes préfigure ce que pas mal de gens feront par après, comme St Germain.

L’électronique n’est bien entendu pas oubliée pour autant. Digital semble couler de source, dans un méli-mélo qui fluidifie l’espace-temps. De Nouvelles Formes quoi ! Et Beatbox est un bel hommage ostentatoire rendu au Boing Boom Tschak de Kraftwerk, sans qui tout ça n’aurait pas été possible.

Seuls LTJ Bukem et Goldie arriveront à la cheville de Roni Size dans le Drum & Bass « populaire ». Il recevra pour cet album le Prix Mercury et pourra ensuite se targuer de pouvoir amener à lui Zach de la Rocha des Rage Against The Machine ou le rappeur Method Man au vu de collaborations fructueuses. Des rumeurs prêtent d’ailleurs au premier le désir de sortir un album solo Drum & Bass… Roni Size permettra aussi à d’autres groupes talentueux d’émerger : Red Snapper ou Lamb, par exemple.



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Laurent Bianchi





Il y a 1 contribution(s) au forum.

> Roni Size/Reprazent : "New forms"
(1/1) 30 mai 2005, par lkj




> Roni Size/Reprazent : "New forms"

30 mai 2005, par lkj [retour au début des forums]

Oh un Roni Size ! Il est rare de voir des musiques black sur pop-rock et je suis surpris d’être tombé sur "New forms".
Effectivement c’est un album de fièvre intense et "intelligente".Un des plus beau disque des 90’s.Un des plus singuliers aussi.

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