|
|
Puressence : "Only forever" Révélation ignorée mardi 1er mai 2007, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Nous le savons et nous l’avons vu à plusieurs reprises : le monde de la musique est cruellement injuste, et il appartient à nous, modestes observateurs, de pouvoir parfois tenter de donner quelques éléments de réflexion. Quand un artiste est bon et créatif, il faut avoir le courage de le dire ; mais il faut également dénoncer l’ignorance crasse dont d’autres prétendants font l’objet tout au long de leur carrière. Le nom de Puressence peut malheureusement être rattaché à cette deuxième idée.
Comme le disait un auditeur lambda, le talent n’est malheureusement pas un facteur systématique de succès, et il ne se mesure pas au nombre de disques vendus. Si c’était le cas, cela voudrait donc signifier que tous les artistes présents dans notre Top 10 radiophonique hebdomadaire font preuve d’un lumineux talent musical, et que les groupes indépendants ou underground ne sont que de sombres chantres d’une musique opaque et mal inspirée. Bien évidemment il n’en est heureusement rien, et les vingt-cinq dernières années musicales traversées avec passion et intérêt nous montrent qu’un groupe aussi talentueux et émouvant que Puressence reste malheureusement en marge d’un système qui ne lui laisse que les miettes d’un gâteau qu’il lui a pourtant volé. Je m’explique. Ce que Puressence crée depuis le début des années 90 est à plusieurs égards un son qui a été édulcoré, compromis et littéralement vendu par les pantalonnades mégalomanes de Travis ou de Coldplay. Pour moi, l’œuvre entière de Puressence, et plus particulièrement cet album, Only forever, représente l’origine musicale par excellence d’un courant qui a su se faire transfigurer par le succès des ondes FM, au risque de perdre toute crédibilité et toute originalité. Nulle part ailleurs, vous ne retrouverez la rage éclatée de l’explosif Sharpen up the knives, ni le mariage étincelant entre guitares saturées et orchestrations adoucies sur It doesn’t matter anymore. A vrai dire, les seuls artistes desquels nous pourrions rapprocher Puressence pourraient se révéler être les Manic Street Preachers, mais uniquement période Everything must go, avec deux éléments différents : la grandiloquence pompeuse et suffisante en moins, et la profonde colère sensible du rock en plus. La voix du chanteur James Mudriczki y est certainement pour quelque chose, tant ses trémolos ultrasensibles permettent aux paroles de prendre tout leur sens lorsqu’elles sont soutenues avec brio par des mélodies comme celles de Turn the lights out when I die ou This feeling. Réellement, Only forever est probablement l’un des albums de rock briton les plus ambitieux des années 90, tant il transpire la retranscription fidèle de l’émotivité humaine à travers tous ses paradoxes et ses cris de joie ou de guerre, servis par des instruments mordants et pertinents. Après ce somptueux deuxième opus, Puressence sortira Planet helpless quatre ans après, avant de finalement annoncer son départ de la mythique maison de disque Island, qui n’a, semble-t-il, signé Puressence que pour les maintenir sous l’eau pendant que certains autres de leurs poulains émergeaient gaiement sur nos radios. La frustration et l’amertume des membres du groupe mancunien, inspiré par les Stone Roses et désireux de reprendre son destin musical en main, les conduira à quelques années de silence. C’est en 2007 que doit normalement se jouer le quatrième acte de cette tragédie musicale rock, en espérant un dénouement heureux et une lumière scénique bien mérité pour l’un des groupes les plus sous-estimés de ces vingt-cinq dernières années passées sur la planète rock. |
|||
|
|
|
Il y a 4 contribution(s) au forum. Puressence : "Only forever"
(1/4) 26 février 2009, par Régis Puressence : "Only forever"
(2/4) 12 juin 2007 Puressence : "Only forever"
(3/4) 30 mai 2007, par Rudy Puressence : "Only forever"
(4/4) 2 mai 2007 |
|