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Pulp : "This is hardcore" Ne lui rendez pas ses couilles, s’il vous plait samedi 28 juin 2008, par |
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This is hardcore est l’album le plus déprécié de toute la discographie de Pulp, alors même qu’il est, sans aucune ambiguïté possible, le meilleur. Qu’il s’agisse de la composition, des paroles, ou de l’interprétation en elle-même, Jarvis et son groupe sont ici au sommet de leur art, un peu comme David Bowie lorsqu’il conçut sa trilogie berlinoise...
Car c’est toujours comme cela que les faits se déroulent. L’on se réveille un matin, l’on se dit que quelque chose ne va pas, l’on comprend qu’il est temps de tout arrêter, sexe, drogues, et rock ‘n’ roll, et l’on prend l’avion pour Berlin. Ou alors, l’on arrive en studio pour enregistrer Cocaine Socialism, et, au moment de chanter, l’on se dit que quelque chose ne vas pas, l’on comprend qu’il est temps de tout arrêter, l’on prend l’avion pour New York, et l’on en revient encore plus démoli qu’à l’aller. Dans les deux cas, c’est là où l’on donne le meilleur de soi-même. Si l’on devait résumer This is hardcore en chanson, deux titres suffiraient. Le premier, non retenu pour l’album, est Can I have my balls back, please ?, dont les paroles sont plus significatives qu’un long discours : « So I went to New York City to see a doctor thinking maybe that he would understand the state I was in. He said, "I’d dearly love to help you son but you see the same thing’s happened to me." So now I’m home and I’m asking you just once more : Please. Can I have my balls back, please ? ». Le second titre, qui ouvre le disque, est The fear : « This is the song of someone losing the plot - making out that they’re ok when they’re not. You’re gonna like it, but not a lot ». Dont acte. L’accueil de cet opus a effectivement été très mitigé. Concernant le public, la faute en revient à un écart bien trop grand entre Different class et This is hardcore. Pourtant, il n’y a pas eu rupture - un titre comme You are the one en est la preuve - mais la composition du disque n’a pas laissé trace de cette évolution aux oreilles d’un public alors déboussolé. Paradoxalement, les critiques se sont quant à elles révélées dithyrambiques, reconnaissant avec pertinence les qualités d’un album qui n’est pourtant pas facile d’accès. En effet, plus qu’un album de Jarvis Cocker, telle que toute la production de Pulp peut-être facilement étiquetée, This is hardcore a bénéficié de la faiblesse du tyran au profit du reste du groupe, dont chaque membre a su tirer son épingle du jeu au bénéfice de tous, plutôt que de chercher à tirer la couverture vers lui. En résulte une richesse harmonique dont peu de musiciens peuvent se revendiquer ; la musique pop est ici poussée jusqu’à son plus haut degré de raffinement, de telle sorte qu’à l’instar de musiques élitistes comme le classique ou le jazz, This is hardcore est un album qui s’apprend, que l’on découvre un peu plus au fil des passages sur la platine, et qui justifie plus que jamais l’achat d’un fauteuil confortable assorti d’un casque hi-fi à l’avenant, dans l’obscurité la plus totale. Car il n’est pas ici question d’écoute mais bel et bien de délectation. Et si le disque laisse un goût amer dans la bouche, c’est parce qu’il aborde un thème reconnu mais peu traité dans le monde de la musique pop : l’après. Quand le succès s’en va vers une nouvelle mode, emportant avec lui le peu de confiance en soi qu’il restait encore à l’artiste, quand tout s’effondre, quand la réussite laisse place à l’échec. Pour reprendre les mots de Jarvis Cocker, si This is hardcore est le son de l’échec, alors c’est la meilleure restitution du son de l’échec jamais enregistrée. A nouveau, dont acte. |
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Il y a 8 contribution(s) au forum. Pulp : "This is hardcore"
(1/3) 20 septembre 2012, par fbrka Pulp : "This is hardcore"
(2/3) 6 juillet 2008, par Akbar Pulp : "This is hardcore"
(3/3) 29 juin 2008, par Marco |
Pulp : "This is hardcore" 10 août 2008, par Yû [retour au début des forums] En effet, The Ting Tings est en cours de rédaction. Rapidement, j’ai d’abord cru au dernier C.S.S., puis je me suis dit que c’était mieux que C.S.S., pour finalement en conclure que ça restait totalement dispensable. Sinon, l’article original était de Jérôme Delvaux (merci pour lui), et une rapide relecture mentale de son article apportera toutes les réponses à vos interrogations. A cela, j’ajoute que je chronique suffisamment d’albums peu médiatisés pour me permettre un plaisir égoïste de temps en temps. A bientôt en septembre pour de nouvelles chroniques polémiques. Pulp : "This is hardcore" 16 août 2008, par Akbar [retour au début des forums] Va pour le plaisir egoiste (faute avouee a demi pardonnee), mais dans ce cas beaucoup de classiques non chroniques attentent enfin que l’un de vos talents succombent a ce genre de tentation. Il est du coup dommage que l’article de Jerome (merci) ait mysterieusement disparu du site. Cela aurait pu eviter une relecture uniquement mentale (un petit lien peut etre ?). Il s’agissait apres tout aussi d’une tres bonne critique de l’album. Bien cordialement. Pulp : "This is hardcore" 13 mars 2010, par Jérôme [retour au début des forums] Je me joins au commentateur précédent pour réclamer aussi l’article original de JD ! Un album de cette classe mérite bien une double-critique !
Pulp : "This is hardcore" 30 juin 2008, par Yû [retour au début des forums] C’est le but : une critique du "glamour" américain, assez pertinente car résistant elle aussi à l’épreuve du temps ; il suffit de regarder du côté du "pornochic"... Pulp : "This is hardcore" 1er juillet 2008, par fabrice [retour au début des forums] Le tout produit par Chris Thomas, que l’on retrouve également derrière Never Mind The Bollocks(production), Dark Side of the Moon(mix), Siren de Roxy Music ou encore The Pretenders et INXS.
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