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PJ Harvey : "To bring you my love"
"Meet ze Monsta"

vendredi 12 mars 2004, par Laurent Bianchi

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C’est séparée de ses deux comparses des débuts qu’elle créé To bring you My love. Isolée dans la campagne, avec le producteur Flood et son ami le guitariste et percussionniste John Parish, elle compose ce qui est considéré par beaucoup comme son œuvre principale. Il compte aussi la collaboration des Bad Seeds de Nick Cave (surtout la basse, très présente, de Mick Harvey). Un véritable chef-d’oeuvre.

C’est un album qui se décale un peu du blues-punk de ses débuts. Comme libérée quelque part, et prête à voler de ses propres ailes, PJ s’essaie à un style qu’elle n’a pas encore exploré : des chansons plus tournées vers la mélodie, sans pour autant avoir perdu la rage des débuts. Cet album, par rapport au(x) précedent(s), fait franchement penser au papillon qui éclôt, fort de mille et une couleurs.

To bring you my Love, le titre éponyme et d’ouverture annonce très vite la couleur : telle une prêtresse qu’elle aurait peut-être aimé être, menaçante et proférant des Jesus et des Devil à profusion, elle donne envie de se remettre à la lecture de Les Diables de Loudun d’Aldous Huxley. « Demandez le programme ! Demandez le programme ! ». Meet ze Monsta !

C’mon Billy est un des premiers titres à véritablement révéler les prouesses vocales de PJ, plus habituée jusque-là à crier, à vociférer, à murmurer même. Le clip la montre -encore une fois- comme mettant en avant ses anti-atouts : sa très grande bouche fait penser à Mick Jagger… Elle y dévoile aussi son attirance pour le théâtre et le cabaret, et l’on pense tout naturellement à un Tom Waits. Et plus encore que C’mon Billy, mettant aussi en exergue les guitares séches et la voix de Polly Jean, Send his love to me est assez poignant.

Long Snake Moam vient nous rappeler que l’on échappe pas tout à fait (et c’est tant mieux) à son passé, tant la violence apparente y est flagrante. Les sons sont distordus, un peu comme chez Primal Scream. To bring you my Love comporte une ligne de basse enivrante et hypnotique que l’on a du mal à arrêter.

Down by the water, outre qu’elle calque les obsessions de PJ pour tout ce qui semble glauque (c’est l’histoire d’une mère perdant sa fille qui se noie… « Little fish, big fish swimming in the water, come back here and give me my daughter »), est construite sur une mélodie qui brille par sa beauté (en contraste avec le propos).

Cet album est émouvant, car il est aussi, de manière métaphorique (ses thèmes fétiches -le sexe, le fantastique, la religion- sont toujours là), autobiographique.



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Laurent Bianchi





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PJ Harvey : "To bring you my love"
(1/1) 3 novembre 2006




PJ Harvey : "To bring you my love"

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Personne répond à cet article ? Personne connaît PJ harvey ? Découvrez-la criss !C’est Vraiment excellent !

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