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Phillip Boa & The Voodooclub : "Helios"
Vénus et Apollon

jeudi 9 août 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Continuons cette semaine avec un album des années 90 pour Boa et les siens, qui reste un album en forme de chant du cygne et de rupture pour la première période de la carrière d’un musicien capable d’errer tour à tour dans un univers allant de John Cale à The Cure en passant par les Pixies, sans jamais vendre son âme.

Pour beaucoup, Helios est probablement le meilleur album de toute la carrière de Boa. Solaire et central, Helios étend son aura sur toute la discographie de l’Allemand, probablement parce qu’il reste un pivot capital de sa carrière. C’est en effet après cet opus que Boa décidera de mettre un terme à sa carrière musicale et de se retirer sur l’île de Malte - période qui s’achèvera cependant deux ans plus tard avec la sortie de Bopahenia, son album le plus vendu à ce jour. On sent qu’avec Helios, Boa découvre un univers, son univers musical qu’il ne quittera plus désormais : une Méditerranée de plus en plus présente, un monde fait de légendes et de mythes, et une exploration lumineuse et rêveuse de mélodies rock toujours aussi expérimentales. Entre impressions tribales et espoirs furibonds, Boa livre ici le testament le plus marquant de sa planète musicale.

Les amateurs de bon vieux rock indé ne seront pas en reste, puisque le rythmé 30 men on a dead man’s grave et l’enragé Wonderless, qui semble se barrer dans toutes les directions possibles sans que l’on puisse réellement attribuer une structure au morceau, chassent sur les terres du rock de l’époque. Barré et fulgurant, Life after being a zombie restera jusqu’à aujourd’hui un morceau phénoménal en concert, bourré ras-la-gueule d’énergie punk. Plus Clashien encore, l’amusant et séminal The undersea-world of Jacques Cousteau and his friends, bien que chanté par Pia Lund, l’acolyte vocale de Boa, donne des envies de pogo dantesque. Mais à côté de ces titres rock évidents, on se retrouve en face de morceaux difficilement classables, qui entament une rupture très nette avec les précédents albums du Voodooclub et de son maître à penser.

L’album va être représenté par un premier single très new wave après l’heure, l’onirique And then she kissed her et sa mélodie imparable - l’un des mes morceaux préférés, tous genres musicaux confondus. Essayez de faire sortir de votre tête ces riffs et ce refrain envoûtant, et on pourra reparler du sens réel du mot "vaudou". D’autres titres moins accessibles cependant pourraient être rapprochés du même univers : Pretty bay et son violon océanique, la pop décadente et décalée de Laura Deathley et ses expériences sonores inimitables, et bien évidemment la longue marche estivale nocturne, le légendaire The laughing moon. Une troisième catégorie de morceaux ne restera accessible qu’à l’auditeur averti : le lancinant Pfirsicheisen, par exemple, et surtout l’incompréhensible Tristane, qui oscille entre extase et déambulations infernales.

Assurément, s’il ne doit rester qu’un seul album de Phillip Boa & The Voodooclub, cela doit être Helios. Sur cet album, tout est démesurément fou : on nage en pleine canicule sonore, il fait trop chaud, et les dieux gréco-romains semblent s’agiter sur nos oreilles comme de beaux diables. Mais au milieu de cette cacophonie organisée ou de cet ordre bordélique, c’est le génie de Phillip Boa qui explose enfin au grand jour, conquis par Malte, une littérature anglaise impressionniste et ses envies d’aller enfin plus loin dans son ambition musicale. Un chef d’oeuvre.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Phillip Boa & The Voodooclub : "Helios"
(1/1) 11 août 2007, par Denis Cobra




Phillip Boa & The Voodooclub : "Helios"

11 août 2007, par Denis Cobra [retour au début des forums]

ait confiance crois en moi pour que je puisse veiller sur toi

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