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Pendragon : "The masquerade overture"
Feng shui progressif

lundi 10 janvier 2005, par Marc Lenglet

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La fin des années 70 avait porté au genre une estocade qui aurait pu sembler fatale à tout observateur avisé à l’époque. C’est pourtant au tournant de cette décénnie que se formèrent les groupes de la seconde vague progressive de l’histoire du rock : Marillion, IQ ou encore Pendragon, dont The masquerade overture fut, en 1996, la révélation commerciale (près de 15 ans après leurs débuts !). Ces diverses formations allaient traverser les années 80 et 90 sans faire beaucoup de vagues, récoltant relativement peu de succès populaire (si on excepte certains morceaux plus pop comme Kayleigh chez Marillion), mais soutenues par un noyau de fans dévoués corps et âme à la cause progressive.

Après une intro en forme de pseudo opéra italien, histoire de justifier son titre, l’album prend la voie royale des productions prog’ et on retrouve avec joie les plages interminables qui ont fait de Pendragon un des plus brillants représentants de la vague neo-progressive, ainsi que la voix ultra-lyrique et apaisante de Nick Barrett, ses longs soli de guitare planants, et les tentations expérimentales du groupe, tentations toutes relatives car Pendragon ne s’est jamais signalé par un goût particulier pour la prise de risques. Confortablement installés dans leur style épique et poétique, les Britanniques tablent bien davantage sur leurs capacités à élaborer des ambiances raffinées et délicates plutôt que sur l’innovation permanente. Et on ne les en blâmera pas, car un morceau de 12 minutes écrit par Pendragon, ce n’est jamais du temps perdu, contrairement à une piste du même acabit signée de la main de Yes ou de Emerson, Lake & Palmer (Voilà, je l’ai dit. Je vais sûrement m’attirer les foudres des puristes, mais je l’ai dit. Je peux crever tranquille).

Le paisible et pastoral Paintbox est un pur enchantement, le genre de morceau que l’on écoute en fermant doucement les yeux et en espérant se réveiller dans une étrange contrée au ciel jaune et à la verdure couleur d’azur. Il s’agit sans conteste de la plus belle réussite du disque, même si The shadow, et surtout sa seconde section (King of the castle), diffusent une langoureuse mélancolie tout simplement envoûtante. La tristesse ou les regrets sont assez peu présents sur le reste de l’album, plutôt positif et empreint de fantaisie. Il faut également souligner le superbe travail réalisé par Clive Nolan aux claviers, tout en retenue et officiant intégralement au service de l’atmosphère des morceaux, sans jamais se montrer vulgairement prétentieux ou chercher à noyer la musique sous des nappes gluantes.

Pendragon n’est pas du genre productif, que du contraire. Mais dès qu’il sort de ses longues hibernations, on peut être certain que le véritable travail d’orfèvre musical qui accompagnera son réveil excusera au centuple la manière dont il a délaissé ses admirateurs. A l’image de sa richissime pochette, ce disque est soigné jusque dans ses plus intimes recoins et offre un festival de couleurs et de teintes imaginatives, de morceaux agréablement complexes incarnant LE sens mélodique à l’état pur. Tout, chez Pendragon, et spécialement dans The masquerade overture, transpire la recherche des combinaisons sonores les plus harmonieuses et le souci du détail le plus infime. Un véritable Feng shui musical qui illumine l’écoute d’un des plus magnifiques albums de rock progressif de ces deux dernières décennies.



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Marc Lenglet





Il y a 9 contribution(s) au forum.

Pendragon : "The masquerade ouverture"
(1/3) 22 mars 2009
> Pendragon : "The masquerade overture"
(2/3) 6 mars 2005, par max
> Pendragon : "The masquerade overture"
(3/3) 11 janvier 2005, par Fab




Pendragon : "The masquerade ouverture"

22 mars 2009 [retour au début des forums]

Dans chaque album de Pendragon, on trouve des morceaux sublimes qui mériteraient d’être rassemblés dans un "best of" pour le plus grand bonheur des leurs fans.
Je leur souhaite longue vie, ce qui n’est pas gagné d’avance vu la confidentialité qui entoure chacun de leur album et concert.

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> Pendragon : "The masquerade overture"

6 mars 2005, par max [retour au début des forums]

Et on ne les en blâmera pas, car un morceau de 12 minutes écrit par Pendragon, ce n’est jamais du temps perdu, contrairement à une piste du même acabit signée de la main de Yes ou de Emerson, Lake & Palmer

je voudrais pas en rajouter, mais avez-vous BIEN ECOUTE "Tarkus", et "Close to the Edge", respectivement des deux groupes pré-cités.... ? Faudrait quand même comparer ce qui est comparable, non ??

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> Pendragon : "The masquerade overture"

11 janvier 2005, par Fab [retour au début des forums]

Bonne critique, Pendragon restent en efffet au sommet d’un genre tout en faisant fi de la moindre compromission commerciale et c’est très bien comme ça.

Par contre, l’attaque tout en facilité de Yes, vous auriez pu vous abstenir. C’est une remarque sans la moindre nuance indigne du critique subtil auquel nous sommes habitués. Chacun pense ce qu’il veut, mais n’importe quel branleur ne peut pondre des bijoux comme "Awaken" ou "Close to the Edge". Enfin, ça n’engage que moi et je vous envoie une grosse bise tout de même !

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    > Pendragon : "The masquerade overture"

    11 janvier 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    M’en doute bien...mais pour la nuance, voir la chronique de Close to the edge qui est prête et sera publiée un jour ou l’autre.

    Rendez-vous sur les forums à ce moment... !

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      > Pendragon : "The masquerade overture"

      14 août 2006 [retour au début des forums]


      Non, ne crevez pas tranquille, car là vous avez dit une anerie. Attaquer YES de cette manière, ce n’est pas possible vous n’avez jamais écouté plus de 3 minutes de leurs albums. Ce groupe est d’une richesse que seuls les plus entétés peuvent percevoir, car il faut admettre que leur musique n’est pas à la portée de tout le monde. Il faut persévérer en écoutant une bonne quinzaine de fois pour comprendre la magie qui se dégage des albums comme Relayer ou Going For The One qui sont pour moi le must de ce qui existe sur cette terre en matière musicale. Une fois ces efforts faits, un déclic se produit, et là vous sentirez un frisson vous parcourir la colonne vertébrale. Oui, effectivement vous vous êtes attiré les foudres, mais je pense que vous l’avez fait exprès pour nous faire parler...
      Désolé de pas évoquer Pendragon, mais le faussé est trop profond pour les comparer !

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        > Pendragon : "The masquerade overture"

        15 août 2006, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


        Oui, j’ai écouté Yes...non pas quelques minutes mais quelques centaines de fois, tous albums confondus. Je reconnais sans difficultés la richesse de leur musique, leur inventivité et leur méticulosité. Reste le plaisir qu’on prend à écouter leur musique...et que je ne reçois pas pleinement. Sans préjuger de leur qualité intrinsèque mais personne n’a jamais prétendu qu’un site de chroniques apportait LA vérité...

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          > Pendragon : "The masquerade overture"

          12 décembre 2010 [retour au début des forums]


          On a du mal à le croire ou alors votre écoute de Yes n’est pas objective.

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            > Pendragon : "The masquerade overture"

            4 février 2011, par Fab... [retour au début des forums]


            Pas la peine de s’énerver comme ça... Bien sûr, ce n’est pas vraiment malin de critiquer Yes aussi ouvertement, mais chacun prend du plaisir là où bon lui semble. D’ailleurs est-il simplement concevable de comparer Yes et Pendragon ?? Et si on le faisait à époque respective par exemple.... Je suis "fan" de Yes, mais pas pour toute leur carrière, ils ont aussi su faire "plus commercial" que Close to the Edge hein... Quant à Pendragon, je découvre en quelque sorte, je n’avais pas pris le temps. J’aime beaucoup le travail du clavier (il renvoie souvent au vieux Genesis à mon gôut) et les associations guitare-batterie quand ils décident de nous faire déménager. Pour ce qui est du chant, la qualité me paraît indéniable, je regrette parfois simplement qu’il faille interrompre certains développement pour qu’il puisse reprendre sa place. Ce n’est pas vraiment une critique, c’est le cas pour beaucoup de chanteurs qui ont une vraie présence,,, elle est exigeante. Pour y revenir, dans l’album "The masquerade ouverture", les longs solos sont de vrais moments de plaisir, et, sans critiquer aucunement les reprises de chants, je pense que Phil Colins savait faire le relai plus... "à la régulière" (niveau intensité). Ce n’est pourtant pas que j’apprécie spécialement ses positions de chants dans ce qu’il fit de Genesis, mais ce n’est là qu’une parenthèse...
            Pour finir par me taire, je dirai que Pendragon est certainement un groupe à parcourir. Dans le genre néo-prog, il sont restés plus riches et moins en concessions que beaucoup. Tant mieux, ça donne beaucoup de caractère à leur formation.

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