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Neil Young : "Harvest moon"
Songe d’une nuit d’été

lundi 14 juin 2004, par Marc Lenglet

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20 ans très exactement après la sortie de Harvest qui l’avait consacré comme un poids lourd des musiques folk et rock, Neil Young se décidait enfin à donner un successeur à cet album légendaire : Harvest moon. On a pu y voir une manière détournée d’appâter le chaland avec un album qui n’aurait eu qu’à s’appeler Harvest II pour provoquer une remontée de souvenirs incontrôlable chez les fans les plus anciens et se présenter comme une opération revival savamment calculée. Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. L’ivresse de retrouver un Neil Young au sommet de son art poétique.

Les années 80, si elles avaient été fastes au niveau de la créativité, avaient été sources de problèmes massifs pour l’artiste, notamment avec son label, Geffen. Neil Young avait été entraîné dans une irrésistible tourbillon de projets erratiques, de collaborations diverses, d’engagements politiques et de directions musicales parfois contradictoires. Alternant album solos, albums de Crazy Horse, groupe éphémères comme les Shocking Pinks et réunions avec Crosby, Stills & Nash, le baroudeur canadien s’était accompagné de synthétiseurs, avait touché au rockabilly, à la country, au rock électronique, au folk, provoquant la déroute de ses admirateurs et la colère de sa maison de disque. Vers la fin des années 80, au contact de la nouvelle génération de musiciens, une électrification sauvage lui permit de retrouver les faveurs du public et d’être rapidement considéré comme le parrain incontesté d’un mouvement grunge en devenir. Deux ans plus tard, nouveau revirement : pour fêter dignement les 20 ans de son statut de légende du rock, Young délaisse ses habits de dieu électrique pour endosser son autre tenue de prédilection : le barde folk. Histoire de lier les deux albums de la manière la plus irréfutable qui soit, c’est la même équipe gagnante que deux décades auparavant , les Strays Gators et Linda Ronstadt, qui accompagnera l’artiste dans la réalisation de cette séquelle.

Harvest moon est un mystère. Un mystère, parce que quand on jette un œil aux textes, on n’y découvre des écrits, au champ syntaxique assez restreint, des textes pleins de pudeur et de simplicité, dédiés à sa femme (You & me), aux influences auxquelles il doit tout (From Hank to Hendrix) et même à son vieux chien de chasse (Old king) ! Et malgré ce dénuement, linguistique autant que musical, Harvest moon est un de ces chefs d’œuvre sans prétentions, jaillis d’une alchimie imperceptible entre une certaine manière de jouer, une certaine méthode de composition et une certaine façon d’exprimer les choses. Donnez les chansons de cet album à quelqu’un d’autre, et il vous les transforme en magma puant de niaiserie. Mais Neil Young, avec son ton calme, son expressivité moelleuse et claire, est bien capable de vous arracher une larme avec une déclaration d’amour naïve de trois lignes et demi. D’une manière générale, comme il l’exprime dans One of these days, il souhaitait avant tout que cet album soit comme « une longue lettre à tous les vieux amis qui ont traversé son existence, en souvenir des bons moments passés ensemble ». Pourtant, malgré l’évocation permanente du passé, Harvest moon ne verse jamais dans les complaintes séniles ou les remords pleurnichards. Neil Young regarde en arrière avec la sérénité d’un homme qui aborde la cinquantaine. Dépourvue du cynisme fataliste d’un Bob Dylan, il jette un regard parfois amusé, parfois doucement mélancolique sur le chemin parcouru et les erreurs qui le jalonnent, mais ces réminiscences conservent toutes la sagesse tranquille de celui qui sait qu’on ne revient jamais en arrière.

Quelques restes d’engagements percent sporadiquement l’évocation de ses sentiments personnels : le poignant War of man à mi chemin entre naturalisme et réalisme, ou encore Natural beauty où le message écologique affleure à peine en filigrane de la chanson romantique. Mais le temps de la révolte à chaud est dépassé ; la dénonciation est sincère, profonde et métaphorique, et elle se suffit à elle-même. On pourrait reprocher à Harvest moon d’être un peu propret et apprêté, avec une production trop limpide pour être honnête. Mais, avec ou sans production charmeuse, l’enchantement perdure de la première à la dernière note. Harvest moon n’est certes que l’une des multiples facettes de la mosaïque musicale que constitue la carrière de Young, mais elle reste l’une des plus faciles à aborder. Un magnifique album, tout en douceur et en chaleur, qui dévoile l’image véritable d’un artiste sincère, simple et attachant, à mille lieues du statut de superstar du rock qu’il a semblé plusieurs fois incarner.



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Neil Young : "Harvest moon"
(1/2) 27 novembre 2013, par kitty
Neil Young : "Harvest moon"
(2/2) 20 octobre 2006




Neil Young : "Harvest moon"

27 novembre 2013, par kitty [retour au début des forums]

avec son ton général détendu, son aspect lisse et évident, est en mesure de vous diviser loin une scission avec une annonce de vraiment innocents trois collections et 50 pour cent. En commun, comme il transmet dans un des nos jours, il désirait par-dessus tout que ce record est aussi "une longue correspondance à tous les vieux copains qui ont dépassé son mode de vie,

à partir d’un dissertation help

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Neil Young : "Harvest moon"

20 octobre 2006 [retour au début des forums]

Neil Young est tout simplement un classique du folk-rock.Tous ces labels sont excellents !J’écoute le folk grâce à lui ! J’écoute beaucoup de Nirvana et depuis que je sais que la mort de Kurt Cobain l’avait beaucoup ébranlé et qu’il avait composé la chanson sleeps with angels en mémoire à lui je l’apprécie encore plus...

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    Neil Young : "Harvest moon"

    24 octobre 2006, par Léa [retour au début des forums]


    Salut ! j’voulais juste savoir ça voulait dire quoi label ?si tu me réponds pas pis qu’il y a quelqu’un qui est au courant bein réécriver-moi svp ! merci à l’avance !

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    Neil Young : "Harvest moon"

    15 mai 2013 [retour au début des forums]


    The organization also hadn’t windows7mart.com disclosed the system’s official title, leaving open up the chance that it will be a bigger update, possibly to Windows nine. The update had been acknowledged simply just by its code title, Blue.

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