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Mesh : "The point at which it falls apart"
Point de non retour

jeudi 25 août 2005, par Albin Wagener

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Formé à Bristol par trois copains, à savoir Mark Hockings au chant, Richard Silverthorn et Neil Taylor aux machines, Mesh a pris, dès le début des années 90, le parti de verser non pas dans la trip-hop chère à leur ville d’origine et en plein essor à l’époque, mais dans une sorte d’électro-core poisseuse et atypique, mélangeant des influences aussi diverses que John Foxx et Massive Attack, mais toujours en développant des ambiances moites typiques des tristes cités britanniques.

En 1999, The point at which it falls apart, leur troisième album, est accueilli par un hallali de critiques en pleine émulsion : Mesh tourne alors en première partie de Gary Numan, mais c’est bien évidemment en Allemagne, pays gagné à la cause des musiques électroniques, que le succès sera le plus retentissant. Et malgré l’éternel bonnet banlieusard de Hockings, Mesh sera vite assimilé - un peu à tort - à la nouvelle vague électro-pop qui commence à percer à la fin des années 90 dans les milieux dits dark.

Et pourtant, à y regarder de plus près, cet album est d’une incroyable complexité. Tout est travaillé et pensé, les paroles sont toujours pertinentes et visiblement écorchées ("Press my face in the ground, maybe there’s love at the feet of this crowd / Kick my head when it’s down, maybe the sense comes from hearing the sound"), et les musiques disposent d’une agressivité contenue qui fait lorgner les rythmiques et les synthétiseurs saturés vers l’indus. C’est la qualité de ce trio bien particulier : arriver à être à la limite d’un Kraftwerk ou d’un Depeche Mode, sans toutefois jamais dévier de son propre chemin, le tout servi par la voix chargée en émotions et en expressivité de l’étrange Mark Hockings.

On passe ainsi de morceaux aux BPM plus que fournis, comme Self healing lie ou The damage you do et sa fabuleuse guitare claire et humide, à de très bons exercices de pop nostalgique, notamment le sublime single Not prepared. Ou encore l’atmosphérique My defender, qui mélange avec une habileté déconcertante des nappes très ambiant et des sonorités minimalistes légèrement technoïdes. Ce qui est intéressant dans cet album, c’est également l’utilisation des sons de batteries. Loin de verser dans l’EBM pataude ou les électronismes mal à propos, Mesh se lance souvent dans des expérimentations foutraques (People like me (With this gun) en est un bon exemple), tout en adoptant une présence très rock. Car c’est ici bien de rock qu’il s’agit, plus que de pop, et c’est précisément ce que Silverthorn, Taylor et Hockings excellent à faire depuis leurs débuts : les synthés sont saturés, on utilise des guitares ou des basses, et les hi-hats réglés comme du papier à musique se mélangent à des cymbales éhontées et des sons de caisse claire très acoustiques.

L’atmosphère générale est pourtant à la mélancolie, malgré cette mixture détonante de colère ravalée, de rock hybride habité par des machines et de sonorités synthétiques froides et pourtant très rêveuses. Si la formation anglaise sort la tête du lot, c’est précisément par cette alchimie jusque là inégalée, et que personne même n’a réussi à copier. Une musique et des paroles qui s’égarent dans une sensibilité à fleur de peau et qui parviennent à happer progressivement l’auditeur dans un univers entre deux eaux, dans une tradition proche de celle de la cold wave du tout début des années 80, mais également d’une manière si singulière et novatrice qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’un jour peut-être, Mesh réussira à se faire entendre bien plus loin que dans le simple cercle d’initiés amateurs d’hymnes sombres. Le genre d’album qui vous entraîne dans une spirale infernale, à la manière justement d’un Downward spiral, et à la suite duquel on se réveille, hagard, en se demandant comment on a pu vivre sans l’avoir jamais écouté.



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Albin Wagener





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Mesh : "The point at which it falls apart"
(1/3) 8 février 2014, par sarah
Mesh : "The point at which it falls apart"
(2/3) 28 décembre 2013
Mesh : "The point at which it falls apart"
(3/3) 27 novembre 2008, par Cronostitan




Mesh : "The point at which it falls apart"

8 février 2014, par sarah [retour au début des forums]

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Mesh : "The point at which it falls apart"

28 décembre 2013 [retour au début des forums]

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Mesh : "The point at which it falls apart"

27 novembre 2008, par Cronostitan [retour au début des forums]

Parfois au son un peu bâclé et/ou robotique mais valant largement de + grosses pointures telles que Depeche Mode...

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