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Mano Negra : "Casa Babylon" Salsa punk ! mardi 12 juillet 2005, par |
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Il s’agit du dernier disque de la bande à Manu Chao, groupe alternatif français exemplaire. Les spécialistes de la Patchanka (potion de rap, reggae, ska, punk, salsa, ragga pour la musique, le chant pouvant passer du français à l’espagnol, et de l’anglais à l’arabe), ont changé leur fusil d’épaule depuis la découverte du continent que Bolivar rêvait d’unifier. Ils ont pris de la bouteille aussi, et leur rock a pris une dimension tiers-mondiste de référence. La ultima !
Mano Negra, du nom d’un groupe anarchiste espagnol, est une histoire de famille (son frère et son cousin sont à ses côtés), un savant mélange de punk et de world music qui propulsera le groupe, et surtout son leader, comme un des premiers porte-drapeaux de l’anti-mondialistation, ou plutôt de l’anti-globalisation (ou de l’alter-mondialisation), terme bien plus à propos, surtout ici. Une chose est sûre à ce propos, le disque est mondialiste : enregistré à Paris, Buenos Aires, Cologne, New York et mixé à Naples. No comment. D’entrée de jeu, un El pueblo unido jamas sera vencido plante le décor. De Viva Zapata à Casa babylon, tout concourt dans les textes et les références affichées à montrer que l’on est contre le système en général, et pro rébellion en particulier. Touchés autant sentimentalement que politiquement par le continent latino-américain et son asservissement à l’Amérique, Mano Negra se fera un plaisir de se rapprocher des masses délaissées du tiers-monde en habitant en Colombie et en tournant dans toute l’Amérique latine. Fêtard invétéré comme tout Espagnol qui se respecte, Manu saura colorer son combat d’épices et autres exotismes qui lui colleront à la peau. Les cuivres et les chœurs d’enfants sur El Alakran ou encore sur Drives me crazy sont un remède contre la mauvaise humeur et le pessimisme, et, espére-t-il, contre le racisme et la guerre. Senor Matanza traite directement des escadrons de la mort qui se sont fait connaître dans les années où Pablo Escobar était l’ennemi public numéro 1 des Etats-Unis. Ce titre saupoudré de sonorités de cumbia et de salsa préfigure ce que Manu Chao fera avec brio sur sa carrière solo. Des chansons foutraques comme Santa Maradona, étendard sur le football devenu une religion, montrent encore quelques pépites de punk qui semblent joindre la forme au fond. Le reggae est très présent aussi : non seulement via les textes de (Casa Babylon) mais aussi et surtout via la musique. L’utilisation de sonorités jamaïcaines y est faite comme pour The Clash, notamment sur Bala Perdida. Introduit par la voix d’un auditeur demandant si la guerre du golfe ne va pas aboutir à la troisième guerre mondiale, voire à la fin du monde, Machine Gun, sur un tempo reggae, distille des textes très engagés (« Bomba atomica, bomba politica, bomba economica »). Le groupe catalan Dusminguet poursuit ce combat, en poussant encore plus loin l’idée lancée par Mano Negra, et apportant sous des aspects festifs des musiques du tiers-monde une philosophie porteuse d’optimisme : un peace & love moderne en somme, plus réfléchi, moins attentiste. Lors d’une interview sur France 5, Manu Chao déclarait être abasourdi par l’ennui qui transpirait des grandes villes occidentales, où les gens ne savaient pas/plus faire la fête. Il disait se fonder sur l’exemple espagnol et latino-américain en ce domaine (il habite d’ailleurs à Barcelone). C’était en 1994 et rien n’a changé. Tout lui donne encore raison. De là à dire qu’on est étonnés... |
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