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Kat Onoma : "Far from the pictures"
De liens en liens

vendredi 9 octobre 2009, par Vincent Ouslati

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Il est tard, samedi soir, désoccupation post-beuverie. Histoire d’agiter les doigts, on va poser sa cuite face écran et on se retrouve sur un blog, celui de mon aimé rédacteur en chef. Il poste des trucs sur un peu tout en ce moment, glande sévère le mec. Mais autant ses billets brillent par leur diversité, autant les commentaires en reviennent finalement aux mêmes débats mi comiques mi grotesques qui font tout le sel de cette activité. Tu as toujours un chieur, un troll, un marrant, un philosophe, un avocat, un pote, un suce-boules aussi mais à tour de rôle celui-là. Puis vous avez celui qui vous colle un lien. Et ce mec qui colle un lien, je lui ferai bien un poutou en priant que ce soit une femme plantureuse à la peau douce.

Ledit commentateur laissait cette fois un lien sur un article de Serge Coosemans, éphémère tondeuse à gazon de ce site que vous aimez tant. Il avait fait un papier fendard sur Indochine, ici, (fendard pour diverses raisons qui ne seront pas ici développées). Ce qui m’a intéressé, c’est un des commentaires postés en dessous, un de ces petits textes anonymes ou non jetés là par des désœuvrés entre deux pauses croissants/margarine.

De liens en liens, j’en arrivais alors à Kat Onoma, hardiment défendu par ledit commentateur qui se reconnaitra, tout enfermé dans sa chambrette qu’il est. De Kat Onoma, je n’en connaissais en fait que dalle, quelques passages sur Radio France, quelques notions du groupe très vagues qui ne feraient pas honneur à mes fabuleuses connaissances musicales (kof, kof...). Jamais un disque d’eux en poche, toujours quelques miettes de notes passant bien à propos durant la douche ou au réveil, meilleurs moments pour assimiler n’importe quelle mélodie à du bruit de fond.

Il est surprenant comme l’on peut s’accrocher à un nom sans rien en savoir a priori. C’est tout le bonheur de cette occupation, vous pouvez allez vous la péter à écrire des conneries sur tel ou tel disque, mais ce ne sera toujours qu’un gros glaviot dans un océan d’artistes gisant dans des profondeurs inatteignables. Ayant à cœur d’y aller voir, je me fis pourtant prêter Far from the pictures, comme ça, pour connaitre.

Je comprends maintenant pourquoi le groupe semble reclus dans les cédéthèques d’une minorité d’esthètes de la musique bobos catégoristes. Pas du genre à se faire aborder comme la première greluche venue le Rodolphe Burger. cette étiquette d’austérité et d’aridité musicale apparait finalement comme très mal collée. Simplement le groupe refuse d’entrer dans un cirque rock’n’roll trop souvent ridicule et mettent en avant de vraies émotions plutôt que de l’entertainment qui schlingue par trop la thune rapide.

On jugera cela comme courageux ou pédant, chacun son avis sur la question. Mais L’atmosphère est effectivement sombre et j’imagine avec peine me trémousser sur ces longues complaintes. C’est bien du rock mais un rock mature. Burger (se prononce "Burjé" et pas "Beurgeur" merci...) parle plus qu’il ne chante, avec cet air gainsbourrien dans les amygdales si troublant. Non pas de mimétisme, mais le charme est semblable, comme ces vieux sages qui vous obligent à tendre l’oreille pour mieux s’imprégner de leur savoir.

J’avais entamé mon écoute comme une expérimentation poussive, une sorte d’exploit du genre, je me tape du rock intello. J’en sors avec une addiction terrifiante de la musique katonomienne, du moins de cet album qui en appelle déjà d’autres. Nous ne sommes donc ni trop misérables ni trop limités pour écouter Kat Onoma, et ceux qui jugent aussi belle musique austère n’ont visiblement plongé qu’un orteil dans l’océan. C’est trop peu.



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Vincent Ouslati





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Kat Onoma : "Far from the pictures"
(1/2) 13 octobre 2009, par Phil Danstachambre
Kat Onoma : "Far from the pictures"
(2/2) 11 octobre 2009, par HB




Kat Onoma : "Far from the pictures"

13 octobre 2009, par Phil Danstachambre [retour au début des forums]

Hé bien, hé bien, il semblerait (peut-être) que l’on parle de moi ? Si c’est bien de moi qu’il s’agit, je suis extrêmement content de faire découvrir un peu + ,LE MEILLEUR GROUPE DE ROCK FRANCAIS.
Bien sûr il y a de très bonnes choses chez Téléphone, Indochine, et même Noir Désir, mais aucun ne m’a jamais pleinement convaincu.
Mais Kat Onoma... Qui ?
Ben oui, peu de passage radio (La Chambre, et encore), pas de sex, ni de drugs (rock n roll is not enough ? mais bon, si tout le monde était Keith Richard, ce serait vite chaint) donc peu de presse, pas de beau gosses. Ah, trop vieux aussi, sûrement. Mais la classe intégrale.
Peu de textes en français (oui le français aime comprendre ce qu’on lui chante, mais sêche régulièrement les cours d’anglais). Une image austère d’intellos (parce qu’ils mettent en musique des textes d’obscurs auteurs américains ?), pas de tubes à siffler sous la douche, et jamais gaulés dans les chiotes d’une boîte avec la dernière bimbo à la mode.
Bref vous l’avez compris, les Kat’s (pardonnez cette familiaritée), cumulent les handicapes. Et pourtant, quand je pense au nombre de gens qui passent à côté de ce groupe...
Far from the pictures, n’est pas mon préféré, mais à chaque écoute, il monte dans mon estime.
Mention spéciale pour Le Déluge (d’après moi).
Mais le masterpiece c’est Billy the kid. Vous pouvez foncer, tout Kat Onoma est dispo et remasterisé.
Très bons aussi pour ouvrir les albums, et envoyer du lourd d’entrée de jeu : Cupid, Animal, The Radio, et Artificial Life pour l’album qui nous concerne.
Comme le Gun Club, mais dans un tout autre genre, Kat Onoma est la collision parfaite entre le blues et la new-wave.
Arf, et cette trompette qui part en vrille quand on s’y attend le moins...
J’ai rencontré Rodolphe Burger il y a quelques temps à Pigalle devant un magasin d’instruments. Je l’aborde avec toute la réserve que son talent (et son physique) impose.
Mon regard accroche le sien ; je m’avance :
"Bonjour Monsieur Burger, ça me très plaisir de vous voir ici. Je suis un grand fan de Kat Onoma"
Sans doute surpris d’être reconnu, avec en + la mention de son ancien groupe :
"Ho, ah ben c’est très gentil merci"
Puis il m’explique qu’il est sur Paris pour accompagner son fils (me le désignant dans le magasin) qui compte s’offrir une guitare. S’il avait été seul, j’aurais tenté de poursuivre la conversation. En bafouillant un peu certe, en débitant de banalitées sûrement, mais même si j’ai bien conscience qu’il ne doit pas se faire acoster toutes les 5 minutes, j’ai préféré le laisser tranquille en famille :
"Hé bien je pense qu’il trouvera forcement son bonheur dans le quartier. Bon séjour sur Paris. Au revoir"
Je m’en suis quand même voulu d’être si peu culotté.
Mince ! C’était Rodolphe Burger bon sang !

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    Kat Onoma : "Far from the pictures"

    14 octobre 2009, par HB lave plus Blanc [retour au début des forums]


    Mille merci à toi aussi pour cette tranche de vie partageuse mon philou :-D

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      Kat Onoma : "Far from the pictures"

      14 octobre 2009, par HB [retour au début des forums]


      Heu c’était HB -Humphrey tout court (la débilité ajoutée te concernait pas bien sûr...)

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        Kat Onoma : "Far from the pictures"

        14 octobre 2009, par Phil Danstachambre [retour au début des forums]


        Merci HB
        En fait je plains (sincèrement) ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, mais j’envie ceux qui sont en train de le découvrir. Certe on a vite fait le tour de leur discographie (5 LP studio), mais leurs albums sont tellement foisonnant qu’on découvre toujours quelque chose qui nous a échappé.
        Hier soir en rentrant je me suis reécouté Far from the pictures, et si ce n’est pas mon favoris, en revanche c’est sans doute celui qui sonne le mieux. Quelle prod’ !
        C’est puissant, sans que ça fasse bourrin.
        Les enchevêtrements de guitares, n’ont jamais aussi bien donnés l’impression d’être un mur infranchissable.
        Du coup, je crois que je vais tous me les refaire dans la foulée.
        Je me rappel une interview de Vuillemein (le dessinateur très rock des Sales blagues), disant que le problème majeur des groupes français, c’est qu’ils ne savaient pas faire sonner une guitare. Moi j’ai surtout constaté, que ce qu’ils n’arrivaient pas à faire sonner, c’était la batterie.
        Mais pour notre bonheur à tous, Kat Onoma réussis l’exploit de faire sonner...les deux !

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Kat Onoma : "Far from the pictures"

11 octobre 2009, par HB [retour au début des forums]

Je vous envie car il vous reste de quoi bien nourrir votre nouvelle addiction avec les envoûtants Billy the Kid et Stock Phrases –sans compter que vous pourrez trouver dans la carrière solo de l’animal (Cheval-Mouvement, notamment) de quoi prolonger sans artifice la trop courte discographie de ce groupe -que pour ma part je ne considère pas comme spécialement intello... Mille merci.

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    Kat Onoma : "Far from the pictures"

    12 octobre 2009, par Vincent Ouslati [retour au début des forums]


    Le seul endroit à La Paz pour dénicher ce genre de petits bijoux est la médiathèque de l’Alliance Française, un rebus de la flamboyance de la France dans le monde. Mais encore bien utile !

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