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Jane’s Addiction : "Ritual de lo habitual"
Muchas gracias Señor Farrell !

vendredi 7 janvier 2005, par Marc Lenglet

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L’ancien danseur de nightclub Perry Farrell, une des figures les plus déjantées du rock de ces 20 dernières années, a sans doute été inspiré par la providence le jour où lui est venue l’idée de fonder Jane’s Addiction. Le nom du groupe en lui même témoigne de l’esprit frondeur et décalé du zouave puisqu’il s’agit d’un hommage à la prostituée par l’entremise de laquelle Farrell rencontra ses futurs coéquipiers, le bassiste Eric Avery et le guitariste Dave Navarro.

S’étant fait remarquer par ses prestations scéniques totalement décadentes, comprenant go-go dancerstranssexuels et diffusion de films pornographiques, Farrell en rajoutera encore une couche avec la pochette de son premier album (finement intitulé Nothing’s shocking) : une sculpture de sa fabrication représentant des sœurs siamoises nues et enflammées. La censure tentera de s’immiscer dans la conception de la pochette de Ritual de lo habitual (dans le même ordre d’idées, comme vous pouvez le constater de visu). Qu’à cela ne tienne ! L’album sera vendu dans une enveloppe sur laquelle figure le texte du premier amendement de la constitution américaine ! Avec un tel habillage et les irrésistibles singles Stop ! et Been caught stealing (dont le clip peuplé de kleptomanes dégénérés rôdant dans les allées d’un wall-mart vaut son pesant d’or !), Ritual sera l’album de la consécration pour Jane’s Addiction.

Sous son apparence imprévisible et chaotique, la musique de Jane’s Addiction est bien plus subtile qu’elle n’y paraît. Frétillante fusion de grosses guitares, d’énergie punk survoltée, de nuances folk et de rythmes funk, la première partie du disque est une véritable arme de destruction massive, avec ses titres tonitruants et tout à fait « addictifs ». Malgré leur aspect « brut de décoffrage » et sans minutie, une écoute attentive des morceaux au casque permettra de se rendre compte que la musique de Jane’s Addiction est tout sauf basique. Perry Farrell joue sur de minuscules détails et d’imperceptibles variations pour conférer à son œuvre ce cachet unique dont beaucoup s’inspireront mais que peu arriveront réellement à maîtriser. Sans oublier l’inimitable organe haut-perché du sieur Farrell, toujours à la limite de l’internement psychiatrique.

A l’opposé, la seconde partie de l’album fait la part belle aux ambiances plus apaisées mais toujours déjantées. Le monumental Three days joue le rôle de la piste charnière entre les deux facettes de l’album. Débutant de manière douce, le tempo ne s’affole jamais tout au long de ses 9 minutes, mais se terminera dans un déluge de riffs bouillonnant. La suite se déroule langoureusement, de manière quelque peu psychédélique, à grands renforts de sections de cordes.

Un album aussi exceptionnel que Ritual de lo habitual ne pouvait qu’être un chant du cygne pour le groupe. Ses membres se sépareront en effet peu après : Farrell et Avery iront fonder Porno For Pyros, émule relativement fade de leur groupe phare, tandis que Navarro ira rejoindre les Red Hot Chili Peppers après un séjour en centre de désintoxication. Il faudra attendre 2003 pour voir les timbrés rentrer en studio et nous livrer le rugueux Strays, album à forte coloration metallique qui suscitera des réactions assez partagées des fans du groupe. Que vous soyez ou non de ceux qui trouvaient Strays trop brutal et pas assez groovy, Ritual de lo habitual est de ces œuvres qui mettent tout le monde d’accord. Un album phare de la scène alternative des années 90, dont on n’a pas fini de mesurer l’influence aujourd’hui.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

> Jane’s Addiction : "Ritual de lo habitual"
(1/2) 7 janvier 2005, par plainsong70
> Jane’s Addiction : "Ritual de lo habitual"
(2/2) 7 janvier 2005, par SIM




> Jane’s Addiction : "Ritual de lo habitual"

7 janvier 2005, par plainsong70 [retour au début des forums]

Je tiens à nuancer cet avis par le mien.

Les concerts de Jane’s addiction de 2003 n’ont peut-être pas tous été terribles (apparemment ton expérience en festival n’était pas concluante) mais je peux t’assurer que leur prestation à l’Elysée Montmartre à Paris, le 25 octobre 2003 était grandiose. Certainement un des meilleurs concerts auxquels j’ai pu assister. Et même si ce concert n’était peut-être pas au niveau des prestations de leurs débuts (auxquelles je n’ai malheureusement jamais assisté mais j’ai vu des videos), il faut tout de même reconnaître que c’était bien au dessus du lot !

Idem pour l’album Strays que j’écoute avec plaisir.

Quant aux Pixies, je pense que c’est un peu pareil, des concerts peut-être inégaux pour la reformation mais au Zenith à Paris, j’ai pris une grosse claque (peu de groupes peuvent enchaîner autant de bons morceaux d’affilée tout de même !). J’ai par contre été un peu déçu en les revoyant en festival à Werchter.

Donc s’il y a bien sûr un côté fric dans ces reformations, ne boudons pas notre plaisir, il peut y avoir encore de grands moments !! Et rien que ces deux exemples m’ont offert 2 des meilleurs moments que j’ai connu en live, donc aucun regret pour ma part, que de bons souvenirs :-)

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> Jane’s Addiction : "Ritual de lo habitual"

7 janvier 2005, par SIM [retour au début des forums]

Ils n’auraient jamais du revenir ... cette reformation comme tant d’autres n’apporte RIEN au schmilblick.
J’ai assisté à leur dernière prestation en belgique (Pukkelpop), malheureusement lamentable !
Toute la magie de Jane’s addiction est passé aux oubliettes !
C’est pourquoi, j’ai décidé de ne pas aller voir Pixies et dead can dance en concert (l’appel du fric !), je préfère me limiter à mes dernières impressions plutôt que d’être déçu.
Jane’s était certainement un des meilleurs groupes de scène des années 90... (demander à Mr Henry Rollins ;-)
Depuis lors, l’eau à coulé sous les ponts !

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