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INXS : "Elegantly wasted" Baroud d’honneur mercredi 25 avril 2007, par |
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‘fait beau, hein ? C’est le moment de ressortir les disques de l’été. On met la cold wave au placard en attendant les orages de juillet, on laisse les disques de folk de côté jusqu’à ce qu’on puisse à nouveau se chauffer au bois, et on ressort toutes ces charmantes petites bêtises, de Van Halen à Offspring, en passant par INXS.
Pas mal de souvenirs à l’écoute de ce disque. L’âge bête, la découverte de la musique rock, l’attente insoutenable, les visites chez le disquaire quinze jours avant la sortie officielle, juste au cas où, l’écoute en boucle du single enregistré sur cassette audio lors d’un passage à la radio, la rage contre cette saloperie de voyage scolaire qui m’éloignait de ma douce chaîne hi-fi au moment de la sortie du disque et m’obligeait à attendre une semaine de plus, les grands yeux (style manga) en découvrant, à mon retour, le boîtier dans ma chambre (merci qui ?). A en juger par cette pochette colorée, INXS semblait être revenu tant de son trip « gros rock qui tache » du dernier album (le bide commercial et pourtant viscéral Full moon, dirty hearts) que de son trip « rock profond, intelligent » de l’excellent Welcome to wherever you are. Confirmation sur disque où les titres fun se taillent la part du lion. Entre l’hédoniste chanson-titre, le Don’t lose your head dont le titre ne pouvait qu’accrocher les producteurs de Face/Off de John Woo, le funky Girl on fire et l’apothéose Shine, l’album est assurément dansant et festif. Même si le disque n’est pas un réservoir à hits radiophoniques comme ces prédécesseurs des années 80, et même si l’on doit confesser la lassitude que peuvent occasionner certains de ces morceaux (Girl on fire, pour ne pas le citer), on ne peut nier le talent du groupe à mettre en place des morceaux efficaces, bien interprétés, véritables remèdes contre la mauvaise humeur. Réduire le groupe australien à une machine à singles remasterisables pour exploitation en dancings serait toutefois une grave hérésie. Le ton youyou de l’album est rapidement tempéré par plusieurs titres mid-tempo. Les ballades, évidemment, parmi lesquelles se côtoient l’anecdotique Everything et la bouleversante Searching (ce chant qui lorgne carrément du côté de la soul !). Mais également des morceaux plus bluesy, ou définitivement rock. Si She is rising vaut surtout le coup d’oreille pour découvrir Michael Hutchence s’essayer à la guitare, Building bridges et Shake the tree entrent directement dans le panier des meilleures compositions du groupe. Shake the tree possède ce genre de riffs qui mettent immédiatement tout le monde d’accord, des lignes de chant pleines de groove (vous vous demandez pourquoi Michael Hutchence fut surnommé « le fauve » durant les années 80 ? Son chant devrait vous fournir quelques éléments de réponse) et cette sonorité rêche des antipodes. Quant à Building bridges, il vaut surtout par ce jeu de guitare en finesse et ce chant qui atteint des sommets, notamment lors d’un éblouissant final sur lequel les fans auront beau jeu de s’interroger après le suicide du chanteur ("Some days I am everything I hate" est craché avec une telle conviction que c’en est effectivement troublant). Car, qu’on le veuille ou non, Michael Hutchence ayant mis fin à ses jours peu de temps après la sortie de ce disque, alors que le groupe préparait la tournée de son vingtième anniversaire, Elegantly wasted ne peut être perçu que comme un disque-testament (même si, en guise de disque ultime, on se plongera avec délectation dans l’album solo de Michael Hutchence, sorti après sa mort, mais enregistré avant celui-ci). Même si on sait qu’il n’y a rien à trouver, comment ne pas écouter Searching, I’m just a man ou Building bridges sans repenser au tragique événement qui s’en est suivi ? Comment écouter Shine en oubliant qu’il s’agit du tout dernier morceau que nous offrira jamais INXS (il paraît qu’ils ont sorti un nouveau disque avec un nouveau chanteur, mais ne croyez pas tout ce qu’on raconte, ce ne sont pas les mêmes) ? Est-ce pour cela que l’on considère ce morceau, joyeux bordel sonore où la superposition des voix de Michael Hutchence fait merveille, comme une des plus belles perles du groupe ? Est-ce pour cela que l’on considère ce disque, retour au son d’INXS tel qu’il aura marqué des millions de personnes, comme l’un de leurs meilleurs ? |
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