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Everything But The Girl : "Worldwide"
Cagney et Lacey

dimanche 20 janvier 2008, par Clarisse de Saint-Ange

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Pour beaucoup, la simple phonétique d’Everything But The Girl rime avec la scie à nerfs Missing, remixée par Todd Terry au beau milieu des années 90, et qui hante parfois encore nos radios comme un vieux pirate FM pour trentenaires repentis. Pourtant, Ben Watt et Tracey Thorn et bien plus proche des comptines intimistes de The Blue Nile que des poncifs radiophoniques les plus insultants.

Ce qu’il faut savoir, c’est que cet étrange duo a finalement produit une des égéries du monde alternatif des années 90, à savoir Tracey Thorn, qui peut se targuer d’avoir fait quelques apparitions sur des morceaux de Massive Attack. Epoque révolue, certes, mais qui permet de réhabiliter quelque peu cet étrange couple britannique. Trève d’apologies : Worldwide est le dernier album d’Everything But The Girl avant la longue maladie de Ben Watt, qui mettra la formation entre parenthèses jusqu’à Amplified heart et son terrifiant Missing.

A plusieurs égards, Worldwide, sorti en 1991, se rapproche du Hats de The Blue Nile, avec sa production gentiment datée et sa sensibilité à fleur de peau. Thorn et Watt proposent ainsi des titres relativement calmes, voire carrément easy listening, comme l’intime Old friends ou l’amoureux You lift me up. Chose à noter : il faut dire que les paroles d’Everything But The Girl ont toujours constitué leur point fort, et cet album ne fait pas exception à la règle. La comptine automnale de British summertime s’inscrit dans cette lignée et promet d’offrir de beaux moments de méditation personnelle. Toujours dans cette tradition presque nord-américaine, Frozen river et ses histoires de janvier nous plongent dans des moments privilégiés.

Mais outre ces morceaux de choix, Thorn et Watt savent abandonner le saxophone et la piano pour s’aventurer vers des morceaux plus pop et efficaces : Understanding et sa soul tranquille, à mi-chemin entre Sade et Bryan Ferry, ou encore la folk jazzy de Twin cities, qui explore les villes américaines et notamment feu La Nouvelle-Orléans. Mais pour être tout à fait honnête, les morceaux les plus magnifiques de cet album sont en fait Talk to me like the sea et sa nostalgie rythmée, et la perle pop One place, single en puissance de cet album nonchalant et serein.

Everything But The Girl est un duo qui mérite qu’on le redécouvre à travers sa discographie riche, parfois un peu trop ancrée dans son époque, mais qui a néanmoins l’avantage d’offrir des titres à la fois efficaces et touchants. Evidemment, ce n’est pas une formation qui révolutionne le monde de la musique, mais qui a le mérite d’avoir à son actif des exercices de style pop du plus bel effet. Un duo qui a toujours fait de la musique pour le plaisir, très simplement, et qui mérite qu’on passe outre le succès commercial de Missing pour explorer son univers à la foix doux et inventif.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Everything But The Girl : "Worldwide"
(1/2) 20 avril 2009, par UnknowFormofLife
Everything But The Girl : "Worldwide"
(2/2) 20 janvier 2008




Everything But The Girl : "Worldwide"

20 avril 2009, par UnknowFormofLife [retour au début des forums]

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Everything But The Girl : "Worldwide"

20 janvier 2008 [retour au début des forums]

Pop-rock et sophisti-pop... Dans le genre, que vous me donnez envie de réserver aux seules filles*, on préférera si c’est pas le cas les deux premiers Prefab Sprout -dont l’excellent Steve McQueen, déjà chroniqué ici, ce que devrait indiquer la liste des liens connexes.

* lol hein...

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