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Electronic : "Electronic"
Le meilleur album pop de l’Histoire ?

jeudi 15 novembre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Quand les journaux ont vent de rumeurs concernant la formation d’un super-groupe britannique réunissant de sacrés fleurons du côté de Manchester, personne n’en croit ses oreilles. Quand en plus, on apprend que la collaboration concerne Bernard Sumner de New Order et Johnny Marr de The Smiths, tout le monde attend fébrilement le résultat d’un tel projet... en craignant le naufrage.

Mais il n’y aura pas de naufrage. Cet album se vendra bien en Grande-Bretagne et ailleurs et Electronic remplira des stades aux Etats-Unis. A Sumner et Marr viendront s’ajouter Neil Tennant et Chris Lowe des Pet Shop Boys et la boucle sera bouclée. Et pourtant, moi qui trouve la voix de Tennant insupportable, je reste toujours bluffée par sa performance vocale sur The patience of a saint. Résultat des courses : un album qui a un peu vielli, mais qui reste peut-être l’un des disques les plus étonnants et les plus aboutis de ces vingt-cinq dernières années de pop moderne. Mélangeant guitares inventives, beats électro et synthés acides, Sumner et Marr prennent leurs pieds à composer des titres qui feront danser un certain nombre de nightclubbers chevronnés à l’époque. Le premier single en date, Getting away with it (en duo avec Neil Tennant) ravagera les charts et confirmera surtout qu’à l’époque, Manchester semblait être la capitable du monde musical. Pour quelques années en tout cas.

Rien n’est à jeter sur cet album. Je veux bien chercher un titres moins délectable, mais très honnêtement, la moindre basse acide, le moindre synthé parviennent à faire de certains morceaux de véritables pépites. Prenez Idiot country par exemple : un mélange de rock, de beats hip-hop et d’électro minimaliste qui parvient finalement à s’envoler de sa base de départ par une atmosphère propice à la rêverie. On a du mal à y croire, mais des morceaux comme ça, il y en a des légions sur ce premier opus éponyme du groupe (qui livrera encore deux albums avant de se séparer au début des années 2000, notamment en raison de la reformation de New Order). Autre single, Get the message est imparable, avec sa guitare tout droit sortie d’un album des Smiths sur laquelle viennent s’accoupler frénétiquement basse subversive et boîte à rythme imperturbable. Et ici, c’est Denise Johnson d’A Certain Ratio qui vient poser sa voix pour donner une touche nettement plus soul au morceau.

Vous voyez, je pourrais vous parler de chaque titre de la même manière, vantant les mérites de telle alchimie ou de telle mélodie. Arrangements et production fournissent un sans faute remarquable qui trouve son apogée dans le formidable Feel every beat, qui clôture l’album dignement, sans en trahir l’esprit général. Petite déception : le single Disappointed (encore avec Tennant) ne figurera pas sur l’album, mais qu’importe. Réécouter Electronic est pour moi un vrai plaisir, encore et encore, car cela reste une galette qu’il convient d’avoir dans sa discographie. Qui plus est, les deux autres productions du duo ne parviendront pas à réitérer un tel exploit d’excellence. Alors pour l’histoire de la musique moderne, pour celle de la pop et pour votre propre plaisir, n’hésitez pas à tenter de vous procurer un exemplaire de ce diamant finement ciselé !



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Clarisse de Saint-Ange