Pop-Rock.com



Einstürzende Neubauten : "Ende neu"
En Allemand dans le texte

lundi 19 mai 2003, par Marc Lenglet

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Electronic : "Electronic"
Mano Negra : "Casa Babylon"
The Offspring : "Smash"
Lenny Kravitz : "Are you gonna go my way ?"
Bob Dylan : "Time out of mind"
Spawn : "The album"
Sarah McLachlan : "Solace"
The Essence : "Nothing lasts forever"
Everything But The Girl : "Worldwide"
Banco De Gaia : "Last train to Lhasa"


Cet album, à la suite de Tabula rasa, perpétue la nouvelle direction musicale de la bande de Blixa Bargeld, vers un style qui s’éloigne un peu de la folie conceptuelle et expérimentale des débuts, pour devenir plus "classique".

Ceci étant bien entendu une façon de parler : une grosse majorité de néophytes risquent toujours de trouver ce Ende neu abscons et difficilement digérable. Pourtant, si on le compare aux albums des années 80, il n’y a pas photo : certaines des chansons de ce dernier pourraient même être diffusées sur des radios underground par des individus audacieux ! L’application très littérale qu’ils faisaient de leur nom de scène ("Nouvelles constructions en train de s’effondrer", autrement dit, le but était de déconstruire toute la structure musicale et mélodique de la chanson, jusqu’à la transformer en entité bruitiste incontrôlable.. !) a laissé la place à une utilisation des sons industriels dans un but plus atmosphérique.

Des titres comme Installation n°1 ou NNNAAAMMM (qui évoque curieusement certains morceaux de Kraftwerk comme Techno pop) ont gardé les sons froids et grinçants et les beats lourds et mécaniques de l’indus, et d’étranges sons tout à fait inattendus parsèment toutes les pièces de l’album. Blixa Bargeld a conservé sa vieille habitude d’utiliser les ustensiles les plus improbables dans sa musique, en témoigne ce crayon dans Die Explosion im Festspielhaus. Sans demeurer aussi éprouvante qu’auparavant, la musique d’Einstürzende Neubauten n’en devient pas pour autant accessible à tous, ne serait-ce qu’en raison du chant de Blixa Bargeld, passant de murmures presque inaudibles à une frénésie nasillarde de lutin psychotique.

Les morceaux plus faciles d’accès sont d’excellente facture. Un Was ist ist en forme de feu d’artifice cacophonique au refrain martial ouvre l’album, suivi d’une balade en duo avec l’actrice allemande Meret Becker, Stella maris. Mélancolique, retenue et poétique et belle tout simplement ! Difficile de croire que Neubauten ait pu faire preuve d’autant de doigté et de douceur !

Ende neu décevra sans doute les puristes. N’en étant pas un, j’ai trouvé ce disque original, écoutable et très atypique sans pour autant sombrer dans l’autisme musical. Peut-être une bonne manière de poser le pied sur les terres d’un des groupes les plus étranges des 20 dernières années.



Répondre à cet article

Marc Lenglet