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Chroma Key : "Dead air for radios" Virage à 180° mardi 3 octobre 2006, par |
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Dream Theater a connu trois claviéristes. Jordan Ruddess, actuellement en place, est de loin le plus talentueux des trois, et laisse une large part à ses influences classiques. Avant lui, Derek Sherinian, qui avait déjà travaillé avec Kiss (!) et Alice Cooper (re- !), faisait office de bête de scène, un monsieur rock’n’roll qui avait de la gueule, mais pas cette folie créatrice qu’exige le parrain du metal progressif de la part de ses membres. Et, au tout début, il y avait Kevin Moore, celui dont le jeu était le plus chargé en émotion, celui qui a grandement contribué à donner leur âme aux premiers albums. Quand il quitta Dream Theater, ce fut pour lancer ce nouveau projet : Chroma Key.
1994. Coup de tonnerre sur la planète prog. Kevin Moore annonce, pendant l’enregistrement de Awake, qu’il souhaite quitter le groupe. La raison de ce départ : le bonhomme ne se retrouve plus dans la musique pratiquée par la formation new-yorkaise. Tout simplement. En guise d’adieux, il offrira à Dream Theater sa chanson la plus émouvante, la plus triste, tous albums confondus : Space-Dye Vest. Ce morceau lent, lancinant, presque schizophrénique dans ses paroles qui voient s’entremêler les pensées du narrateur relatives à ses déboires sentimentaux et son coup de foudre pour une fille posant dans un catalogue de vêtements, met un point final atypique à un album très sombre et heavy (et bien meilleur que le Train of thought de sinistre mémoire qui tenta de renouer avec cette optique musicale) dans lequel la participation de Moore est noyée sous le déluge de guitares et le martèlement continu de la batterie. Ce morceau donne également un premier aperçu de ce vers quoi le claviériste veut orienter sa carrière. Il faudra attendre quatre ans avant que le premier album de Chroma Key ne voit le jour, très confidentiellement, et la déception ne sera pas mince pour tous les fans de Dream Theater qui s’attendaient à de nouvelles prouesses musicales ou à une musique progressive répondant aux canons du genre. Dead air for radios est en effet un album électronique, minimaliste, lent et aérien. L’antithèse de Dream Theater ? C’est presque ça. Certaines chansons, à l’image de l’ouverture Colorblind, ont un format pop et seuls trois titres dépassent la barre des cinq minutes. L’album n’est pourtant pas spécialement facile à appréhender et risque bien de lasser bon nombre d’auditeurs par sa lenteur et par la voix désincarnée, atone, et passée au filtre, de Kevin Moore. On pourrait également reprocher à cette musique son caractère froid, distant, qui avait de quoi surprendre, en raison du fait que Moore se montrait plus expressif auparavant. Mais si l’émotion n’est plus jetée en pâture à l’auditeur, exposée crûment, elle n’est pour autant pas absente et la personnalité et les démons du claviériste se révéleront au fur et à mesure des écoutes de titres aussi hypnotiques que Mouse, intrigants que Camera 4, ou inquiétants que Hell Mary, titre ambiant post-apocalyptique. En fait, les reproches que l’on pourrait émettre à l’encontre de Chroma Key sont à peu près les mêmes que ceux dont à fait l’objet l’autre projet de Kevin Moore, OSI, auquel était également associé son ancien compère Mike Portnoy et un autre guitariste de metal progressif de renom, Jim Matheos (Fates Warning). Dans ce projet, qui a connu un plus grand rayonnement essentiellement en raison de son line-up, Kevin Moore s’était servi du matériau de base du guitariste et du batteur, à savoir un long morceau instrumental assez hard et technique, et l’avait scindé en divers morceaux plus courts, qu’il a retravaillés. Ajout de quelques samples, programmations et nappes de claviers, pose de son chant morne, et surtout, une déconstruction patiente du travail de ses collègues (passage de certaines pistes de batterie à l’envers, effets sur les guitares, etc.). Le résultat s’avéra déconcertant, et pourtant dans la droite lignée du travail de Kevin Moore. Chroma Key étant un groupe susceptible d’être découvert par le biais des autres collaborations du sieur Moore, il importe de savoir dans quelle cour on joue avant de se risquer dans son univers désenchanté, qui conviendra davantage à l’amateur de musique électronique atmosphérique qu’au hardi fan de metal progressif. Mais si vous êtes sensible à ce genre de sons et d’atmosphères, Chroma Key a un bon stock d’arguments pour vous convaincre. |
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Il y a 5 contribution(s) au forum. Chroma Key : "Dead air for radios"
(1/3) 31 janvier 2013, par kampol Chroma Key : "Dead air for radios"
(2/3) 23 février 2008 Chroma Key : "Dead air for radios"
(3/3) 3 octobre 2006, par Red Cloud |
Chroma Key : "Dead air for radios" 3 octobre 2006, par jp [retour au début des forums] Virtuosité et complexité, ok.
Chroma Key : "Dead air for radios" 10 février 2007 [retour au début des forums] Feeling, zéro pointé ; c’est un peu sévère... Je dirais que c’est un feeling plutôt agressif, et je dirais qu’il y a de jolis plans composés comme le début de endless sacrifice, vacant, le riff de stream of consciouness, et le dernier morceaux. Après reste à savoir ce que l’on appréhendait au début. C’est un album cash où le feeling de Kevin Moore n’aurait pas eu sa place... Mais TOT reste un très bon album, un des meilleurs pour ma part.
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