Pop-Rock.com



Camouflage : "Meanwhile"
Pendant ce temps, à Vera Cruz...

jeudi 21 février 2008, par Clarisse de Saint-Ange

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Counting Crows : "August and everything after"
Lenny Kravitz : "Are you gonna go my way ?"
Frank Black : "Teenager of the year"
Puressence : "Only forever"
PJ Harvey : "To bring you my love"
The Rolling Stones : "Bridges to Babylon"
Anathema : "Alternative 4"
Meat Loaf : "Bat out of Hell 2 (Back into Hell)"
Bryan Ferry : "Mamouna"
Francis Dunnery : "Fearless"


Projetons-nous quelques mois en avant. L’été arrive et, avec lui, les voyages, les apéros qui n’en finissent plus, les promenades entre amis là où le soleil se met à taper fort, les soirées qui s’étalent doucement dans une brise rafraîchissante, et une nonchalance qui vous berce tout le long de la journée. Y’a pas de mal à se faire du bien, non ? Alors quand on est nonchalant et qu’on habituait ses fans à faire de l’electro-pop, pourquoi pas changer un peu ? Après tout, on est entre nous, alors c’est leur tournée !

On ne peut pas dire que Camouflage soit réputé pour composer des hymnes de pop estivale susceptibles de plaire au plus grand nombre. Et si certains d’entre vous se souviennent de ce groupe allemand, c’est plus pour leurs tubes des années 80, comme le hit synthétique The great commandment ou la douce et mélancolique ballade Love is a shield. Ben oui, peut-être, mais ce qui est intéressant chez les musiciens, c’est aussi leurs évolutions et les virages qu’ils amorcent sans crier gare. C’est d’ailleurs probablement pour ça que ce Meanwhile, troisième album du groupe et premier après le départ d’Oliver Kreyssig, n’a pas eu, en 1991, les faveurs de la maison de disques qui en a littéralement torpillé la phase de promotion.

Forcément, quand on s’attend à une bombe pour dancefloors, c’est plutôt mal parti. Si Meanwhile est un album détendu et sans complexes, décontracté du gland, sa pop reste douce et sans prétention aucune. A la limite, Mellotron ou Handsome pourraient doucement vous pousser dans le club le plus proche, mais ça en reste là. Toutefois, cette particularité n’empêche pas le fait que cet album soit un des meilleurs du groupe, et probablement un des meilleurs du début des années 90. Les sonorités sont méditerranéennes et les inspirations rappellent la pop britannique, et pour cause, puisque c’est Colin Thurston (Iggy Pop, David Bowie, Talk Talk ou Human League, en vrac) lui-même qui a mis la main à la pâte. Pour changer d’ambiance, après l’Allemagne et Bruxelles, Heiko Maile et Marcus Meyn ont même décidé d’enregistrer leur galette en Angleterre.

Alors oui, ce disque est détendu, et on y trouve de tout, des guitares hispanisantes sur What for, des rythmiques presque funk sur Bitter sweet, de douces mélopées planantes sur Heaven (I want you) et un piano typiquement britannique sur This day et ses ambiances estivales sans ambiguïté. Pratiquement toutes les étapes d’une journée de juillet sont représentées : Waiting annonce le début de la nuit dans une alcôve sonore presque stellaire, Accordion et ses notes efficaces seraient plutôt du matin, un morceau tout en évolution, qui passe d’un début plutôt calme à un réveil chaud et cotonneux. Mais la grande nouveauté (amateurs de rock, ne riez pas) est surtout l’utilisation d’une vraie batterie sur la majorité des morceaux. Et oui, finie la boîte à rythmes et ses loops ténébreux, on a remplacé les machines par de vrais fûts.

Mais les frasques électroniques du duo teuton sont reconnaissables entre mille lorsqu’il s’agit de plancher sur Who the hell is David Butler ?, sorte d’hommage interrogateur en forme de compromis entre Brian Eno et Harold Budd. Et puis il y a cet espèce de duo bien placé, le planant Mother (on ne peut s’empêcher de penser alors au Atom heart mother de Pink Floyd) et un Dad bien plus nerveux et tapissé de cuivres léchés. En bref : c’est un album fait pour les vacances, pour l’Espagne ou la Grèce ou chez vous, enfin où vous voulez, tant qu’il y a du soleil. Un album de pop lumineuse et bienfaisante qui s’écoute avec la culpabilité de l’amateur involontaire. Un disque avec énormément de charme, taillé pour le plaisir pur.



Répondre à cet article

Clarisse de Saint-Ange





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Camouflage : "Meanwhile"
(1/5) 27 janvier 2014, par Chris
Camouflage : "Meanwhile"
(2/5) 22 janvier 2014, par Chris
Camouflage : "Meanwhile"
(3/5) 2 septembre 2013, par SamaliJack
Camouflage : "Meanwhile"
(4/5) 25 février 2008
Camouflage : "Meanwhile"
(5/5) 21 février 2008, par Chris C.




Camouflage : "Meanwhile"

27 janvier 2014, par Chris [retour au début des forums]

the best souns ever !! traghetti Italia Patras

[Répondre à ce message]

Camouflage : "Meanwhile"

22 janvier 2014, par Chris [retour au début des forums]

They for sure have a unique rock sound. tours Santorini

[Répondre à ce message]

Camouflage : "Meanwhile"

2 septembre 2013, par SamaliJack [retour au début des forums]

Merci de partager cette bonne mighty students essais, il est effectivement une bonne ligne d’essais, j’espère qu’il ya beaucoup d’informations dont j’ai besoin.

[Répondre à ce message]

Camouflage : "Meanwhile"

25 février 2008 [retour au début des forums]

Fantastique comme critique !
On crache sur DM en les présentant comme le malentedu des années 80 mais alors on ensence un album d’un de leurs clones. Totalement incompréhensible ou motivé une fois de plus par la seule volonté de se démarquer avec la stupide idée qu’une musique est meilleure quand elle est non connue du grand public. C’est aussi bête que d’aimer un album parce qu’il cartonne.
Meanwhile est effectivement un ramassis de plein de choses mais sonne à mort amateur et non abouti. Il n’y a rien de pire qu’un groupe électro qui aborde des genres dont ils n’ont pas le niveau car il nécessite de vrais instruments. Où est l’intérêt de prendre une vraie batterie pour copier une boîte à rythme. Au moins dans Songs of Faith and Devotion, la batterie a un sens et donnait enfin un côté plus rock à DM (surtout sur I Fell You) et leur a donnée d’autres couleurs. Le premier album et l’avant-dernier album de Camouflage sont 10 fois plus réussis que Meanwhile. Ce n’est que mon avis mais par contre il n’y a aucun sens à dire du bien d’un groupe si on estime que le groupe qu’il copie ne vaut rien. DM n’est pas qu’une influence pour Camouflage, Mesh et De/Vision, c’est LA SOURCE. Ils le disent eux-mêmes. Enfin tu comprends peut-être enfin que les comptines d’ado de Martin Gore sont peut-être plus que cela.
Prend au moins The world that falls apart de Mesh comme exemple de l’élève qui pourrait dépasser le maître.

[Répondre à ce message]

Camouflage : "Meanwhile"

21 février 2008, par Chris C. [retour au début des forums]

Boudiou ce que vous pouvez m’agacer vous ! mais alors c’est systématique hein... Comme le vide, vous allez finir par m’attirer, provoquer chez moi quelque empathie, forcer ma nature profonde (qui vous est pourtant hostile et le demeurera tant que vous serez capable d’associer plaisir musical et culpabilité) ! J’ai d’ailleurs failli demander à la Rédaction des preuves de vie vous concernant, chiffonné par votre discrétion depuis votre prestation remarquée lors d’un récent symposium consacré à Depeche Mode.
Heureux, voyez-vous, de vous revoir en plein forme, munie de tous vos attributs (décontractée de la vulve ai-je visualisé), avec tous vos poncifs, intacts, et vos références, si pertinemment agencées, c’est-à-dire en vrac (sic).
Juste une toute toute petite critique ; "Un Cerveau" n’a rien demandé sur ce coup-là. Aucun rapport avec la choucroute stuttgartoise. Alors, please, leave he alonnnnnne !

[Répondre à ce message]