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Camouflage : "Meanwhile" Pendant ce temps, à Vera Cruz... jeudi 21 février 2008, par |
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Projetons-nous quelques mois en avant. L’été arrive et, avec lui, les voyages, les apéros qui n’en finissent plus, les promenades entre amis là où le soleil se met à taper fort, les soirées qui s’étalent doucement dans une brise rafraîchissante, et une nonchalance qui vous berce tout le long de la journée. Y’a pas de mal à se faire du bien, non ? Alors quand on est nonchalant et qu’on habituait ses fans à faire de l’electro-pop, pourquoi pas changer un peu ? Après tout, on est entre nous, alors c’est leur tournée !
On ne peut pas dire que Camouflage soit réputé pour composer des hymnes de pop estivale susceptibles de plaire au plus grand nombre. Et si certains d’entre vous se souviennent de ce groupe allemand, c’est plus pour leurs tubes des années 80, comme le hit synthétique The great commandment ou la douce et mélancolique ballade Love is a shield. Ben oui, peut-être, mais ce qui est intéressant chez les musiciens, c’est aussi leurs évolutions et les virages qu’ils amorcent sans crier gare. C’est d’ailleurs probablement pour ça que ce Meanwhile, troisième album du groupe et premier après le départ d’Oliver Kreyssig, n’a pas eu, en 1991, les faveurs de la maison de disques qui en a littéralement torpillé la phase de promotion. Forcément, quand on s’attend à une bombe pour dancefloors, c’est plutôt mal parti. Si Meanwhile est un album détendu et sans complexes, décontracté du gland, sa pop reste douce et sans prétention aucune. A la limite, Mellotron ou Handsome pourraient doucement vous pousser dans le club le plus proche, mais ça en reste là. Toutefois, cette particularité n’empêche pas le fait que cet album soit un des meilleurs du groupe, et probablement un des meilleurs du début des années 90. Les sonorités sont méditerranéennes et les inspirations rappellent la pop britannique, et pour cause, puisque c’est Colin Thurston (Iggy Pop, David Bowie, Talk Talk ou Human League, en vrac) lui-même qui a mis la main à la pâte. Pour changer d’ambiance, après l’Allemagne et Bruxelles, Heiko Maile et Marcus Meyn ont même décidé d’enregistrer leur galette en Angleterre. Alors oui, ce disque est détendu, et on y trouve de tout, des guitares hispanisantes sur What for, des rythmiques presque funk sur Bitter sweet, de douces mélopées planantes sur Heaven (I want you) et un piano typiquement britannique sur This day et ses ambiances estivales sans ambiguïté. Pratiquement toutes les étapes d’une journée de juillet sont représentées : Waiting annonce le début de la nuit dans une alcôve sonore presque stellaire, Accordion et ses notes efficaces seraient plutôt du matin, un morceau tout en évolution, qui passe d’un début plutôt calme à un réveil chaud et cotonneux. Mais la grande nouveauté (amateurs de rock, ne riez pas) est surtout l’utilisation d’une vraie batterie sur la majorité des morceaux. Et oui, finie la boîte à rythmes et ses loops ténébreux, on a remplacé les machines par de vrais fûts. Mais les frasques électroniques du duo teuton sont reconnaissables entre mille lorsqu’il s’agit de plancher sur Who the hell is David Butler ?, sorte d’hommage interrogateur en forme de compromis entre Brian Eno et Harold Budd. Et puis il y a cet espèce de duo bien placé, le planant Mother (on ne peut s’empêcher de penser alors au Atom heart mother de Pink Floyd) et un Dad bien plus nerveux et tapissé de cuivres léchés. En bref : c’est un album fait pour les vacances, pour l’Espagne ou la Grèce ou chez vous, enfin où vous voulez, tant qu’il y a du soleil. Un album de pop lumineuse et bienfaisante qui s’écoute avec la culpabilité de l’amateur involontaire. Un disque avec énormément de charme, taillé pour le plaisir pur. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Camouflage : "Meanwhile"
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