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Beastie Boys : "Ill Communication" Rap’n’Roll mercredi 3 décembre 2003, par |
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Les Boys Entering Anarchic States Towards Internal Excellence Boys, Beastie Boys pour abréger, livrent avec Ill Communication un méli-mélo qui n’est rien d’autre qu’un chef-d’œuvre !
Il est plus qu’ardu d’écrire une critique d’un disque des Beastie Boys, tellement les styles se croisent et ne se ressemblent guère, tout en donnant à l’ensemble une cohérence totale. Oui, le moins que l’on puisse dire c’est que nos trois blanc-becs donnent dans la facilité… Ill Communication, sorti en 1994, ramène à la gloire internationale le groupe, en perte de vitesse (commerciale s’entend) depuis Licence to Ill (1986), soutenu par les rappeurs de Run DMC. Quand les deux Ill se rejoignent… En effet, Paul’s Boutique (1989) et Check your head (1992), réputés pourtant excellents et souvent cités par certains, pour des raisons différentes, comme étant leur(s) album(s) préféré(s) du groupe, n’auront qu’un impact limité. Paul’s Boutique probablement parce qu’il s’adresse à un public plutôt hip-hop. Check your head, qui ressemble à s’y méprendre à Ill communication, est quand à lui peut-être trop avant-gardiste et alternatif en 1992. Ill Communication. Vingt titres. Tous excellents pour quiconque n’attend pas d’un disque qu’il soit exclusivement rap, ou punk, ou que sais-je encore. Faisons les comptes, si vous le voulez bien : les titres rap n’ont rien à voir avec le rap "conventionnel" ou considéré comme tel. Ils sont très rythmés, truffés à donf de samples excellents dans leur choix : que ce soit des riffs de guitare, des voix, des ambiances urbaines, le bruit de l’aiguille de tourne-disques qui saute sur les griffes et glisse sur les poussières (tous ceux qui ont encore un tourne-disque verront ce que je veux dire...), des flûtes (Sure shot), des musiques de séries policières (très bien caricaturées dans le clip de Sabotage), des chants bouddhistes (Shambala et Bodhisattva vow ), de la contrebasse (Root down ou The scoop) etc. Le hip-hop est dérivé aux sauces du jazz, du funk, de trucs hybrides à la Beastie Boys, de mélanges « contre-nature », de trouvailles sonores piquées sur des disques perdus dans des brocantes ou jetées à la poubelle. D’un son propre à eux, en fin de compte. C’est simple, tous ceux qui ont écouté cet album ont reconnu se trouver à l’écoute d’un véritable chef d’œuvre. Qui plus est, ce disque n’a pas pris une ride, tout simplement parce qu’il se propose de recycler des sons et des choses étranges dont le résultat, au pire, sera de vous faire taper du pied.... Car une basse énOrme (le O majuscule n’est pas une faute de frappe) enveloppe le tout… Et c’est peu dire. Le débit de rap est lui aussi innovant. Mike Diamond (Mike D), Adam Yauch (MCA) et Adam Horovitz (King Ad-Rock) savent jongler avec les mots de façon intelligente (Get a feeling in your heart of the right from wrong / Because the mother Earth needs to be respected / Been far from too long that she’s been neglected / Race against race, such a foolish waste) et ont un humour plus que décapant. Les voix sont souvent bricolées, tantôt avec des porte-voix, tantôt le contraire, presque toujours mixées. Leurs opinions politiques ne sont pas non plus pour déplaire. Ils sont également très actifs dans la cause pro-tibétaine. Les Beastie Boys sont engagés. Et puis, il y a aussi ces intrumentaux, sortes de jam sessions, comme Ricky’s theme, Bobo on the corner, Sabrosa ou Transitions, qui semblent pris en flagrant délit de détente dans le studio, avec un son de percussions/batterie/basse/guitare/orgue à faire pâlir votre chaîne stéréo. Le son est très… cool ! On se croirait dans un magasin d’instruments où les vendeurs vous jouent un petit air de funk-jazz pour montrer les maintes possibilités sonores… Une compilation, The in sound from way out !, reprend d’ailleurs ces titres ainsi que les similaires de Check your head. Heart attack man ou Tough guy montrent que les Beastie Boys savent aussi - encore - faire du punk, voire du hardcore. Il faut savoir que les Beastie Boys étaient à l’origine un groupe punk new-yorkais. L’album Some old bullshit en témoigne. Sabotage montre qu’ils savent aussi faire du rock grunge et criard, et The update tout simplement du rock. La production est colossale. Grand Royal, leur propre maison de disques, créée en 1992, semble avoir donné des ailes au groupe. Les invités sont de marque : Q-Tip (A Tribe Called Quest), Biz Markie, et Money Mark aux claviers. Un chef-d’œuvre. Le disque dont on ne se lasse jamais. J’ai dû l’écouter une bonne cinquantaine de fois, ce qui, dans un discothèque qui en compte près de deux milliers, constitue un signe qui ne trompe pas. Surtout dans le pop-rock, considéré, a contrario du classique, comme l’apanage de l’éphémère… |
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Il y a 4 contribution(s) au forum. Beastie Boys : "Ill Communication"
(1/4) 27 mai 2013, par William > Beastie Boys : "Ill Communication"
(2/4) 17 avril 2005 > Beastie Boys : "Ill Communication"
(3/4) 1er mars 2005, par Flo > Ill Communication
(4/4) 3 décembre 2003, par Sim |
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