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Alan Stivell : "Again"
De la harpe et du Celte

vendredi 4 décembre 2009, par Vincent Ouslati

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Je ne sais si il faut en être vraiment fier, mais mon premier souvenir de concert fut l’Olympia avec Tri Yann. je devais avoir 12 ans, et j’accompagnais mes oncles et tantes, de plus en plus attirés par la Bretagne après l’acquisition d’une bicoque à Loctudy. Sur le coup, voir ces pantins bizarrement froqués chanter "Les prisons de Nantes" et autres "Jument de Michao" me fit un drôle d’effet, nous étions en 1995, et la fièvre de la musique celte avait pris à la gorge nettement plus que quelques Bretons nostalgiques. L’on devra cette renaissance à un seul homme ou presque, Alan Stivell.

Un parcours de cinquante ans, respectable non ? Alan Stivell publia son premier 45 tours (Musique gaélique) en 1959. Amusant que le retour de la geste celte doive tout à un type pourtant né en Auvergne, fruit de l’immigration bretonne importante dans cette région aux vieux volcans. Stivell n’a pas seulement fait revivre cette musique, il a remis sur pied à lui seul un intérêt pour cette culture, redéfini le rôle de l’État dans l’apprentissage des dialectes régionaux, surmonté un relatif mépris pour ces "bagad’ de ploucs" et transformé les thèmes folkloriques en manifestes pluralistes, mondialistes, voire en prémices de la World music et du New age.

Stivell n’a jamais défendu son œuvre comme étant le fruit du génie d’une "race" celte, qui aurait engendré plein de beaux n’enfants parfaits injustement floués par la France et cette pouffe de République. Au contraire, les influences viennent d’ici mais surtout d’ailleurs, au-delà des frontières modernes, suivant les pas des ancêtres celtiques, des îles britanniques aux côtes du Portugal, de l’Allemagne à la Turquie.

Certains disques, (Renaissance de la harpe celtique de 1971, chopez-le celui-là) provoquent un engouement extraordinaire pour le jeune homme, portant une image plus moderne sur ces sonorités perdues. Il devra d’ailleurs à son père d’avoir relancé la harpe celtique, instrument tombé aux oubliettes. A compter de ce succès inespéré, Alan Stivell n’en finira pas de faire naitre dans ses alentours de nouveaux héraults de la mélodie bretonnante, ou en motiver d’autres. Les années 80 seront plus discrètes, la Celtic touch s’est perdue de nouveau, mais Stivell n’en a cure et tourne à travers le monde. Ce n’est qu’en 1993 qu’il publie un petit CD, où il invite divers artistes à reprendre avec lui quelques titres parmi ses plus fameux. Cet album, pourtant baptisé d’un nom un peu simplet (Again, bof) fait un carton monumental, sa maison de disques Keltia III balance la purée pour vendre l’objet mais ce n’est presque pas utile.

Non content de le remettre lui sur le devant de la scène, c’est tout le monde celtique qui se réveille de sa torpeur, la bretonnante galopante est alimentée par les expatriés et autres proprios de bars et tavernes (classiquement tenus par des Bretons comme chacun sait, ou des Corses...) qui mettent à fond les enceintes 50watts, on se serre de nouveau les petits doigts dans des rondes puériles au beau milieu des mariages, Stivell n’a fait que rallumer la flamme, mais l’incendie qu’il engendre est dévastateur. Dans son sillage, les Dan Ar Braz, Tri Yann, et autres Gilles Servat se joignent au festin tandis que de jeunes loups rentrent dans la danse.

Comment Again a-t’il provoqué un tel phénomène ? Totalement dépourvu de nouvelles compositions, ce n’est en fin de compte qu’un "meilleur de" arrangé, dont la seule surprise est la participation d’artistes aussi divers que Kate Bush, Laurent Voulzy, Shane McGowan, suivis d’une tripotée de fiers Bretons. Forcément, quelques revisites n’atteignent pas la beauté des versions originales, les contributions étant trop présentes alors que la force du Stivell des 70’s était une grande simplicité dans ses compositions et arrangements. Pop-Plinn, cet espèce de métal celtique fabuleux est ici assez désagréablement maltraité, même punition pour Ian Morrisson reel. On ira se jeter sur les originaux sans regrets aucuns. Par contre, écoutez encore et toujours Son ar chistr qui demeure invariablement sublime. C’est définitivement le classique du barde qui me tire des larmes de bonheur.

Again est un appât à nostalgie, pas désagréable mais moins indispensable que ce à quoi il renvoie. Allez, peu importe la nouvelle couche de Ripolin car avec cinquante années au service de la musique celtique sans faillir, Alan Stivell aurait facilement de quoi réclamer des hommages dont il se fout éperdument. Peine perdue, je me permets de lui en rendre un vibrant (d’hommage) ici même, avec condescendance et remerciements appuyés.



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Vincent Ouslati





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Alan Stivell : "Again"
(1/2) 18 mai 2014, par Steve
Alan Stivell : "Again"
(2/2) 12 décembre 2012, par AmberGoss




Alan Stivell : "Again"

18 mai 2014, par Steve [retour au début des forums]

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Alan Stivell : "Again"

12 décembre 2012, par AmberGoss [retour au début des forums]

ès inespéré, Alan Stivell n’en finira pas de faire naitre dans ses alentours de nouveaux héraults de la mélodie bretonnante, ou en motiver d’autres. Les années 80 seront plus discrètes, la Celtic touch s’est perdue de nouveau, mais Stivell n’en a cure et tourne à travers le monde. Ce n’est qu’en 1993 qu’il publie un petit CD, où il invite divers artistes à reprendre avec lui quelques titres par mightystudents

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