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Alain Bashung : "Climax"
Rentabilité maximum

dimanche 20 décembre 2009, par Tokyo Montana

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Quand la compilation devient un instrument d’appel à l’exploration et non pas une arme commerciale. Une rétrospective de la carrière d’un artiste qui ne se contente pas d’aligner le fruit de ses élucubrations qui firent grimper les ventes, mais tente de faire (re)découvrir les différentes facettes de l’énergumène. Bonus supplémentaire, ses titres revus et corrigés en compagnie de musiciens influents ou anecdotiques, mais jamais sans saveur.

On pourrait s’interroger quant au bien fondé de chroniquer une compilation retraçant les grandes lignes d’une carrière d’un esthète comme Bashung. Il est en effet facile d’énumérer une collection de singles et de s’émerveiller devant tant de succès. Ils sont déjà connus du grand public, et de ce fait ont déjà obtenu son assentiment, soit qualitatif, soit commercial, et parfois les deux simultanément. L’exercice est bien plus périlleux lorsqu’il faut plonger aux tréfonds de chaque plage d’un album pour en tirer la quintessence et convaincre l’éventuel lecteur de s’y intéresser. A cet argument, je rétorquerai que Climax ne fait pas partie de ces best of, où les pièces maîtresses sont alignées les unes derrières les autres, dans le but unique d’exploser la courbe de vente.

On y retrouve tout ce qui le fit connaître du grand public jusqu’à Fantaisie militaire, mais nombre d’autres découvertes attendent l’auditeur. Y figurent également des titres interprétés avec quelques compagnons de route sans oublier quelques reprises, dont certaines sont réellement plus qu’intéressantes.

Les plus attentifs remarqueront également que les collaborations dans l’écriture furent variées, Bergman pour commencer, Fauque ensuite, sans oublier Gainsbourg sur Play blessures. A noter aussi certaines apparitions de musiciens comme Bargeld, Burger et Les Valentins (qui interviennent en outre dans la composition d’un titre majeur comme La nuit je mens).

Climax permet de confronter les différentes périodes. On s’y rend compte que les titres du début de carrière n’ont pas à rougir de la comparaison avec ce qu’il a écrit à la fin des années 90, période de référence pour les critiques aigris. A ses débuts, les textes, sans doute un peu trop, emplis de jeux de mots foireux ou de détournement de langue française alliés à une musique tendance rock de base inculquent chez moi un plaisir primaire à l’écoute. Avec le recul, je me dis que c’est pas vraiment ce qui a été produit de pire à l’époque, que ce soit sur la scène française ou internationale. Des morceaux comme Rebel, Imbécile, Volontaire (incroyable d’intensité sur cet album avec Noir Désir) restent quand même très actuels, n’ont pas trop mal vieillis, à se demander si le temps les dénature.

Quant aux tubes Gaby oh Gaby, Vertiges de l’amour, ils gardent les qualités des précédents tout en ayant une dimension plus accessible, grand public. SOS amor et What’s in the bird, malgré leur succès, sont moins consensuels, la composition musicale un rien moins facile d’approche. Ces différences dans l’écrit au sein de mêmes périodes, albums, annoncent ce que sera le futur de Bashung. Une espèce d’E.T. sans concession, qui peut vous sortir un album comme Fantaisie militaire où se côtoient le grand public de La nuit je mens, l’alternatif de Malaxe et l’expérimental de Samuel Hall. Même combat pour Chatterton, son prédécesseur. Peu d’interprètes auraient eu l’audace de placer Ma petit entreprise ou J’passe pour une caravane aux côtés d’A perte de vue, A Ostende, L’apiculteur, ou encore Un âne plane. Était-ce pour attirer le chaland avec, à l’étalage, un produit de grande consommation afin de mieux l’emmener à l’intérieur ? Et ainsi le plonger dans un monde plus intimiste, le pousser à découvrir ce à côté de quoi il serait passé des centaines de fois sans jeter un coup d’œil si cela avait été exposé en devanture.

Rayon reprise, trois sortent du lot. Les mots bleus est à se damner, j’abhorrais celle de Christophe, la version de Bashung m’a littéralement transportée. Cela m’a permis de reconsidérer le statut de l’auteur, une vision autre que chanteur pour midinettes. Hey Joe sauce française est sans doute une des réussites d’adaptation dans la langue de Voltaire d’un classique américain. L’originale non dénaturée, adaptée à la perception de l’interprète. On ne peut passer sous silence Le tango funèbre, plus aérien, plus glacial que la version de Brel, plutôt tragi-comédie cynique.

Pour ceux qui veulent un aperçu complet de ce qu’était la carrière de Bashung avant les années 2000, il y a l’intégrale, ce qui ne serait pas des fonds perdus, mais qui demandera du temps et si à la fin sa production vous laisse froid, vous aurez l’impression d’avoir été floué. Sinon Climax est l’approche idéale, savant mélange de pièces d’auteur, de compositions plus facilement appréhendées, reprises retravaillées et pour finir morceaux partagés avec des artistes loin d’être négligeables. Que demander de plus !



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Tokyo Montana





Il y a 77 contribution(s) au forum.

Alain Bashung : "Climax"
(1/4) 21 octobre 2014, par hahagy
Alain Bashung : "Climax"
(2/4) 13 octobre 2012, par selde
Alain Bashung : "Climax"
(3/4) 7 janvier 2010, par Walter
Alain Bashung : "Climax"
(4/4) 21 décembre 2009, par Djéb




Alain Bashung : "Climax"

21 octobre 2014, par hahagy [retour au début des forums]

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Alain Bashung : "Climax"

13 octobre 2012, par selde [retour au début des forums]

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Alain Bashung : "Climax"

7 janvier 2010, par Walter [retour au début des forums]

Je trouve que "les Mots Bleus" de Christophe est parfait, et la reprise de Bashung à chier, tout comme celle de "Nights in White Satin". Ceci dit, j’adore tout à la fois Bashung, Christophe... et Tokyo Montana, un garçon adorable et hautement recommandable.

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Alain Bashung : "Climax"

21 décembre 2009, par Djéb [retour au début des forums]

Belle compilation en effet qui permet aux novices de retrouver les standards archi-célèbres de Bashung (Vertige, Gaby, Ma petite entreprise etc...) et de découvrir d’autres titres moins connus du grand public mais qui méritent au moins autant d’attention. Les collaborations (M., Rachid Taha, Noir Désir et j’en passe. J’ai une affection particulière pour la version pleine de rage de "Volontaire"), réactualisent certains morceaux ou les colorent d’une nuance particulière par rapport aux originaux, et là réside l’intérêt du disque pour les fans du chanteur. En conclusion, une belle entrée en matière pour pénétrer ou se remémorer un peu la carrière du grand Alain mais comme le dit l’adage "l’écoute des albums est toujours plus significative que celui d’une compil’". Et c’est d’autant plus le cas concernant Bashung dont l’œuvre couvre tellement de styles.

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