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The The : "Mind Bomb" God is evil, God is love... mercredi 23 mars 2005, par |
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The The, voici un groupe qui ne se résume en fait qu’à seul et même homme : Matt Johnson (le type sur la pochette). Grand génie perfectionniste du rock très ambitieux (trop selon certains), il sortira sous ce nom plusieurs albums aux sonorités très hétéroclites, fouillées, recherchées, palettes d’autant de styles divers qui tels des tiroirs s’ouvrent les uns après les autres pour dévoiler les mille et une idées qui germent dans son cerveau.
A mettre, s’il fallait le classer, aux côtés de Talk Talk non pas pour la similarité dans l’utilisation du doublon pour le nom du groupe mais bien pour la quasi-impossibilité qu’il y a à le ranger dans une catégorie ou une autre, The The sait autant faire dans la pop synthétique que dans le rock bien enlevé, tout en passant par des titres formatés au son discothèque. Soutenu sur ce troisième album par Johnny Marr, guitariste de The Smiths, mais aussi par le bassiste James Eller et la batterie de Dave Palmer (ABC), Matt Johnson sort en 1989 avec Mind Bomb un disque qui fait suite à Infected, sorti trois ans plus tôt. Il va en désarçonner plus d’un, autant pour son côté rock de bonne facture, bien qu’hybride, car mélangeant plusieurs styles plutôt hermétiques à première vue, que pour son propos engagé, surtout axé contre les religions. Mais comme il a raison sur ce point... La religion, opium des peuples... "What is human and what is truth ? Ask yourself !", demande-t-il dans Good Morning Beautiful, tentant avec sa voix de prédicateur de stimuler un électrochoc chez l’auditeur. Il enfonce le clou avec Armageddon days are here, où il se permet un très juste "If the real Jesus Christ were to stand up today, he’d be gunned down cold by the CIA". A l’écouter, il se fait le prophète des lucides anti-religion "God doesn’t belong to the yankee dollar, God doesn’t plant bombs for Hezbollah, God doesn’t even go to church, and God won’t send us down to Allah to burn. No, God will remind us what we already know, that the human race is about to reap what it’s sown". The violence of Truth, toujours sur le même thème (ça en devient une obsession), part plutôt sur un ton ironique avec des "God is evil, God is love, God is the force that posesses us". En clair, le bonhomme en a gros sur la patate de voir la race humaine se pourfendre au nom du créateur... Comme on le comprend. Il semble d’ailleurs en vouloir aussi à ceux qui l’entourent, baptisés d’un The Beat(en) Generation, pour leur passivité résignée face aux bévues de la civilisation dite moderne (pollution, désinformation, religion, etc). La musique est bien au service de tout ce qui précède. La guitare y est bien "diabolique", la batterie lourde et précise, la voix de Matt Johnson aussi variée que les voix du Seigneur, et une multitude de sons viennent pimenter le propos, en une sorte d’avant-gardisme de la mondialisation. Sur The Beat(en) Generation, c’est plutôt la douceur mélodique qui contraste avec les paroles. Kingdom of Rain, comme d’autres ballades sous la forme de duo auparavant, montre le grand talent de Matt à aller dénicher des voix féminines qu’il met en valeur et qui servent également sa prose , puisque c’est Sinead O’Connor qui l’accompagne, succédant ainsi à Neneh Cherry, Ann Dudley (Art Of Noise) et Roli Mosimann (Swans) qui tenaient lieu de dindons de la farce sur l’album précédent... Gravitate to me est là pour témoigner que The The peut aussi faire danser, sur une basse bien enivrante et une batterie claire, le tout fouetté par la guitare de Marr et l’harmonica de Matt Johnson, qui ne se gêne pas non plus pour soupirer, souffler, gargouiller ou chanter à pleine voix (ou dans un porte-voix, il adore ça). Une grande richesse dans l’instrumentation (trombone, piano, accordéon, percussions, saxophone,...) vient souligner le grand perfectionnisme qui caractérise sa tête de proue. Beyond love clôt l’album sur le thème de l’amour. Malgré son constat d’échec de la civilisation sur presque toute la ligne, l’amour semble incarner tous ses espoirs...
A la fin du livret, Matt Johnson laisse un mot, écrit à la main : To obtain maximum pleasure & effect from this album, please play VERY LOUD ! VERY LATE ! VERY ALONE... and with the lights VERY LOW !!!. Suivons ce sage conseil. |
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